Afrique Australe: Sommet de la SADC à Madagascar - La situation dans l'est de la RDC au menu des discussions

Andry Rajoelina, prend officiellement les rênes de la Présidence de la Communauté de développement de l'Afrique australe

Antananarivo accueille ce dimanche 17 août le 45e sommet des Chefs d'État et de gouvernement de la SADC, la Communauté de développement de l'Afrique australe. Presque tous les dirigeants des 16 pays membres sont attendus. Le Président congolais Félix Tshisekedi a en revanche annulé sa venue en dernière minute, officiellement pour « des raisons d'agenda ». La guerre dans l'est de la République Démocratique du Congo devrait pourtant figurer au menu des discussions. La SADC compte-t-elle prendre de nouvelles initiatives sur le dossier congolais après que les efforts de médiation régionale ont été relégués au second plan par les processus de Washington et de Doha ? Les analystes divergent sur la question.

Alors que la SADC, la Communauté de développement de l'Afrique australe, est désormais associée à l'EAC, la Communauté d'Afrique de l'Est, dans ses efforts de médiation, via un groupe commun de cinq facilitateurs, le conflit dans l'est de la RDC ne devrait pas être une priorité de ce 45e sommet à Madagascar, selon Bob Kabamba, Professeur de sciences politiques à l'Université de Liège.

« La signature des deux accords de Doha et Washington a eu pour effet de désavouer la médiation régionale, ce qui a marqué une rupture des pays de la région vis-à-vis de la RDC », analyse-t-il. « Ces pays s'étaient vraiment engagés dans une dynamique de médiation. Le Président angolais avait même été désigné comme médiateur par l'Union africaine, s'y était investi personnellement en organisant sommets et réunions pour essayer de dénouer ce conflit. On peut dire que Kinshasa va partir assez isolé à ce sommet et je serais étonné qu'il puisse y avoir des avancées ou des déclarations majeures sur la question congolaise au cours de ce sommet ».

Selon l'entourage du Président Tshisekedi, la SADC a toujours un rôle diplomatique à jouer pour faire avancer la déclaration de principes de Doha et l'accord de Washington. Pour le politologue Christian Ndombo Moleka, les pays membres de la Communauté ont un intérêt stratégique à rester mobilisés sur ce dossier.

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« Le Congo est un pilier important de la politique énergétique de la SADC, avec notamment le projet Grand Inga qui avait pour finalité d'alimenter l'Afrique australe. Donc l'enjeu Congo, au-delà de l'enjeu sécuritaire, est un enjeu géopolitique, géostratégique et économique que ni la SADC ni l'EAC ne voudront lâcher. Plus la SADC, et notamment l'Afrique du Sud, se mobilisera sur la question congolaise, plus ils garantiront leur accès aux intérêts dans l'énergie ou les mines. Et donc ils voudront garder la possibilité de se repositionner dans cette dynamique qui se met en place », explique-t-il.

Christian Ndombo Moleka analyse d'ailleurs la fusion des processus de l'EAC et de la SADC comme le signe d'une « volonté de continuer à exister, de tenter de récupérer la main sur un processus qui leur échappe ». Madagascar, qui assumera à partir de ce dimanche 17 août la présidence de la SADC pour un an, défend sur ce dossier une position dite de « neutralité active », incluant le soutien humanitaire et la coopération sécuritaire.

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