26 Novembre 2018

Afrique de l'Ouest: La BCEAO vise un taux d'inclusion financière de 75% d'ici cinq ans dans l'UMOA

Photo: BCEAO
Forum de Haut Niveau sur le thème : « Innovations technologiques au service de l’inclusion financière », tenu le mardi 27 novembre 2018 dans le cadre de la Semaine de l’inclusion financière dans l’UEMOA

La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) s’est donnée comme objectif d’augmenter le taux de population qui accède aux services financiers, à 75% dans les cinq années à venir. L’information est donnée par le gouverneur de l’institution communautaire, M. Tiemoko Meyliet Koné. C’était au cours de la conférence de presse tenue après l’ouverture officielle de la première semaine de l’inclusion financière dans l’UMOA, ce lundi 26 novembre au siège de la BCEAO à Dakar. Une initiative célébrée concomitamment dans tous les pays de l’union autour de « Inclusion financière : levier du développement économique et social ».

La stratégie régionale pour l’inclusion financière a été élaborée avec un objectif principal qui est de faire passer au moins à 75% d’ici cinq ans les populations de l’UMOA qui pourraient accéder aux services financiers dans le cadre de l’inclusion financière.

Le gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) l’a confié lors du face-à-face avec la presse, au terme de l’ouverture officielle de la Première semaine de l’Inclusion financière dans l’UEMOA.

Un évènement qui a pour principal objectif de rassembler les acteurs du secteur financier, en vue de discuter des problématiques importantes de l’heure, qui constituent des préoccupations spécifiques et des défis pour chaque pays de l’Union.

Pour cette première édition, la BCEAO qui veut en faire une activité annuelle, convoque la réflexion autour de l’«Inclusion financière : levier du développement économique et social ».

L’objectif des 75% fixé pour un délai de cinq ans semble être « trop ambitieux » vu le faible accès des populations aux services financiers.

Dans un document adressé à la presse, il est indiqué que le taux global de pénétration démographique qui mesure le nombre de points de services pour 10 mille habitants, est ressorti à 35 points de services financiers pour 10 mille adultes en 2017 contre 0,9 point en 2007.

La même source informe que le Taux global d’utilisation des services financiers (Tgusf) ou taux d’inclusion financière, qui constitue le cumul de taux de bancarisation élargi et du pourcentage de la population adulte titulaire d’un compte dans les établissements de monnaie électronique, est ressortie à 55,2% en 2017 contre 14,3% dix ans plus tôt.

Des statistiques qui laissent entrevoir des progrès dus à la téléphonie mobile et au secteur de la microfinance, mais cachent mal l’importance de la population encore laissé en rade par le système financier de l’UEMOA.

Un état de fait qui dope les plus optimistes vu les initiatives en cours pour faire de l’inclusion financière un véritable levier du développement économique et social.

Selon M. Tiemoko Meyliet Koné, la réalisation de cette ambition de 75% passe par la mise en œuvre de la stratégie régionale pour l’inclusion financière.

Une vision dans laquelle est confinée un certain nombre d’actions dévolues à la Banque Centrale dans le cadre de la règlementation, de la supervision et surtout de la protection des consommateurs.

A cela s’ajoutent les actions à mener par des Etats du fait que le secteur public constitue une tête de pont dans l’inclusion financière avec un certain nombre d’opérations susceptibles d’entrainer beaucoup de personnes dans le secteur financier.

Dans cette dynamique, le gouverneur de la BCEAO fait allusion au paiement des salaires qui, selon lui, peut se faire à travers un système qui englobe le maximum de personnes qui utilisent des technologies pouvant renforcer et même diminuer les coûts des transactions.

Abondant dans le même sens, le président du Conseil des ministres de l’UMOA, Romuald Wadagni estime que les pouvoirs publics doivent veiller à réaliser les investissements publics nécessaires notamment, en matière d’infrastructures et de technologie et créer les incitations fiscales pour que le secteur privé, dans une saine émulation, offrir des services adaptés et financièrement accessibles à nos populations.

