La 14e Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique (CCDA-XIV) se déroule cette semaine à Addis-Abeba. Elle réunit des responsables politiques, des négociateurs, des chercheurs, des partenaires de développement, des institutions financières, des représentants de la société civile, de la jeunesse et du secteur privé venus de tout le continent pour tracer la voie qui permettra à l'Afrique de passer de ses engagements climatiques à leur mise en oeuvre.
La conférence est organisée dans le cadre du programme « ClimDev-Afrique » (programme climatique pour le développement de l'Afrique), une initiative faisant le lien entre la science et les politiques climatiques, qui est portée conjointement par la Commission économique pour l'Afrique des Nations unies (CEA), la Commission de l'Union africaine, le Groupe de la Banque africaine de développement, l'Alliance panafricaine pour la justice climatique et Afreximbank. La conférence se tient autour du thème suivant : « Des engagements à la mise en oeuvre : la feuille de route de Belém-Antalya-Addis ».
La conférence se déroule à l'issue de la 7e édition des pourparlers africains sur le climat et des réunions des organes subsidiaires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), et en amont de la COP 31. Elle intervient à un moment charnière pour l'agenda climatique de l'Afrique. Les discussions portent sur le renforcement du financement climatique, l'adaptation, la résilience, la science, les marchés du carbone, les minéraux critiques, les systèmes alimentaires et la paix, tout en consolidant les priorités de l'Afrique pour la COP 31 et en préparant le terrain pour la présidence éthiopienne de la COP 32 en 2027.
Dans son discours d'ouverture, Claver Gatete, secrétaire général adjoint des Nations unies et secrétaire exécutif de la CEA, a mis l'accent sur la nécessité pour l'Afrique d'aller au-delà de la simple défense de ses intérêts et de jouer un rôle plus important dans l'élaboration de solutions climatiques mondiales.
« Depuis de nombreuses années, l'Afrique s'efforce, à juste titre, de faire entendre ses préoccupations dans les négociations mondiales sur le climat. Nous devons poursuivre dans cette voie, a-t-il déclaré. Mais notre ambition doit aller plus loin. L'Afrique doit également contribuer à l'élaboration des solutions. Cela implique de présenter, dans le cadre du processus climatique mondial, des propositions africaines crédibles en matière de finance, d'adaptation, d'énergie, de commerce, de technologie et de gouvernance climatique. »
L'Afrique, responsable de moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, demeure l'une des régions les plus vulnérables au changement climatique. Parallèlement, M. Gatete a souligné que le continent disposait de vastes ressources en énergies renouvelables, en minéraux essentiels, d'un marché en pleine croissance et d'une population jeune, qui sont autant d'atouts pouvant contribuer à stimuler le développement durable et l'action climatique.
James Kinyangi, coordinateur du Fonds climatique pour le développement de l'Afrique, la branche chargée des investissements financiers multidonateurs du programme « ClimDev-Afrique », a souligné l'ambition de la phase II du fonds : mobiliser 100 millions de dollars et lever 300 millions de dollars d'ici à 2030 afin de renforcer la résilience climatique en Afrique. Relayant le message d'Anthony Nyong, directeur du changement climatique et de la croissance verte à la Banque africaine de développement, il a déclaré :
« L'Afrique est passée des engagements aux promesses. Nous devons désormais passer résolument des promesses à la mise en oeuvre. La feuille de route Belém-Antalya-Addis nous offre l'opportunité de veiller à ce que les engagements en matière de financement climatique, d'adaptation et de résilience se traduisent par des avantages concrets pour nos populations. L'Afrique n'est pas une simple victime du changement climatique. Nous sommes porteurs de solutions, et ces solutions doivent être financées et mises en oeuvre à grande échelle. »
La présidente du Groupe africain des négociateurs (AGN), Nana Antwi-Boasiako Amoah, a souligné plusieurs priorités « Le succès se traduira par une protection de la marge de manoeuvre politique nécessaire au développement durable en Afrique, un financement prévisible pour l'adaptation au changement climatique et l'atténuation de ses effets, ainsi que la mise en place d'un plan de mise en oeuvre plus rapide pour l'Afrique. »
La CCDA-XIV doit s'achever par l'adoption des Messages d'action climatique d'Addis-Abeba définissant les priorités de l'Afrique pour la COP 31 et une feuille de route continentale commune en vue de la COP 32.
La 14e Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique s'est déroulée du 7 au 9 septembre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie.