Sénégal: 16 jours d'activisme - Le gouvernement mise sur une riposte renforcée face aux violences en ligne

Les 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre sont une campagne internationale annuelle qui débute le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se poursuit jusqu’au 10 décembre, Journée des droits de l’homme.
26 Novembre 2025

L'édition 2025 de la campagne nationale des 16 jours d'activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles a été officiellement lancée, ce 25 novembre, à Gorée. Un lieu hautement symbolique choisi pour « faire le lien entre les violences systémiques du passé et les nouvelles formes de domination de l'ère du numérique », a déclaré Maimouna Dieye, ministre de la Famille et des Solidarités.

Cette année, l'accent est mis sur la violence numérique, devenue selon elle « une nouvelle arme de destruction silencieuse» à l'heure où les réseaux sociaux dominent le quotidien.Les chiffres de l'enquête nationale sur les violences faites aux femmes revelent que plus de 80 % des femmes déclarent avoir subi une violence en ligne, et 20,4 % avant l'âge de 18 ans.

« Le numérique doit être un espace d'émancipation, pas une nouvelle frontière de la violence », a-t-elle averti, rappelant les conséquences graves de ces violences sur la santé mentale des victimes.

La ministre de la Famille et des solidarités a réaffirmé les efforts de l'État pour s'adapter à ces nouvelles formes de violences. « La riposte se poursuit et s'adapte, notamment sur les plans législatif et institutionnel », insiste-t-elle. Elle a cité la loi de 2020 criminalisant les abus sexuels, ainsi que les textes relatifs à la cybercriminalité et à la protection des données, consolidés à travers la stratégie New Deal Technologique, qui vise un accès « inclusif et surtout sécurisé au numérique ».

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Maimouna Dieye a également mis en avant le protocole de collaboration multisectorielle regroupant Justice, Intérieur, Forces armées, Santé et Famille, destiné à assurer un accompagnement complet aux victimes.« Son objectif est simple mais vital : garantir un soutien holistique et intégré à chaque victime », souligne-t-elle.

Pour cette édition, le gouvernement ambitionne de « pénétrer les masses » grâce à des activités variées partout dans le pays : sensibilisation à la santé mentale et à la sécurité numérique, émissions dédiées, plaidoyer régional, ateliers pour les forces de l'ordre, roadshow dans la banlieue, ou encore actions de communication auprès des étudiants.

La ministre a profité de l'occasion pour lancer un appel solennel aux décideurs, qui doivent faire preuve d'un « engagement politique et financier inébranlable », à la société civile, dont « le rôle dans la sensibilisation, le renforcement des capacités et le dialogue est indéniable » et aux communautés et aux médias, car « la lutte contre les violences est l'affaire de tous ».

« La violence numérique n'est pas une fatalité, c'est un combat que nous pouvons gagner si nous luttons ensemble », a-t-elle martelé.Avant de clore son discours, elle a tenu à saluer les travailleurs sociaux, activistes, associations de victimes et personnels des centres d'accueil. « Votre courage et votre dévouement quotidien sont l'âme de ce combat », magnifie-t-elle.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.