Lorsque la pandémie de Covid-19 a frappé la République démocratique du Congo en mars 2020, le pays s'est retrouvé face à un double défi : contenir la propagation du virus et préserver une économie déjà vulnérable. Pour soutenir la riposte sanitaire et la relance économique, le Groupe de la Banque africaine de développement a mis en place le Programme d'appui budgétaire en réponse à la crise du Covid-19.
Ce programme, financé à hauteur de 140 millions de dollars américains, a permis notamment de développer la zone économique spéciale (ZES) pilote de Maluku, à Kinshasa, un chantier emblématique de la résilience économique du pays d'Afrique centrale.
Piloté par la Cellule de financement en faveur des États fragiles, agence fiduciaire d'exécution du projet, la zone économique spéciale pilote de Maluku visait à doter le site d'infrastructures modernes capables d'attirer les investisseurs et de dynamiser l'industrie congolaise. Grâce à ce projet, la zone s'est progressivement transformée en un pôle industriel attractif : routes internes bitumées, réseau complet d'adduction d'eau potable, système de drainage et d'assainissement, clôture périphérique sécurisée, réseau électrique appuyé par un transformateur de 75 mégavoltampères, et bâtiment administratif moderne abritant le guichet unique regroupant les services publics essentiels aux entreprises.
Pleinement opérationnelle, la ZES pilote de Maluku compte déjà plusieurs entreprises en activité. Parmi ces entreprises, Saphir Ceramics, spécialisée dans la production de carreaux et faïences, a une capacité de production de 50 000 m³ par jour, tandis que Varun Beverages, du groupe Pepsi, a investi 129 millions de dollars pour y développer son unité de production de soda, générant plus de 5 000 emplois directs et indirects. Ces investissements traduisent le potentiel de la zone économique spéciale à renforcer la compétitivité nationale et à stimuler la création d'emplois qualifiés.
Pour Jonathan Mutambay Mudingay, jeune ingénieur congolais, cette zone représente bien plus qu'un lieu de travail. « Je suis employé comme ingénieur dans la production chez Varum Baverages. Auparavant, j'ai eu l'opportunité de me faire former ici lors de mon recrutement par l'entreprise. C'est une véritable chance pour nous Congolais. ». Et d'ajouter : « Je voudrais dire à tous les jeunes ingénieurs de venir ici. Il suffit de mettre votre intelligence en action, et vous trouverez votre place. »
Cette expérience concrète illustre la portée du projet : un moteur de croissance inclusive, un laboratoire d'innovation industrielle et une vitrine de la diversification économique du pays.
Auguy Bolanda, directeur général de la ZES pilote de Maluku le confirme : « Aujourd'hui, nous avons une zone économique pilote qui servira d'exemple pour de futures zones à travers le pays. Grâce au guichet unique, les entreprises peuvent désormais gérer leurs démarches administratives et fiscales sur place. La ZES renforce l'attractivité de la région, crée des emplois et contribue à l'industrialisation locale. »
La zone économique spéciale pilote de Maluku illustre la vision du gouvernement de la République démocratique du Congo et du Groupe de la Banque africaine de développement, qui vise à transformer les défis en opportunités durables. En dotant la RDC d'infrastructures industrielles de base et d'un cadre propice à l'investissement, ce projet démontre qu'un tel partenariat peut produire des résultats concrets, tangibles et porteurs d'espoir pour toute une génération.