Depuis ce mardi 17 septembre, 27 magistrats spécialisés dans la lutte contre la corruption et les crimes économiques ont été officiellement installés au sein du pool judiciaire financier. Cette structure sera notamment chargée d'examiner les plaintes pour corruption, détournement de deniers publics, blanchiment d'argent et financement du terrorisme.
Installé mardi 17 septembre à Dakar, le tout nouveau pool judiciaire financier vient remplacer la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) qui avait été créée en 1981 et disposait de prérogatives plus limitées. Mais pour Baye el-Malick Diop, greffier et secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Justice, la CREI était aussi et surtout devenu un organe dépassé : « La délinquance financière est une délinquance qui évolue très rapidement. Il fallait donc un personnel judiciaire, des magistrats, à même de la traquer de manière efficace. C'est pour cette raison que le législateur a jugé nécessaire de mettre sur pied une juridiction spécialisée ».
27 magistrats spécialisés en délinquance financière
En conséquence de quoi, les 27 magistrats qui composent le nouveau pool sont spécialisés en délinquance financière avec des compétences élargies. Ils sont amenés à traiter les « infractions économiques et financières, le financement du terrorisme, le blanchiment de capitaux ainsi que de nombreuses autres infractions complexes, le tout avec la garantie du respect d'un procès équitable » avec, notamment, la possibilité de faire appel, explique Mamady Diané, l'un des nouveaux magistrats de la structure.
Toute personne a désormais le droit de voir sa cause jugée en première instance et rejugée en appel
Léa-Lisa Westerhoff « Ce pool n'est pas installé pour un an ou deux mais pour toujours »
Quant à ceux qui craignent que ce nouveau pool puisse être à l'origine de règlements de compte politiques, Assane Gueye, en charge de la bonne gouvernance au Pastef - le parti au pouvoir -, se veut rassurant : « Au contraire, affirme-t-il, cette maison installée aujourd'hui n'est pas tournée vers les actes du régime sortant, mais plutôt vers ceux du régime actuel. Elle n'est pas installée pour un an ou deux, mais pour toujours. Aujourd'hui, nous sommes là pour que la corruption cesse de façon définitive au Sénégal ».
De leur côté, les Sénégalais sont, eux, impatients de voir ce pool judiciaire financier se mettre au travail.