L'ancienne vice-présidente du Costa Rica, Rebeca Grynspan, est arrivée en tête du premier sondage informel organisé au Conseil de sécurité des Nations unies pour désigner le prochain secrétaire général de l'ONU. Selon des informations rapportées par Reuters, cette première consultation place également l'ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, Carolyn Rodrigues-Birkett, parmi les principales prétendantes, tandis que les candidats africains restent pour l'instant en retrait.
Lors de ce « sondage de paille », organisé à bulletin secret auprès des 15 membres du Conseil de sécurité, Rebeca Grynspan a obtenu dix votes « d'encouragement », devant Carolyn Rodrigues-Birkett (neuf) et le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, crédité de sept soutiens.
Ce scrutin, non contraignant, constitue une première indication des rapports de force avant les différents tours de consultation qui devraient se poursuivre jusqu'à l'automne afin de trouver un candidat capable de recueillir un large consensus.
Les candidatures africaines toujours en lice
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Parmi les sept candidats officiellement déclarés figurent deux Africains : l'ancien président sénégalais Macky Sall et le diplomate ougandais Olara Otunnu.
Le candidat sénégalais, Macky Sall, a recueilli six voix lors de ce premier sondage informel, tandis que le diplomate ougandais Olara Otunnu en a obtenu deux. Si ces résultats les placent derrière les trois candidats les mieux positionnés, ils ne compromettent pas leurs chances. Le processus de désignation prévoit en effet plusieurs autres tours de consultation, susceptibles de faire évoluer les rapports de force.
Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, met en avant son expérience à la tête d'un État, son engagement en faveur de la paix, du développement durable et de la coopération internationale. Sa candidature s'inscrit également dans un contexte marqué par les appels récurrents en faveur d'une meilleure représentation de l'Afrique à la tête des Nations unies. Depuis la création de l'organisation, le continent n'a dirigé le Secrétariat général qu'à deux reprises : d'abord avec l'Égyptien Boutros Boutros-Ghali, premier Africain à occuper ce poste de 1992 à 1996, puis avec le Ghanéen Kofi Annan, qui a exercé cette fonction de 1997 à 2006.
De son côté, Olara Otunnu, ancien représentant spécial des Nations unies pour les enfants et diplomate chevronné, a officialisé sa candidature plus récemment. Il défend une réforme en profondeur du multilatéralisme et plaide pour une ONU plus efficace, plus indépendante et davantage tournée vers la prévention des conflits et la protection des populations civiles.
Un processus encore ouvert
Les autres candidats en lice sont l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, l'ancienne ministre équatorienne des Affaires étrangères María Fernanda Espinosa, ainsi que d'autres personnalités internationales. De nouvelles candidatures peuvent encore être déposées.
Les premiers sondages informels permettent uniquement de mesurer les niveaux de soutien sans révéler si les votes négatifs proviennent de l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie), dont le droit de veto demeure déterminant.
À un stade ultérieur, les bulletins des membres permanents seront distingués de ceux des membres élus, ce qui permettra d'identifier si un candidat fait l'objet d'une opposition susceptible de bloquer sa nomination.
Le successeur d'Antonio Guterres, dont le second mandat s'achève à la fin de l'année, devra être recommandé par le Conseil de sécurité avec au moins neuf voix favorables et sans veto d'un membre permanent, avant une approbation finale par l'Assemblée générale des Nations unies.
Dans un contexte marqué par les appels à une réforme de l'organisation, le futur secrétaire général héritera d'une ONU confrontée à des défis majeurs en matière de gouvernance, de financement et de crédibilité du système multilatéral.