A cela, il appelle à la poursuite de l’assainissement et le renforcement des structures de microfinance, jouer leur rôle de garant et de protecteur des clients des services financiers.

Sur cette lancée, le gouverneur de la BCEAO souligne qu’il est possible de servir les populations les plus éloignées à travers le secteur agricole qui recèle une masse importante de ressources qui échappent au réseau formel. Il retrace ainsi les défis de l’inclusion financière qui consiste, entre autres, améliorer la fonction du paiement, de dynamiser celle de l’épargne.

A son avis, « l'inclusion financière constitue un catalyseur de la croissance économique et un puissant vecteur de développement, en ce qu'elle facilite la participation des couches sociales les moins nanties à la création de richesse dans nos pays ».

Sur ce chapitre, M. Xavier Michon, le secrétaire exécutif adjoint du Fonds d'équipement des Nations unies (UNCDF), indique les jeunes de 25 ans qui frappent à la porte du marché de l’emploi, comme niche à saisir.

Selon lui, le secteur financier gagnerait à développer des produits qui répondent aux attentes de  cette population en leur offrant  des produits sur le plan épargne, l’assurance…

Seuls deux pays sur huit ont une stratégie nationale

Si la stratégie régionale pour l’inclusion financière a été votée en 2016, seule deux pays sur les huit de l’Union ont une stratégie nationale. Il s’agit de la Cote d’ivoire et du Niger. Un troisième pays serait en bonne voie pour lancer sa stratégie nationale.

Devant cet état de fait, le président du Conseil des ministres de l’UMOA, par ailleurs, ministre de l’Economie et des Finances du Benin, Romuald Wadagni appelle les pays qui restent à un sursaut en élaborant leur stratégie nationale pour l’inclusion financière.

Sur ce point, le gouverneur de la BCEAO, M. Tiemoko Meyliet Koné, de préciser que la stratégie régionale vient en complément aux stratégies nationales.

En optant pour l’élaboration d’une stratégie régionale d’inclusion financière, rappelle M. Xavier Michon de UNCDF,  les autorités de l’UEMOA ont ainsi décidé de compter sur la contribution du secteur privé et des innovations digitales pour réaliser le contrat social en vue d’offrir un meilleur avenir aux jeunes, aux femmes, aux faibles économiquement actifs où qu’ils se trouvent sur le territoire de l’Union.

M. Romuald Wadagni, qui est par ailleurs, ministre de l’Economie et des finances du Bénin, de son côté, met cette stratégie régionale dans le lot des défis majeurs.

Des défis auxquels il ajoute le renforcement de l’éducation financière des populations. Il juge important de mettre en place les meilleures réglementations et tous les investissements pour apporter des services financiers à moindre coût aux populations. Mais, avertit-il, « si elles ne font pasconfiance au système, si elles n’ont pas les connaissances de base, nosefforts d’amélioration de l’inclusion financière demeureront vains ».

M. Wadagni n’a pas occulté le défi relatif à l’adaptation permanente des moyens d’actions de la Banque Centrale à l’évolution rapide des usages et du marché.

Le secrétaire exécutif adjoint du Fonds d'équipement des Nations unies (UNCDF), pour sa part, estime après l’adoption de la Stratégie Régionale par le Conseil des Ministres de l’UMOA, réuni en session les 24 et 25 juin 2016 à Lomé suivi de la Table Ronde des Bailleurs de Fonds organisée le 17 novembre 2016, la présente rencontre marque un tournant décisif du processus.

Pour M. Xavier Michon, la semaine de l’inclusion financière confirme, d’une part l’engagement de la BCEAO à positionner la finance inclusive comme l’un des instruments phares de promotion du développement pro-pauvre et, d’autre part, la nécessité de conforter les innovations surtout digitales en tant que locomotive de l’inclusion financière.

Il a ainsi évoqué le rôle important que pouvait jouer le secteur privé dans le financement du développement, notamment en ce qui concerne les investissements dans les secteurs productifs, créateurs d’emplois et générateurs de revenus.

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