Nairobi - La Banque africaine de développement, en collaboration avec l'Autorité kényane de régulation de l'énergie et du pétrole (EPRA), a organisé à Nairobi une session d'apprentissage de haut niveau par les pairs à l'intention des régulateurs africains du secteur de l'électricité. L'objectif de cette session était de renforcer les cadres de fixation des tarifs et d'améliorer les capacités réglementaires pour soutenir l'accès universel à l'énergie dans le cadre de la Mission 300.
Cette session d'une journée, organisée en marge de la 7e Conférence régionale annuelle sur la recherche et l'innovation de l'EPRA, a réuni plus de 15 régulateurs nationaux, opérateurs de services publics, régulateurs régionaux et partenaires du développement de toute l'Afrique afin de partager des expériences pratiques sur les meilleures approches en matière de cadres tarifaires de l'électricité, la réalisation d'études complètes sur le coût du service, ainsi que le renforcement de l'engagement des parties prenantes et de la gouvernance réglementaire.
L'événement se déroulait sur le thème suivant : « Renforcer les cadres de fixation des tarifs afin de favoriser l'accessibilité et la sécurité énergétiques pour un développement durable ».
S'exprimant à l'ouverture de la session, Callixte Kambanda, chef de la division des politiques, de la régulation et des statistiques énergétiques du Groupe de la Banque africaine de développement, a souligné le rôle essentiel des régulateurs dans la fourniture d'un accès à l'énergie durable sur le continent. « Parvenir à l'accès universel en Afrique nécessite davantage que des investissements dans les infrastructures ; cela exige de disposer de systèmes de régulation robustes, capables de concilier accessibilité, viabilité financière et confiance des investisseurs. Les régulateurs jouent un rôle central dans la création d'un environnement propice à la réalisation de la Mission 300, » a-t-il déclaré.
Cette session d'apprentissage par les pairs s'inscrivait dans le cadre du soutien plus large apporté par le Groupe de la Banque au titre du Programme d'assistance technique au secteur de l'énergie en Afrique (AESTAP), par l'intermédiaire duquel il aide les pays du continent à mettre en oeuvre des réformes politiques, réglementaires et institutionnelles, conformément à leurs pactes énergétiques nationaux. Cette session vise spécifiquement à soutenir les pays bénéficiant de l'assistance à la mise en oeuvre de la Mission 300 du Groupe de la Banque, notamment ceux qui entreprennent des réformes tarifaires.
Le cadre de révision tarifaire du Kenya a servi d'étude de cas pratique aux participants, l'EPRA ayant partagé les enseignements tirés de sa méthodologie tarifaire pluriannuelle, de son modèle de participation publique et de ses pratiques réglementaires axées sur la performance. Les discussions ont également porté sur les défis communs aux acteurs sectoriels, notamment les contraintes politico-économiques, la protection des consommateurs, l'intégration des énergies renouvelables, la viabilité financière des services publics et les possibilités de mobilisation des ressources nécessaires pour soutenir la « Mission 300 » dans l'ensemble des pays africains.
Cet événement était aligné sur la Mission 300, l'initiative conjointe du Groupe de la Banque mondiale et du Groupe de la Banque africaine de développement qui vise à raccorder 300 millions d'Africains à l'électricité d'ici à 2030. Dans ce contexte, l'institution panafricaine considère que des cadres réglementaires solides sont indispensables pour garantir la viabilité financière, l'attractivité pour les investisseurs et l'équité de cet élargissement de l'accès à l'électricité.
Le Groupe de la Banque apporte actuellement son soutien à plusieurs pays africains par le biais de l'AESTAP dans les domaines de la réglementation économique, technique et juridique, couvrant des outils tels que les réformes tarifaires, les études de coûts des services, l'amélioration des performances des services publics, les cadres conceptuels, la réglementation de la qualité de service, les politiques de raccordement au réseau et un renforcement plus large de la réglementation afin de mettre en oeuvre les engagements pris dans le cadre des pactes énergétiques nationaux.
En facilitant l'échange de connaissances entre les autorités de régulation, le Groupe de la Banque africaine de développement et l'EPRA visent à renforcer la coopération régionale, à accélérer l'harmonisation des approches réglementaires et à construire un réseau continental d'autorités de régulation équipées pour soutenir la transition énergétique de l'Afrique.