Rosine Korong, originaire de Sotouboua, dans le nord du Togo, collecte et transforme des amandes de karité depuis plusieurs années. Elle est aujourd'hui une fière membre de l'Association des Femmes Solingo, une coopérative créée il y a moins de deux ans grâce au projet « Vers des communautés de karité résilientes au climat au Togo et au Burkina Faso ».
L'engagement dans la coopérative a été une véritable révélation pour Rosine.
« Avant, je ramassais les fruits du karité, mais je ne savais pas comment les transformer en amandes ni même comment vérifier s'ils étaient bien séchés. Je n'avais pas non plus d'endroit sûr pour les stocker », se souvient-elle.
Grâce au projet, Rosine et ses pairs ont reçu des formations pratiques sur la transformation de qualité, ainsi qu'un accès à un entrepôt de stockage pour leurs produits.
Une vision partagée
Ces dernières années, la filière karité a été confrontée à deux grands défis : la disparition progressive des arbres due au changement climatique et le manque de soutien aux femmes collectrices. L'Alliance globale du karité s'engage à les autonomiser, en reconnaissant leur rôle central.
« Notre objectif est d'aider les productrices à accroître leur productivité et leurs revenus, à réduire les risques sanitaires et à s'organiser en coopératives ou petites entreprises pour mieux négocier avec les acheteurs », explique Aaron Adu, directeur général de l'Alliance globale du karité.
Le projet « Vers des communautés de karité résilientes au climat au Togo et au Burkina Faso », financé par le Fonds pour les changements climatiques en Afrique (ACCF) de la Banque africaine de développement avec 996 700 dollars et un cofinancement de 360 000 dollars de partenaires privés, vise à renforcer la résilience climatique de 7 500 productrices et de leurs communautés, soit environ 30 000 personnes.
Il soutient l'augmentation des revenus issus du karité et du miel, tout en promouvant une gestion communautaire durable des parcs à karité. Ses principales activités portent sur la formation en gestion coopérative et entrepreneuriale, l'appui en équipements, l'apiculture, la plantation et régénération naturelle des arbres, la construction d'entrepôts et l'élaboration de règlements locaux.
Au-delà du karité...
Au Togo, la récolte du karité s'étend de juin à octobre. En dehors de cette période, Rosine et ses consoeurs peinaient souvent à trouver des sources de revenus. Pour y remédier, le projet a introduit des formations en apiculture et a fourni du matériel moderne afin d'aider les coopératives à diversifier leurs activités.
Aujourd'hui, Rosine et ses consoeurs de la coopérative contribuent davantage aux dépenses de leur foyer grâce à leurs revenus accrus.
Concernant l'impact du projet, Rita Effah, coordinatrice de l'ACCF, a rappelé :
Nous savons qu'en général, lorsqu'une femme génère même un revenu modeste, il est utilisé pour soutenir sa famille. À travers ce projet, la résilience économique et climatique des femmes est renforcée, leur permettant de contribuer de manière significative à leur foyer et à leur communauté.
Du côté des bailleurs, Daphné Levasseur, première secrétaire et Agente principale de l'aide internationale du gouvernement du Canada pour le Programme de développement panafricain et régional, en visite dans le nord du Togo en juin 2025, a été impressionnée par les résultats :
« J'ai été très impressionnée non seulement par les interventions réalisées au sein de la communauté, mais aussi par les impacts visibles sur les coopératives et sur les familles », a-t-elle déclaré.
Au-delà des bénéfices économiques, les femmes sont désormais plus conscientes du rôle vital que jouent les arbres de karité dans leur écosystème et de leur responsabilité en tant que gardiennes de l'environnement.