Le Groupe de la Banque africaine de développement et l'Institut supérieur coréen des sciences et technologies (en anglais, « Korea Advanced Institute of Science and Technology », KAIST), ont signé, le 9 septembre 2026 à Séoul, une lettre d'intention relative à la promotion de la transformation numérique en Afrique.
L'accord signé entre l'institution panafricaine et l'une des principales universités de recherche d'Asie établit un cadre de coopération de trois ans visant à renforcer les capacités africaines dans les domaines de l'intelligence artificielle (IA), de la gouvernance numérique, de la recherche et du transfert de connaissances. Il a été signé, en marge de la 8e Conférence ministérielle de la coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), par Ousmane Fall, directeur du département du Développement de l'industrie et du Commerce à la Banque africaine de développement, et par Seung Hun Han, doyen de l'École supérieure d'innovation numérique mondiale (« Graduate School of Global Digital Innovation », GDI) du KAIST.
La lettre d'intention repose sur la complémentarité des missions des deux institutions. Elle prévoit notamment une collaboration dans la recherche et le développement sur les politiques publiques et les jeux de données liés à l'IA ainsi que la réalisation d'études et de conseils stratégiques pour accompagner les pays africains dans leur transformation numérique.
Le partenariat met également l'accent sur le renforcement des capacités, notamment à travers des programmes de formation destinés aux responsables publics, aux chercheurs et aux experts techniques africains. S'appuyant sur l'expérience de KAIST dans la formation des cadres et des ingénieurs du secteur public à travers le monde et sur les programmes déjà soutenus par la KOAFEC, cette coopération contribuera à former une nouvelle génération de leaders africains capables d'exploiter le potentiel de l'IA au service du développement.
« Cet accord marque une étape importante dans notre ambition de bâtir en Afrique un écosystème numérique solide, fondé sur les compétences, la recherche et l'innovation. En associant l'expertise de classe mondiale de KAIST à la connaissance approfondie de la Banque des besoins du continent, nous créons les bases d'une transformation numérique inclusive propulsée par l'IA et portée par les Africains », a déclaré Ousmane Fall.
L'accord prévoit aussi la production de connaissances, l'organisation d'ateliers techniques et de dialogues politiques, ainsi que l'échange d'expertises entre la Corée et l'Afrique sur les technologies émergentes.
Selon les estimations de la Banque africaine de développement, l'intelligence artificielle pourrait apporter jusqu'à 1 000 milliards de dollars au PIB de l'Afrique à partir de 2035, soit près de 4 % de croissance supplémentaire, à condition que le continent investisse dans les cinq piliers de l'écosystème numérique : la capacité de calcul (compute), les données, les compétences, la confiance et le financement.
La République de Corée, qui est membre du Fonds africain de développement depuis 1980 et de la Banque africaine de développement depuis 1982, se positionne comme l'un des partenaires clés de l'institution panafricaine de développement pour l'utilisation de l'IA sur le continent. En 2006, le pays a lancé le Fonds fiduciaire KOAFEC, qui est aujourd'hui le plus important fonds fiduciaire bilatéral actif de la Banque, avec des contributions coréennes cumulées de 132,82 millions de dollars au 31 mai 2026. Environ 50 millions de dollars, consacrés à l'assistance technique et à la préparation de projets, ont permis de financer plus de 40 opérations et programmes d'investissement représentant plus de six milliards de dollars, et de mobiliser au moins quatre milliards de dollars de financements. Le fonds a également soutenu plus de 1 300 start-up et entrepreneurs africains, bénéficié à plus de 1 200 entreprises et contribué à la création de plus de 5 000 emplois sur le continent.
