En Guinée-Bissau, les électeurs sont appelés dimanche 30 août 2026 à répondre par « oui » ou par « non » à une question unique : approuvent-ils l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution adoptée par le Conseil national de transition ? Le texte, présenté par les autorités de transition comme un remède à l'instabilité chronique, doit servir à passer d'un système semi-parlementaire à un régime présidentiel fort. Ses opposants, eux, dénoncent une tentative de légitimer, par les urnes, un régime hyperprésidentiel et un pouvoir né du coup d'État du 26 novembre 2025.
Moins de députés -- dans la nouvelle Constitution, ils doivent passer de 102 à 65 -- et une clarification des attributions du président et de son Premier ministre. Voilà les principaux avantages de cette réforme du texte fondamental, selon le juriste et professeur de science politique José Paulo Semedo, qui y voit une potentielle solution à l'instabilité politique chronique de la Guinée-Bissau.
« La plupart des conflits politiques que nous avons depuis 30 ans, depuis que nous avons cette Constitution, proviennent d'une lutte de pouvoir entre le Premier ministre et le président. Maintenant, c'est clair : le chef de l'État préside le Conseil des ministres, où la plupart des décisions sont prises. »
Le parti d'opposition appelle au boycott
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Mais une partie de la classe politique et de la société civile s'inquiète de cet hyperprésidentialisme, qui donnera entre autres au président le pouvoir de nommer un Premier ministre qui ne sera pas issu de la majorité au Parlement. Iancuba Privado, député du parti historique PAIGC, conteste aussi la réécriture de la Constitution par un pouvoir de transition non élu. Son parti appelle au boycott du référendum.
« La junte militaire, c'est un gouvernement putschiste. Ce sont des gens qui n'ont aucune légitimité. Et deuxièmement, il n'y a pas un climat serein à Bissau, tout le monde le sait. Il y a une répression sur les partis politiques, toutes les manifestations, l'ordre politique est impuissant. Personne ne peut donner de conférence de presse. »
Enfin, les partis d'opposition rappellent que le Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance de la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) interdit toute modification de la loi électorale à moins de six mois d'une élection. Ce scrutin référendaire précède, en effet, les élections générales prévues le 6 décembre pour un retour du pouvoir aux civils.
