COP17 - Les partenaires du bassin du Zambèze appellent à des investissements intégrés pour renforcer la résilience face au changement climatique

2 Septembre 2026
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African Development Bank (Abidjan)
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Les participants à la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) ont appelé à des investissements globaux dans le bassin du Zambèze afin de restaurer les paysages, renforcer les moyens de subsistance et développer la résilience climatique dans les huit pays qui composent le bassin du quatrième plus grand fleuve d'Afrique.

Environ 44 % des 51 millions de personnes vivant dans le bassin, qui couvre environ 1,37 million de kilomètres carrés, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les économies du bassin sont de plus en plus vulnérables aux inondations et à la sécheresse, aux lacunes en matière d'infrastructures et à la dégradation de l'environnement, 51 % des terres étant modérément dégradées.

Cet appel a été lancé lors de l'événement intitulé « Restaurer les paysages et les moyens de subsistance dans le bassin du Zambèze : renforcer les solutions intégrées en matière de terres et d'eau pour la résilience climatique », organisé en marge de la COP17 et qui a réuni des dirigeants gouvernementaux, des partenaires de développement, des institutions de financement climatique, la société civile et des organismes régionaux afin de discuter de la manière de déployer à grande échelle des solutions dans l'ensemble du bassin.

Représentant la Banque africaine de développement, Laouali Garba, directeur de la division Recherche, production et durabilité agricoles, a souligné que la mobilisation de financements nécessiterait des investissements répondant simultanément à de multiples priorités de développement.

« Les projets intégrés poursuivant des objectifs multiples -- restauration des terres, production agricole, résilience des communautés, écotourisme et création d'emplois -- sont plus attractifs pour les investissements des secteurs public et privé que les solutions fondées sur la nature prises isolément », a-t-il déclaré.

Les participants ont évoqué le PIDACC Zambèze, une initiative soutenue par la Banque africaine de développement qui associe également la Commission du cours d'eau du Zambèze (ZAMCOM) et d'autres partenaires afin de promouvoir la gestion intégrée des terres et de l'eau, la restauration des écosystèmes et des moyens de subsistance résilients face au changement climatique. M. Garba a mis en avant cette initiative comme un exemple d'approche réussie, combinant des ressources publiques avec des subventions, des financements concessionnels et le soutien de partenaires de développement et de fonds pour le climat afin d'attirer les investissements du secteur privé.

Ces efforts sont actuellement étendus grâce au Plan d'investissement « Nature, Population et Climat » (NPC) de la région du Zambèze, soutenu par les Fonds d'investissement pour le climat.

Laurent Frapaise, consultant en gestion des ressources naturelles à la Banque mondiale, a souligné que le bassin du Zambèze devait être considéré comme un défi de développement intégré impliquant les sociétés, les économies, et différents secteurs gouvernementaux. Il a insisté sur la nécessité d'investissements non seulement bancables, mais aussi durables, ainsi que d'une coordination renforcée entre les ministères.

L'événement a également mis en avant le projet « Renforcement de la gestion du bassin du Zambèze en vue de la résilience climatique et de la santé des écosystèmes », pour lequel la Banque africaine de développement a obtenu un financement du Fonds pour l'environnement mondial. Ce projet vise à renforcer la planification intégrée « eau-énergie-alimentation-environnement » (WEFE), la résilience des écosystèmes et la gestion transfrontalière du bassin. Ensemble, ces efforts contribuent à l'initiative de la Grande muraille verte d'Afrique australe, tout en soutenant des efforts plus larges visant à renforcer la sécurité de l'eau, la restauration des terres et la résilience face à la sécheresse dans toute la région.

Le panel a également examiné comment les ressources publiques peuvent réduire les risques et attirer des capitaux privés grâce à des partenariats public-privé, des garanties, des instruments de partage des risques et des crédits concessionnels destinés aux petites et moyennes entreprises investissant dans la restauration des terres, l'agroforesterie et les chaînes de valeur durables.

Les participants ont fait valoir que les communautés ont un rôle clé à jouer.

La professeure Hesphina Rukato, du Centre for African Development Solutions, a souligné que les investissements sensibles au genre nécessitent de reconnaître que les femmes ne constituent pas un groupe homogène.

« Le fait que les femmes bénéficient ou non des investissements dépend de l'accès et du contrôle qu'elles ont sur les ressources », a déclaré Mme Rukato.

Elle a également appelé à la mise en place d'approches ciblées pour garantir que les femmes puissent participer efficacement à la planification et à la mise en oeuvre de la restauration des écosystèmes et bénéficier équitablement des investissements dans ce domaine.

Les participants ont également exhorté les gouvernements, les institutions de financement du développement, les fonds pour le climat, le secteur privé, la société civile et les organismes de gestion des bassins hydrographiques à collaborer plus étroitement afin de favoriser une transition vers des investissements intégrés, bancables et durables à grande échelle.

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