Le projet "One Health" ou "Une seule santé" au Sénégal, une approche intégrée, qui met en évidence les liens entre la santé humaine, animale et environnementale dans l'anticipation, la prévention et la riposte face aux épidémies, a été officiellement lancé, mardi, à Dakar, a constaté l'APS.
"Dans un monde où les crises sanitaires sont de plus en plus fréquentes, cette initiative marque un tournant décisif", a notamment déclaré le ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, Ibrahima Sy.lors du lancement officiel du projet "One Health", une approche fondée sur la collaboration renforcée entre les services de la santé humaine, la santé animale et la environnementale.
Ce projet est soutenu par le Pandemic Found, un mécanisme multilatéral de financement dédié exclusivement au renforcement des capacités critiques en matière de prévention, de préparation et de réponse aux pandémies (PPR) aux niveaux local, régional et mondial, en mettant l'accent sur les pays à faibles et moyens revenus.
Il est doté d'un financement de 24,6 millions de dollars américains (un peu plus de 1, 387 milliards de francs CFA) sur trois ans, et vise à renforcer les capacités nationales de prévention, de préparation, de détection et de riposte aux épidémies.
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Le projet "One Health" bénéficie de l'appui du Pandemic Fund, de l'UNICEF et de la FAO et est hébergé par la Banque mondiale qui en assure la gestion financière, tandis que l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) en assure la direction technique.
Dans sa déclaration, le ministre a souligné la nécessité de bâtir "un système de santé plus résilient et mieux préparé face aux menaces sanitaires émergentes".
Selon lui, le Sénégal ne part pas de zéro, rappelant l'expérience acquise dans la gestion de la pandémie de Covid-19 et dans la réponse à différentes crises sanitaires.
Ces expériences ont permis de mettre en évidence des insuffisances en matière de coordination multisectorielle, de surveillance intégrée et de capacité de réaction rapide, a relevé Ibrahima Sy.
"La majorité des épidémies émergentes proviennent du monde animal. Ignorer les liens entre l'animal, l'homme et l'environnement serait une erreur", a-t-il mis en garde, insistant sur la nécessité d'inscrire la prévention des épidémies dans une approche "une seule santé impliquant l'ensemble des secteurs concernés".
Le ministre a ainsi appelé à renforcer la collaboration entre les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l'environnement, mais également entre les laboratoires, les universités, les structures de recherche et les différentes administrations.
Il a particulièrement insisté sur la nécessité de mieux exploiter les investissements dédiés aux laboratoires, afin de renforcer leurs capacités de caractérisation des agents pathogènes et les structures constamment opérationnelles face aux situations sanitaires d'urgence.
"Il faut que nos laboratoires puissent être opérationnels en permanence et que les investissements qui y sont consacrés soient pleinement valorisés", a-t-il exhorté, plaidant pour une meilleure articulation entre la recherche, la formation et l'innovation technologique.
Les résultats issus du projet, a fait savoir Ibrahima Sy, devront être capitalisés, partagés et réutilisés dans l'élaboration des politiques nationales de sécurité sanitaire.
Il a, par ailleurs, souligné l'importance de la coordination entre les différents acteurs afin de permettre au Sénégal de mieux anticiper les menaces sanitaires émergentes et de renforcer la résilience de son système de santé.
