Le FFKM devrait donner le coup d'envoi de la concertation nationale, ce jour, avec un culte oecuménique au village Voara Andohatapenaka. Un rendez-vous attendu, qui devrait également préciser les étapes du processus.
Le top départ. D'aucuns s'attendent à ce que le culte oecuménique que le Conseil oecuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) organise ce jour, au village Voara Andohatapenaka, soit le coup d'envoi de la phase opérationnelle de la concertation nationale.
Le culte oecuménique de ce jour marque l'inauguration du siège de la coordination de la concertation nationale. Le FFKM, qui est chargé de la conduite des discussions, présentera également en cette occasion le coordonnateur national de la concertation et fera part des différentes étapes du processus. C'est ce qui est indiqué dans le programme publié par l'institution ecclésiale. Le rendez-vous de ce jour sonne comme un véritable top départ de la concertation nationale.
Ce démarrage, si c'est le cas, intervient toutefois avec près d'un mois de retard par rapport aux premières projections. Après plusieurs semaines d'attente et de silence autour du processus, les acteurs nationaux comme les partenaires internationaux attendent désormais des indications concrètes sur la démarche retenue et son calendrier. Contactées, les différentes sources au sein des Églises demandent de patienter et d'attendre les discours qui seront prononcés à l'issue du culte de ce jour pour être fixées sur ce qu'a concocté le FFKM.
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Au-delà de la cérémonie, l'enjeu est désormais de rendre lisible le cheminement de la concertation nationale et, plus largement, de la transition qui est sous le sceau de la Refondation. La présentation des étapes de la concertation devrait notamment permettre de mieux situer les différentes échéances du processus. Cette visibilité est particulièrement attendue par rapport aux échéances électorales, alors que la question du calendrier politique demeure au centre des interrogations.
La première échéance électorale, un référendum ou une élection constitutionnelle, devrait se tenir entre mai et juillet 2027, si l'on s'en tient au chronogramme inscrit dans le Programme de la Refondation de la République, remis à la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) le 28 février. Le processus conduit par le FFKM devra ainsi permettre de faire émerger une vision commune à partir des préoccupations exprimées à la base pour concrétiser la refondation des institutions.
Défis
De la concertation nationale devrait en effet découler un ou des projets de Constitution à soumettre à un référendum ou à une élection constitutionnelle. L'objectif affirmé par les Églises, jusqu'à présent, est de partir des fokontany, donc du niveau communautaire, afin de recueillir les aspirations des citoyens avant de les faire remonter vers les différents niveaux de décision. Cette ambition constitue déjà un premier défi. Sur le plan logistique et financier, l'institution ecclésiale devra disposer des moyens nécessaires pour mener des consultations d'une telle ampleur.
L'État a affirmé sa volonté de financer le processus, mais cet engagement doit encore se traduire concrètement par des ressources disponibles. La capacité à déployer les équipes, organiser les consultations et assurer leur coordination sur l'ensemble du territoire sera déterminante. L'autre défi est méthodologique. Il s'agira de transformer une multitude d'aspirations locales en une vision nationale cohérente.
Les attentes exprimées dans les fokontany pourront être diverses, voire contradictoires. Le FFKM devra donc parvenir à les synthétiser, tout en les confrontant aux grands enjeux nationaux, qu'ils soient politiques ou économiques, mais également aux réalités régionales et internationales. Cette recherche de consensus constitue l'une des principales difficultés de la démarche.
La concertation ne pourra être crédible que si elle permet de dépasser les intérêts particuliers pour faire émerger des orientations susceptibles d'être acceptées par une majorité de la population. Le FFKM devra, dans le même temps, parvenir à baliser et à dépassionner les débats. L'un des risques sera de voir les discussions parasitées par des visées ou des manipulations politiques et économiques.
La sensibilité des sujets qui seront abordés, tout comme les enjeux liés à l'avenir institutionnel, social et économique du pays, imposera aux organisateurs une vigilance particulière. La loi fondamentale qui en découlera est appelée à devenir le socle de la Refondation institutionnelle portée par le pouvoir. L'issue de la concertation sera en effet déterminante pour la suite du processus de la Refondation, ainsi que pour l'avenir de la nation.
La concertation nationale devra également répondre aux aspirations exprimées par les manifestants lors des mouvements de septembre et octobre 2025, qui réclamaient une transformation du système politique et de la gouvernance. Entre ces différentes attentes, le FFKM devra trouver le juste équilibre entre les aspirations des participants et l'intérêt supérieur de la nation. Après l'annonce des étapes et la présentation du dispositif, le véritable défi commencera donc : transformer la concertation en un processus crédible, inclusif et capable de déboucher sur des choix clairs pour l'avenir de la République.
