La Banque africaine de développement a présenté cinq projets régionaux de mise en valeur des minéraux critiques du continent, ainsi que ses instruments de garantie et de cofinancement, à des dirigeants d'entreprises et d'institutions financières coréennes réunis mardi 8 septembre à Séoul. Conduite par le président du Groupe de la Banque, Dr Sidi Ould Tah, cette présentation a été faite dans le cadre du « Dialogue de haut niveau Corée-Afrique sur l'investissement, les minerais critiques et les chaînes de valeur durables », organisé à la veille de l'ouverture officielle de la 8e Conférence ministérielle de la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC).
Lancée en 2006, la Conférence ministérielle KOAFEC célèbre cette année vingt ans de coopération renforcée entre la Corée et l'Afrique à travers la Banque africaine de développement.
Organisé par la Fondation Corée-Afrique et la Chambre de commerce sud-africaine en Corée, en partenariat avec la Banque, le dialogue visait à renforcer les liens entre le secteur privé coréen et le continent africain et à examiner les possibilités d'investissement dans des secteurs stratégiques : infrastructures, énergie, technologies numériques, industrie manufacturière, minéraux critiques et chaînes de valeur durables.
Le président Sidi Ould Tah a exposé les priorités de développement du continent et les opportunités qu'ouvrent l'essor démographique, l'urbanisation, l'intégration économique régionale et l'abondance des ressources africaines -- au premier rang desquelles les minéraux critiques, essentiels à la transition énergétique mondiale et à la fabrication de technologies propres. Soulignant les atouts complémentaires des deux partenaires, il a appelé à transformer ce potentiel en investissements concrets et s'est dit à l'écoute des préoccupations des investisseurs coréens à l'égard de l'Afrique.
« Le partenariat Corée-Afrique dispose aujourd'hui des fondations nécessaires pour passer de la bonne volonté à l'investissement, des idées aux projets et de l'échange de ressources à la création d'une valeur industrielle partagée », a-t-il déclaré.
Une attention particulière a été accordée aux chaînes de valeur liées aux minéraux critiques, le président Sidi Ould Tah rappelant l'importance pour l'Afrique d'aller au-delà de l'exportation brute de matières premières. « L'ambition de l'Afrique est de transformer davantage, de raffiner davantage, de produire davantage, de créer davantage d'emplois et de retenir une plus grande part de la valeur sur le continent », a-t-il insisté.
Au cours de la session, la Banque a présenté aux investisseurs potentiels des projets régionaux de mise en valeur des minéraux critiques dans quasiment toutes les régions du continent.
La Banque a également rappelé les mécanismes mis en place par l'institution panafricaine pour faciliter l'investissement privé -- dispositifs de garantie, possibilités de cofinancement, instruments d'atténuation des risques -- destinés à améliorer la bancabilité des projets et à réduire les contraintes perçues par les investisseurs.
Les entreprises coréennes ont fait valoir leurs attentes. Un opérateur du secteur de l'énergie et des énergies renouvelables a présenté ses projets d'investissement en Afrique et sollicité davantage d'informations sur les tendances du marché électrique africain. Un opérateur ferroviaire s'est interrogé sur le rôle que la Banque pourrait jouer dans l'harmonisation des cadres réglementaires et dans l'élaboration de réglementations plus propices aux investissements étrangers.
En réponse, la Banque a rappelé qu'elle accompagne ses pays membres régionaux, à leur demande et selon les priorités qu'ils définissent, dans l'amélioration de leur climat des affaires. Elle a détaillé ses dispositifs d'appui au secteur privé et de sécurisation des investissements, et notamment présenté la Plateforme panafricaine de garantie (Pan-African Guarantee Platform, PAGP), initiative portée par l'institution dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) et destinée à devenir un mécanisme continental de partage des risques et de mobilisation des capitaux.
La Fondation Corée-Afrique a souligné que la rencontre visait à discuter de « projets concrets » et à explorer la complémentarité entre le secteur privé coréen et la Banque africaine de développement. La Chambre de commerce sud-africaine en Corée a, pour sa part, appelé les représentants du secteur privé coréen à saisir les nombreuses opportunités d'investissement en Afrique.
En clôture des travaux, la Banque a invité les partenaires coréens à maintenir la dynamique engagée : passer du dialogue à l'action, des opportunités à l'investissement et de l'extraction des ressources à une prospérité partagée.
Le Dialogue de haut niveau a précédé l'ouverture officielle de la 8e Conférence ministérielle KOAFEC, qui se tient à Séoul jusqu'au 11 septembre.
