Le Mali dispose d'importants leviers pour financer son développement et accélérer sa transformation économique dans un contexte mondial de plus en plus fragmenté, souligne le Rapport Pays 2026 de la Banque africaine de développement. L'institution met en évidence plusieurs sources de financement susceptibles d'aider le pays à répondre à ses besoins croissants de développement tout en renforçant son autonomie financière.
L'économie malienne a poursuivi sa croissance en 2025, atteignant 5,6 %, malgré des défis persistants d'ordre sécuritaire, humanitaire et climatique. Selon la Banque africaine de développement, cette résilience constitue un socle solide sur lequel le pays sahélien peut s'appuyer pour mobiliser davantage de ressources et soutenir une croissance plus forte, durable et inclusive.
Présenté le 10 septembre à Bamako lors d'un atelier organisé par le bureau pays de la Banque au Mali, le rapport a pour thème : « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de la République du Mali dans un monde fragmenté ». Il analyse les performances macroéconomiques récentes du pays, évalue ses besoins de financement et propose des réformes visant à renforcer les systèmes financiers nationaux dans un environnement international en pleine mutation.
Parmi les principaux leviers identifiés figurent l'amélioration de la mobilisation des recettes fiscales, la valorisation de l'épargne nationale, les transferts de fonds de la diaspora, l'approfondissement du marché financier régional, le développement du capital privé, la formalisation progressive du secteur informel ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles des régies financières.
Dans son discours d'ouverture de l'atelier, Cédric Mbeng Mezui, responsable du bureau pays de la Banque au Mali, a insisté sur la nécessité de changer d'approche en matière de financement du développement : « Ne plus attendre les financements pour construire les projets, mais construire des projets viables pour attirer les financements », a-t-il appelé, ajoutant que la mobilisation des ressources nationales serait d'autant plus importante dans un contexte marqué par la diminution attendue de l'aide extérieure.
Le Rapport pays 2026 met également en lumière les opportunités offertes par la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), qui est un élément central de la vision stratégique des "Quatre Points cardinaux" du président du Groupe de la Banque, Dr Sidi Ould Tah. Le rapport appelle à une action concertée entre les pouvoirs publics, le secteur privé, les investisseurs institutionnels, les partenaires de développement, les institutions financières et la société civile afin de transformer ces opportunités en investissements productifs et durables sur le continent.
Le Rapport Pays 2026, présenté par Antoine-Marie Tioyé Sié, économiste-pays principal de la Banque au Mali, a ouvert des échanges réunissant des représentants du gouvernement, du secteur privé, des partenaires de développement, du monde universitaire et du secteur financier. Les discussions ont mis en évidence l'importance du renforcement de l'intégration financière régionale, du développement du marché des capitaux de l'UEMOA, de la mobilisation du secteur privé et de la prise en compte du poids du secteur informel dans l'économie malienne.
Les participants à l'atelier ont également souligné l'intérêt d'initiatives telles que le Fonds minier de développement local pour accroître les ressources disponibles au profit des collectivités territoriales et renforcer l'impact du secteur extractif sur le développement à l'échelon local.
En s'appuyant sur ses ressources naturelles, humaines, entrepreneuriales et financières, ainsi que sur des réformes adaptées, le Mali dispose d'atouts importants pour renforcer sa compétitivité, attirer davantage d'investissements et accélérer sa transformation économique. Le Rapport Pays 2026 de la Banque africaine de développement conclut que la mobilisation à grande échelle de ces différents leviers de financement sera déterminante pour soutenir les ambitions de développement du pays sahélien au cours des prochaines décennies.