L'économie ghanéenne a poursuivi sa reprise en 2025, soutenue par une meilleure gestion macroéconomique, une baisse de l'inflation et une amélioration de la stabilité budgétaire. Le prochain défi consistera à faire en sorte que les gains économiques se traduisent par davantage d'emplois, une réduction de la pauvreté et une accélération de la transformation structurelle, selon le Rapport pays 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement consacré au Ghana. Le rapport a été lancé le 30 juillet.
L'économie du Ghana a progressé de 5,8 % en 2025, contre 5,6 % en 2024, un taux supérieur aux prévisions de croissance pour l'Afrique et l'Afrique de l'Ouest. Cette croissance a été portée par les services, l'agriculture et le renforcement de la consommation intérieure, tandis que le secteur minier a bénéficié d'une hausse de la production d'or et de cours mondiaux favorables.
Les conditions macroéconomiques se sont nettement améliorées au cours de l'année. L'inflation est tombée à 14,6 %, contre 22,9 % en 2024 ; le déficit budgétaire s'est réduit à 2,4 % du PIB, contre 6,3 % ; et la dette publique a reculé à 45,3 % du PIB, contre 61,8 %. La position extérieure du Ghana s'est également renforcée grâce à la hausse des exportations, aux transferts de fonds de la diaspora et à l'amélioration des réserves de change.
Les perspectives demeurent favorables. La croissance devrait atteindre 5 % en 2026 et 5,4 % en 2027, soutenue par un regain de confiance des entreprises, la poursuite du recul de l'inflation et la continuité des réformes.
Malgré ces progrès, d'importants défis de développement subsistent. Bien que la croissance ait repris, elle demeure inférieure au niveau nécessaire pour créer suffisamment d'emplois et accélérer la réduction de la pauvreté. Le chômage des jeunes s'établit à 32 %, la pauvreté multidimensionnelle reste élevée à 22 %, et une grande partie de l'économie continue de fonctionner avec de faibles niveaux de productivité et de valeur ajoutée.
Le rapport souligne que les ambitions de développement du Ghana nécessiteront des niveaux d'investissement nettement plus élevés. Le pays devra mobiliser environ 3,3 milliards de dollars par an jusqu'en 2030 afin d'accélérer la transformation structurelle, contre des flux de financement annuels moyens d'environ 1,8 milliard de dollars sur la période 2020-2024, ce qui laisse apparaître un déficit annuel de financement estimé à 1,5 milliard de dollars.
« Le Ghana a accompli des progrès importants dans le rétablissement de la stabilité macroéconomique et la restauration de la confiance dans l'économie. La prochaine étape consiste à faire en sorte que la croissance se traduise par des emplois productifs, des revenus plus élevés et une transformation économique renforcée. La mobilisation de financements du développement à grande échelle sera essentielle pour atteindre ces objectifs et assurer une prospérité durable », a déclaré Zerihun G. Alemu, économiste pays en chef de la Banque africaine de développement et principal auteur du rapport.
Le rapport identifie la mobilisation des ressources intérieures comme l'une des principales opportunités dont dispose le pays pour accroître sa marge de manoeuvre budgétaire. Il met également en évidence le rôle des partenariats public-privé, des fonds de pension, des fonds souverains, du capital de la diaspora et des financements mixtes dans le soutien aux investissements de développement à long terme.
Le secteur financier ghanéen a favorisé une plus grande inclusion financière et approfondi les marchés, notamment grâce à la finance numérique et à la monnaie mobile. Toutefois, le financement du secteur privé demeure limité, ce qui freine les investissements dans les secteurs productifs ainsi que dans les petites et moyennes entreprises. Le renforcement de l'intermédiation financière et l'amélioration de l'accès aux capitaux à long terme seront essentiels pour soutenir la diversification économique et la croissance du secteur privé.
Le rapport conclut que le Ghana dispose désormais de bases plus solides pour la croissance à la suite des réformes économiques récentes et de la restructuration de sa dette. Le maintien de cette dynamique dépendra de la capacité du pays à mobiliser des investissements, à améliorer sa productivité et à transformer la reprise économique en opportunités plus nombreuses pour l'ensemble des citoyens.
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