Madagascar: Des milliers de manifestants défilent et appellent à la démission de Rajoelina

Des manifestants ont pu accéder à la place d’Ambohijatovo avant d’être dispersés.

De plus en plus de monde rallie le mouvement de protestation qui agite la capitale Antananarivo. Malgré l'annonce, lundi 29 septembre par Andry Rajoelina, du limogeage du gouvernement au complet, des milliers de manifestants ont encore réclamé ce mardi 30 septembre le départ du président malgache en investissant un quartier central de la capitale qu'ils n'avaient jamais pu atteindre depuis le début des manifestations le 25 septembre.

La Génération Z (Gen Z), qui pilote depuis le début l'organisation des manifestations à Madagascar, avait donné rendez-vous à 11 heures aux manifestants, aux abords du parc d'Ambohijatovo, situé au fond d'une cuvette. Après de longues heures de face-à-face pacifique avec les forces de l'ordre, dans différents quartiers de la capitale, les manifestants ont finalement été autorisés à se rendre à Ambohijatovo, tout en scandant des « Miala Rajoelina » (« Rajoelina dégage »). Des messages dépassant désormais les questions des incessantes coupures d'eau et d'électricité.

C'est donc vers 15h30 que, pour la toute première fois, une foule compacte, en provenance de différents quartiers et villes alentours, s'est déversée au même endroit. Une véritable démonstration de force. Des milliers de manifestants déterminés ont pris possession des abords du parc avant que les forces de l'ordre, très nombreuses elles aussi, et appuyées de véhicules blindés, ne commencent leur long assaut à coups de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Les jeunes se sont défendus, renvoyant quand ils le pouvaient les grenades sur les forces d'intervention. Ces affrontements violents, aux allures de guérilla urbaine, ont duré jusqu'à 18h30.

Ce mardi soir, plusieurs mouvements syndicaux et branches professionnelles ont fait part de leur soutien aux manifestants, à commencer par le syndicat des Employés de la Jirama, la compagnie nationale d'eau et d'électricité, qui a annoncé se mettre en grève générale. L'ordre des avocats, lui, dénonce des violations graves et répétées des droits humains et des droits de la défense et appelle les autorités à se conformer à la Constitution et aux textes de loi en vigueur.

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Antananarivo n'est pas la seule ville à avoir connu des protestations. Dans le nord, à Diego Suarez, les manifestations ont aussi repris mardi avec de nouvelles revendications, les mêmes qu'à Antananarivo : le départ du président Rajoelina.

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