En Côte d'Ivoire, malgré plus de 200 milliards de francs CFA - 300 millions d'euros - engagés par l'État pour évacuer les stocks de fèves de cacao immobilisés dans les zones de production, des milliers de tonnes y seraient encore entreposées. C'est le constat dressé par des organisations professionnelles agricoles ivoiriennes. Réunies le 26 juillet dans un hôtel d'Abidjan, elles dénoncent un manque de transparence dans la gestion de cette opération et réclament un audit indépendant afin de faire toute la lumière.
Face aux journalistes, sept responsables de centrales syndicales du secteur cacao en Côte d'Ivoire dressent tous le même constat : des milliers de tonnes de fèves restent stockées dans les magasins des coopératives, à travers le pays.
Selon eux, ces stocks avaient pourtant été recensés par le régulateur de la filière, le Conseil café-cacao, dans le cadre de l'opération d'enlèvement lancée par les autorités.
Ces responsables s'interrogent donc sur les raisons pour lesquelles une partie de ce cacao n'a toujours pas été évacué.
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« La majorité des coopératives, dont l'inventaire a été fait, avec la quantité correspondant à leur production dans les magasins, ont encore aujourd'hui du stock inventorié non enlevé, assure Éhora Yao, président de la Coordination rurale de Côte d'Ivoire. Alors que les moyens qui avaient été mis à disposition étaient destinée à l'enlèvement de ce stock inventorié ».
« Nous ne sommes pas des spéculateurs ! »
Pour ces organisations, la question ne porte plus seulement sur les fèves restées dans les entrepôts. Elles veulent désormais savoir comment les fonds publics destinés à résorber cette crise ont été utilisés. Ces acteurs réclament un audit indépendant et rejettent toute accusation de spéculation.
Siby Guéhi, président du Syndicat national des producteurs de café-cacao, lance : « Nous ne sommes pas des spéculateurs. Dire qu'ils ont gardé leur produit en pensant que ça allait augmenter, et donc que c'est ce cacao-là qui est resté, ce n'est pas vrai ! Il y a un fond de soutien ! Trouvons le mécanisme permettant d'enlever le cacao resté dans les mains des producteurs, pour qu'on puisse passer à la nouvelle campagne. »
Sollicité par RFI, le Conseil café-cacao n'a pas donné suite à nos demandes de réaction.
Après un prix record de 2 800 francs CFA le kilo lors de la campagne principale 2025-2026, le gouvernement avait fixé en mars dernier le prix bord champ de la campagne intermédiaire à 1 200 francs CFA. Une chute de près de 60 %, liée au recul des cours mondiaux.
