La Commission africaine des droits de l'Homme « exhorte l'Afrique du Sud » à déclarer les attaques contre les étrangers comme une « crise », alors que cette vague xénophobe qui frappe la nation arc-en-ciel depuis plusieurs mois et qui a poussé des dizaines de milliers de personnes à l'exil n'a toujours pas pris fin. La déclaration de l'organe de l'Union africaine fait suite à la mort d'un ressortissant étranger dans les rues de Durban la semaine dernière, battu à mort par une cinquantaine de manifestants xénophobes.
« Les circonstances (...) du meurtre pourraient constituer un crime contre l'humanité », écrit la Commission des droits de l'Homme de l'Union africaine (UA). Le communiqué fait suite au décès d'un ressortissant étranger, battu à mort dans le centre-ville de Durban jeudi 22 octobre. Selon la police sud-africaine, la victime aurait été agressée par un groupe d'une cinquantaine de personnes, en marge d'une manifestation anti-immigration.
Ces manifestations xénophobes, qui demandent le départ de tous les sans-papiers, ont déjà fait plusieurs morts ces derniers mois, alors que l'immigration est devenue un argument de campagne à l'approche des municipales.
Peu d'arrestations
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Des dizaines de milliers de personnes ont fui le pays face à cette nouvelle vague de haine anti-étrangers. Très peu d'auteurs de violences xénophobes sont arrêtés, et encore moins d'entre eux finissent derrière les barreaux.
La Commission africaine des droits de l'homme rappelle donc au gouvernement d'Afrique du Sud qu'il est dans l'obligation de « mener une enquête rapide concernant ce meurtre odieux », pour éviter « la tendance à l'impunité » face aux crimes xénophobes.
En juillet dernier, c'était un Parlement panafricain - un autre organe de l'UA - particulièrement remonté qui épinglait Pretoria en demandant une enquête indépendante sur le sol sud-africain.