Il y a des coïncidences que seul le football sait créer. Ce jeudi 11 juin, à l'Estadio Azteca de Mexico, le coup d'envoi de la Coupe du monde 2026 sera donné par les deux mêmes nations qui avaient ouvert le Mondial 2010.
Il s'agit du Mexique et de l'Afrique du Sud. 16 ans plus tard, le même match d'ouverture, la même affiche, chargée d'une mémoire footballistique commune. Mais cette fois, très loin de la grisaille arc-en-ciel de Jo'burg et de son Soccer City ou FNB Stadium.
En 2010 à Johannesburg, les deux sélections s'étaient quittées sur un nul, 1-1, avec un but inoubliable de Siphiwe Tshabalala à la 55e minute et l'égalisation de Rafael Marquez 24 minutes plus tard. Une égalité qui avait la saveur d'un exploit pour les hôtes sud-africains. Ce soir, c'est l'inverse. Ce sont les Bafana Bafana qui foulent la pelouse d'un stade étranger, mythique entre tous, pour ouvrir la plus grande Coupe du monde de l'histoire.
Car l'Afrique du Sud n'est pas n'importe quel participant. Elle est le premier pays africain à entrer en lice dans ce Mondial à 48 équipes, porte-drapeau d'un continent qui compte 10 représentants. Les Bafana Bafana retrouvent la scène mondiale après 16 années d'absence, depuis qu'ils avaient organisé le Mondial 2010. C'est leur 4e phase finale, après 1998, 2002 et 2010. Un retour attendu, symbolique et porteur d'une immense responsabilité continentale.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Par contre, une certaine lucidité doit s'imposer. Les forces de l'équipe résident dans sa stabilité défensive, son bloc médian compact, la vitesse de ses ailiers comme Oswin Appollis, et surtout le gardien Ronwen Williams, l'un des meilleurs du continent à son poste. Mais le manque d'un buteur régulier demeure une faiblesse criante pour cette formation. Cela a été observé lors de sa dernière CAN; l'équipe avait été éliminée en 8e avec l'un des pires bilans offensifs. Son sélectionneur Hugo Broos a néanmoins construit un bloc discipliné, misant sur l'énergie collective, la vitesse de Lyle Foster et de Percy Tau, et le leadership de Ronwen Williams.
Dans ce groupe A qui oppose également la Corée du Sud et la Tchéquie, les Bafana Bafana peuvent légitimement croire à leurs chances de qualification. L'objectif affiché par le staff est clair: devenir la première sélection sud-africaine à atteindre les phases à élimination directe d'une Coupe du monde.
Mais pour y croire, il faut d'abord résister ce soir à la ferveur de l'Azteca Stadium. Le Mexique, pays hôte, aborde ce match d'ouverture avec un bilan remarquable sur sa pelouse, restant invaincu lors de ses rencontres de Coupe du monde disputées dans cette enceinte. La pression sera immense. Pourtant, l'histoire récente montre que les premières pierres d'une épopée se posent souvent dans l'adversité.
En 2010, Tshabalala avait électrisé le monde entier d'un seul geste. Ce soir, une nouvelle génération de Bafana Bafana a rendez-vous avec sa propre histoire.
