À Abuja, la capitale du Nigéria, l'African University of Science and Technology (AUST) contribue à l'effort du continent pour renforcer l'enseignement supérieur dans les sciences, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques (STIM). Cette initiative, soutenue par le Groupe de la Banque africaine de développement, permet de former une nouvelle génération de chercheurs africains tout en ouvrant des perspectives cruciales aux femmes pour jouer un rôle de premier plan dans des domaines historiquement dominés par les hommes.
Dans le cadre du Projet d'appui aux Instituts Nelson Mandela - Institutions africaines des sciences et de la technologie (NMI-AIST), mis en oeuvre en deux phases de 2010 jusqu'à son achèvement en 2022, le Groupe de la Banque a soutenu trois centres d'excellence : l'Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2iE) à Ouagadougou, au Burkina Faso ; l'AUST à Abuja ; et la Nelson Mandela African Institution of Science and Technology (NMI-AIST) à Arusha, en Tanzanie. Ensemble, ces institutions forment un réseau conçu pour offrir une formation de classe mondiale, renforcer les écosystèmes de recherche et apporter des solutions scientifiques aux défis du développement de l'Afrique.
Au sein de ce réseau, l'AUST représente la participation du Nigéria et joue un rôle important dans l'élargissement des opportunités offertes aux femmes dans le domaine scientifique.
L'un des principaux moteurs de ces progrès est l'initiative « Femmes dans les sciences et l'ingénierie » (Women in Science and Engineering, WiSE) de la Banque africaine de développement, qui favorise l'accès, le leadership et la visibilité des femmes dans les domaines scientifiques à fort impact. Grâce à des bourses d'étude, du mentorat et un soutien à la recherche, WiSE a permis à des chercheuses de poursuivre des études supérieures, de contribuer au progrès scientifique et d'occuper des postes dans le milieu universitaire, le secteur industriel et les instituts de recherche.
Parmi les bénéficiaires, Aisha Aminu, mathématicienne spécialisée dans la théorie des opérateurs non linéaires, a pu financer ses études doctorales grâce au projet NMI-AIST. En 2025, elle a été sélectionnée pour participer au prestigieux Heidelberg Laureate Forum, rejoignant ainsi certains des jeunes chercheurs les plus prometteurs au monde. « Recevoir le financement du Groupe de la Banque africaine de développement pour étudier à l'AUST m'a mise en contact avec des mentors, permis d'accéder à du matériel et d'intégrer une communauté de chercheurs auxquels je n'aurais pas eu accès autrement, explique-t-elle. Ce soutien m'a aidée à garder le cap et à viser encore plus haut ».
Stella Nwachukwu-Dozie, une autre ancienne étudiante boursière du Groupe de la Banque, mène des recherches pionnières sur les nanoparticules d'or biosynthétisées pour le traitement ciblé du cancer du sein. Elle est aujourd'hui scientifique principale de laboratoire au National Biotechnology and Genetic Engineering Advanced Laboratory (SHESTCO), l'un des principaux centres de recherche fédéraux du Nigéria. Son parcours illustre la manière dont la formation financée par l'institution panafricaine se traduit par une expertise scientifique pertinente à l'échelle nationale.
L'engagement du Groupe de la Banque africaine de développement en faveur des femmes et des filles de science commence bien avant les études de troisième cycle. Au Nigéria, les activités soutenues par le projet comprennent des programmes de sensibilisation aux STIM dans les écoles secondaires, comme une campagne menée en 2021 qui a touché 310 élèves, dont 279 filles, ainsi que des stages de codage visant à susciter un intérêt précoce pour les carrières technologiques chez les adolescentes.
Les résultats obtenus à l'AUST soulignent la valeur du projet. Dans le cadre des programmes connexes de maîtrise et de doctorat, l'AUST Abuja a produit 398 diplômés, dont environ 35 % pour des femmes. Quelque 149 missions de professeurs invités ont contribué à améliorer la qualité de l'enseignement, en apportant une expertise supplémentaire et un encadrement renforcé. La modernisation des laboratoires, la mise à disposition de ressources TIC et l'élargissement de l'accès aux revues scientifiques ont permis de renforcer les capacités de recherche, contribuant ainsi à une croissance significative de la production scientifique évaluée par les pairs.
Les bourses d'études ont joué un rôle clé dans l'élargissement de l'accès à l'enseignement supérieur, avec 115 bourses de maîtrise et 90 bourses de doctorat octroyées à des étudiants originaires de toute l'Afrique. Le pôle AUSTInspire a également accompagné la création d'une quinzaine de start-up dirigées par des étudiants et des professeurs, renforçant ainsi les liens entre la recherche et l'entrepreneuriat.
Les recherches en cours à l'AUST portent notamment sur le traitement du cancer, en collaboration avec l'hôpital national d'Abuja, sur les techniques de remédiation à base de nanoparticules pour les zones de déversement de pétrole dans le delta du Niger, et sur le développement de matériaux de construction et de systèmes énergétiques durables.
Ce coup de projecteur sur le Nigéria reflète la réussite plus large du projet NMI-AIST, en particulier en matière de promotion des femmes dans les STIM ; il démontre comment l'investissement du Groupe de la Banque africaine de développement aide l'Afrique à développer le leadership scientifique nécessaire à une croissance inclusive et à une résilience à long terme.