La Confédération africaine de football (CAF) traverse une zone de turbulences inédites. Ce dimanche 29 mars, lors d'un Comité exécutif très attendu au Caire, l'instance dirigeante a tenté de reprendre la main sur une situation qui semble lui échapper.
Entre l'annonce de nouvelles réformes, des démissions marquantes et le renvoi d'un dossier brûlant devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), la CAF a bien du mal à rassurer.
Tout le monde attendait la réaction de la CAF, mais ses réponses ont finalement soulevé encore plus de questions. En organisant une conférence de presse juste après la réunion, le président Patrice Motsepe a clairement essayé d'éteindre l'incendie. Pourtant, cette prise de parole publique révèle un malaise plus profond. En effet, depuis que le Sénégal a saisi le TAS, la logique aurait voulu que la CAF se taise et laisse la justice sportive faire son travail. En s'exprimant ainsi, l'instance donne surtout l'impression de vouloir influencer une affaire dont elle n'a plus vraiment le contrôle.
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Côté décisions, le Comité exécutif a promis de revoir en profondeur la composition de sa Commission d'appel. Désormais, elle sera formée par des juges et des avocats africains reconnus pour leur expérience. Ces derniers seront choisis par le Comité et l'Assemblée générale, sur proposition des 54 Fédérations membres. Cette mesure fait directement écho aux vives critiques nées après la finale, quand on a appris que le président de la Fédération tunisienne siégeait dans le jury d'appel. Même s'il n'y avait pas de conflit d'intérêts directs dans ce cas précis, cela a mis en lumière un vrai problème de fond : comment garantir l'impartialité si un membre de la commission est issu d'un pays directement impliqué dans un litige ? Il était temps que la CAF s'attaque à cette question.
L'autre grand événement de la journée, c'est l'annonce du départ du sécrétaire général, Véron Mosengo-Omba. Après plus de trente ans passés au poste de secrétaire général, il fait figure de victime expiatoire. Un sacrifice visiblement destiné à apaiser les tensions, alors que la pression, particulièrement forte du côté sénégalais, devenait insoutenable.
De son côté, Patrice Motsepe a joué la carte de l'apaisement : « Nous sommes tous Africains. On ne va pas se servir du football pour diviser les gens. » Il a même annoncé qu'il se rendrait prochainement au Sénégal. Mais ces belles paroles suffiront-elles à calmer les esprits ? Pour l'instant, tous les regards restent tournés vers Lausanne et la décision du TAS.
Au milieu de toute cette agitation, une nouvelle a tout de même fait l'unanimité : l'élargissement de la Coupe d'Afrique des Nations. Dès 2028, la compétition passera de 24 à 28 équipes, réparties en sept groupes de quatre. Une belle évolution qui permettra à plus de nations de défendre leurs couleurs sur la scène continentale.
En fin de compte, la CAF a montré qu'elle avait conscience de la crise et qu'elle essayait d'en tirer des leçons. Le problème, c'est que toutes ces belles annonces ne changeront rien à la décision finale, qui est désormais entre les mains du TAS. L'institution africaine se retrouve spectatrice de son propre destin.
