Afrique Centrale: Éboulement de la mine d'or de Zamboï - Les Camerounais et Centrafricains s'entraident et déplorent les victimes

Les mines d'or produisent souvent des catastrophes. Ici, des mineurs d'or travaillent sur un site minier à Gaga, l’une des zones minières de la République centrafricaine située au nord-ouest du pays.

Au Cameroun, la localité de Zamboï dans la région de l'Est porte le deuil en solidarité du drame survenu dans le site minier du même nom, situé juste de l'autre côté de la frontière, en Centrafrique. Les deux localités ont tissé des liens en raison du même nom, les Camerounais et les Centrafricains faisaient des déplacements entre les deux frontières. L'émotion est vive dans les rangs des orpailleurs camerounais à Zamboï, après le décès de trois d'entre eux.

Le bruit des moteurs d'engins qui terrassent un flanc de colline sur le site minier de Zamboï depuis la République centrafricaine parvient aisément de l'autre côté de la frontière au Cameroun.

Des milliers de Camerounais, pour la plupart des orpailleurs, sont tenus à distance par des forces de défense et de sécurité camerounaises. Quelques jours après le drame, les mines sont serrées. Certains orpailleurs disent avoir perdu un ami ou un voisin.

« J'étais là, j'ai vraiment vu la tragédie », déplore Ibrahima Sadou, lui-même orpailleur. Travaillant sur le site de Zamboï, côté camerounais, il a traversé la frontière pour porter secours aux victimes. « Tous mes amis sont morts, j'ai fait deux jours sans dormir, sans me laver, raconte-t-il. J'ai déterré les corps comme je ne l'ai jamais fait dans ma vie, j'ai perdu mon voisin, un jeune gars de 25 ans, c'était mélancolique vraiment. »

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Aladji Mohamadou Bah, le propriétaire du site minier côté camerounais, se dit lui aussi affecté par ces évènements : « Cela me fait très mal, ce sont nos frères. Dès que ce drame est survenu, j'ai dit à mes employés qu'il faut qu'on se calme. On fait deux jours de deuil sans activités pour nos frères parce que ça fait très mal. »

« Il y a mes camarades de classe qui sont décédés de ce côté »

Parmi les victimes justement, Alidou, un orpailleur camerounais, compte pas moins de trois proches : « Il y a mes camarades de classe qui sont décédés de ce côté, on travaillait ici ensemble et parfois on allait aussi travailler là-bas du côté de la Centrafrique, ce qui est arrivé là-bas, ça nous fait mal aussi. »

Dans son téléphone, un jeune présente la photo d'une victime, un Camerounais d'une vingtaine d'années : aucun membre de sa famille n'a pu être joint jusqu'ici pour lui annoncer la triste nouvelle. Trois dépouilles de Camerounais et sept blessés légers ont été extraits de la terre, d'après le responsable de la sécurité militaire de Zamboï dans la partie camerounaise.

D'ordinaire, le chantier minier de Zamboï au Cameroun grouille de monde : 15 000 personnes par jour en moyenne. Mais depuis mardi, le site s'est vidé de plus de la moitié de sa population.

L'exploitant côté centrafricain pense déjà à lancer une nouvelle exploitation

Coté centrafricain, le responsable du site minier où le drame s'est produit est passé à autre chose. Malgré les morts, il entend viabiliser son site pour y lancer une exploitation aurifère semi-mécanisée, indique un expert Camerounais de la société nationale des mines. Les moteurs des engins s'éteignent. Pas un seul corps n'a été sortie de la masse de terre.

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