C'est une véritable tragédie qui est survenue mardi dernier en République centrafricaine (RCA). L'effondrement d'une mine artisanale a englouti plus d'une centaine d'orpailleurs. Jeudi 20 août dans la matinée, 100 victimes sans vie ont été extraites des décombres. Une douzaine d'autres sont grièvement blessées tandis que les autorités et la Croix rouge locales déclaraient ignorer le nombre d'orpailleurs qui manquaient à l'appel. En effet, les rescapés et ceux restés en surface affirmaient qu'ils sont encore nombreux sous les décombres.
Drame effroyable s'il en est, cet énième effondrement d'une mine d'orpaillage est loin d'être une première en RCA et en Afrique. Il ne se passe pas une année sans que le système D ne brûle des holocaustes humains sur l'autel d'extraction du minerai jaune. Sans anticiper le bilan final de cette catastrophe, il ne fait aucun de doute que ce plus de 100 morts et de dizaines de blessés graves viennent plus qu'alourdir le lourd tribut que l'exploitation artisanale de l'or fait payer les jeunes africains en désespoir d'avoir un emploi décent, sécurisé et bien rémunéré.
Combien sont-ils à se débrouiller dans le secteur informel en Afrique, particulièrement dans l'orpaillage où il n'y a aucune garantie de sécurité physique, sanitaire et sociale? Combien y perdent la vie chaque jour, chaque année ? Que font les parents, les autorités locales et nationales, les syndicats ou ONG défenseurs des droits humains, notamment ceux du travail décent, de la protection sociale ? C'est connu, aux côtés des hommes aux bras valides, des femmes et des enfants se rencontrent en grand nombre sur les sites d'orpaillage où ils ne sont pas épargnés des travaux pénibles, de la sous rémunération, de la traite, de l'exploitation sexuelle et hélas des tragédies comme celle du mardi 18 courant à l'ouest de la Centrafrique.
En rappel,le bilan des cas d'accidents, d'éboulements ou d'effondrements de mines ces 5 dernières années fait froid dans le dos, choque les consciences à cause du nombre incalculable de morts. A
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défaut de statistiques nationales, ne parlons pas d'un chiffre global pour l'Afrique, donnons l'exemple le plus proche de nous, le Mali, ou rien qu'entre février 2022 et janvier 2025, ce sont 180 décès qui ont été occasionnés dans 2 effondrements et une explosion de dynamites. Nul besoin de détails sur l'âge ni sur le sexe des victimes pour soutenir que ce sont assurément des bras valides précocement arrachés à leurs familles, à leurs pays qui interrogent sur les responsabilités dans ces drames à répétition.
A ce sujet, en attendant les conclusions de l'enquête annoncée par Bangui sur le drame de Zamboye, disons que quand complaisance et impuissance des autorités étatiques se conjuguent à la permissivité parentale, au volontarisme téméraire des orpailleurs, sans oublier les conjonctures socio-économiques difficiles, on nage dans un cercle vicieux.
Un cercle vicieux qui n'est pas sans rappeler ces voyages sans retour dans les embarcations de fortune si souvent brisées par des vagues meurtrières au large de la Méditerranée ou de l'Atlantique. C'est dire que les pertes en vies humaines dans les mines artisanales et celles dans le naufrage des embarcations de fortune colmatées pour migrants clandestins procèdent du même désespoir, celui de l'afro pessimisme de jeunes qui ne croient plus en eux, en leurs familles ou en leurs gouvernants quant à leur capacité à créer les conditions à même de leur garantir le minimum de droits économiques et sociaux : éducation, formation professionnelle, emplois...
Bouter hors du continent le virus de l'afro pessimisme en prospectant des paradigmes nouveaux dans les politiques d'éducation, de valorisation du capital humain, de production de biens et services, particulièrement dans l'exploitation des ressources minières, c'est l'alternative pour contenir les dérives du système D contreproductif pour le progrès socio-économique en Afrique.
Dans cette dynamique, les conclusions de l'enquête ouverte pour déterminer les causes de la catastrophe sur le site d'orpaillage de Zamboye ne devraient pas moisir au fond d'un tiroir mais aider à situer les responsabilités civiles et pénales et plus important, induire de nouvelles politiques économiques, notamment minière, garrot espéré contre ces hécatombes à répétition.
En attendant, ce 18 août, la Centrafrique a payé un lourd tribut au système D dans l'exploitation minière. A qui le tour et dans combien de mois, d'années ? On croise les doigts avec l'espoir du plus jamais ça !
