Afrique: Washington veut exclure l'Afrique du Sud et le Rwanda de l'accord commercial Afrique/États-Unis

La Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), adoptée pour la première fois par le Congrès américain en 2000 afin d'accorder aux pays éligibles d'Afrique subsaharienne un accès en franchise de droits de douane au marché américain pour certains produits, a été prorogée jusqu'en décembre 2028.

Le représentant de la Maison Blanche au Commerce (USTR), Jamieson Greer, a annoncé lundi 2 novembre dans un communiqué l'intention de Washington d'exclure l'Afrique du Sud et le Rwanda de l'Agoa (African Growth and Opportunity Act), estimant que les deux pays n'en respectent pas les termes.

L'Agoa est une pièce maîtresse des relations commerciales entre les États-Unis et les pays africains. Il permet aux pays africains d'exporter de nombreux produits vers les États-Unis sans droits de douane. Une trentaine de pays sur la cinquantaine du continent africain bénéficient en théorie de l'accord, qui couvre un large éventail de produits allant de l'habillement à l'igname en passant par les voitures. Il a été renouvelé en septembre dernier par le Congrès américain.

L'Afrique du Sud figure parmi les principaux bénéficiaires, mais Pretoria est dans le viseur du gouvernement américain, qui lui reproche une prétendue persécution des Afrikaners - des descendants des colons blancs européens. « En se basant sur la revue annuelle » de l'accord réalisée ces dernières semaines, « le président Trump a estimé que les gouvernements du Rwanda et de l'Afrique du Sud ont pris part à des pratiques qui ne respectent pas les critères d'éligibilité à l'Agoa », a déclaré dans un communiqué Jamieson Greer.

Concernant Pretoria, Washington reproche notamment des limitations au commerce et aux investissements américains dans le pays, le niveau de corruption ainsi que des menaces à la sécurité nationale des États-Unis et à ses intérêts en termes de politique étrangère.

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Des relations tendues entre les États-Unis et le Rwanda

Les reproches sont différents à l'égard de Kigali. Le communiqué de l'USTR citant parmi les raisons l'État de droit, le pluralisme politique, les droits des travailleurs et plus largement le respect des droits de l'Homme. Mais il pointe également du doigt des problématiques plus économiques, comme les barrières tarifaires et aux investissements, là encore.

Les relations entre les États-Unis et le Rwanda se sont particulièrement tendues ces derniers mois, Washington accusant Kigali de continuer à soutenir le groupe armé congolais M23, financièrement et militairement, et de profiter de la situation chaotique dans l'est de son grand voisin, la République démocratique du Congo (RDC).

La Maison Blanche tente de son côté de parvenir à y finaliser un accord de paix afin de mettre fin à un conflit de plus de 30 ans ayant fait des centaines de milliers de morts. Début 2025, le M23, qui contrôlait déjà de vastes pans de territoire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, s'est emparé des grandes villes de Goma et Bukavu, au terme d'une offensive particulièrement meurtrière.

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