Centrafrique: Ces manquements qui ont amplifié le drame du lycée Boganda de Bangui, selon un rapport

Rassemblée devant le lycée Barthélémy Boganda à Bangui, une foule se masse en signe de deuil, au lendemain de la mort d’au moins 29 élèves dans une bousculade provoquée par l’explosion d’un transformateur électrique, le 25 juin 2025.

En Centrafrique, la Direction générale de la protection civile du ministère de l'Administration du territoire a publié le 26 juin 2025 son rapport après le drame du lycée Boganda survenu la veille. L'explosion d'un transformateur électrique, suivie de mouvements de panique en pleine épreuve du baccalauréat, ont coûté la vie à 29 jeunes, fait 260 blessés dont 36 en état critique. Le document détaille une série de manquements qui ont amplifié les conséquences des événements. Détails.

Le Directeur général de la protection civile fixe à 12h22 ce mercredi l'explosion du transformateur à l'origine du drame. Explosion dont les émissions de gaz ont conduit à des étouffements d'élèves, et à des mouvements de panique. Son constat est sans appel, noir sur blanc : « L'absence de dispositif de secours structuré, les évacuations improvisées, la désinformation et les comportements désordonnés ont entrainé une situation chaotique, aggravant le nombre de victimes. »

Il pointe du doigt « l'absence de plan d'évacuation » du lycée, de « coordination » entre les intervenants. Thomas Djimasse Okidjin écrit être arrivé sur les lieux une demi-heure après l'explosion et avoir constaté la panique collective.

Des victimes réanimées de justesse à la morgue

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Ce chaos s'est ensuite transféré à l'hôpital communautaire où les urgences ont été saturées et les blessés pas tous triés correctement. Certains ont été menés directement à la morgue où dix jeunes ont pu être réanimés in extremis, « grâce à des signes vitaux faiblement perceptibles ».

Le rapport met aussi en cause la « foule massive, désorganisée et affolée » notamment de parents, les « comportements dangereux » et les difficultés d'accès pour les secours.

Il pousse aussi des recommandations sur le cadre législatif et réglementaire, soulignant « l'urgence absolue d'une réforme systémique des dispositifs de sécurité en milieu scolaire » et la mise en place d'un fonds d'indemnisation des victimes.

Qui de la responsabilité de la compagnie nationale d'électricité ?

Toutefois il ne répond pas à toutes les questions : certains s'interrogent sur la lenteur des secours, en particulier des pompiers.

La responsabilité d'Enerca (Énergie Centrafricaine) n'est pas abordée. Trois dirigeants de la compagnie nationale d'électricité sont en garde à vue depuis jeudi. Le parquet a ouvert une enquête judiciaire. La présidence a décrété trois jours de deuil national de jeudi à samedi.

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