Alors que les pays africains sont confrontés à des besoins croissants en capitaux pour renforcer leur résilience, développer leurs infrastructures et créer des emplois, le Burkina Faso envoie un signal clair : le développement du continent ne peut pas dépendre uniquement des financements extérieurs.
En apportant une contribution de 100 millions de francs CFA (environ 167 000 dollars) au titre de la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17), le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement, le Burkina Faso renforce l'un des principaux instruments de financement du développement du continent et fait progresser un mouvement plus large vers une appropriation africaine de l'architecture financière du continent.
S'exprimant sur l'importance de la première contribution du Burkina au Fonds, le ministre de l'Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo a souligné que « la contribution du Burkina Faso au FAD-17 reflète notre conviction que l'Afrique doit prendre son destin en main et participer activement au financement de sa propre transformation. »
Cette contribution intervient à un moment où les pays africains s'efforcent de repenser la manière dont les financements du développement sont mobilisés, gouvernés et déployés. La Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), adoptée dans le cadre du Consensus d'Abidjan, préconise la mise en place d'un écosystème financier africain plus solide et mieux coordonné, capable de mobiliser davantage de ressources nationales, de renforcer les institutions africaines, de réduire la dépendance et d'orienter les capitaux vers les priorités du continent.
Les contributions africaines au FAD-17 s'inscrivent dans une évolution plus large vers un partage des responsabilités et une appropriation commune des institutions qui financent la résilience, l'intégration régionale, la croissance du secteur privé et le renouveau économique à long terme.
Pour le Burkina Faso, cette contribution au Fonds s'appuie sur cinq décennies de résultats concrets. Depuis 1972, le Fonds africain de développement a financé plus de 120 projets dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, pour un montant de plus de 2,4 milliards de dollars. Ces ressources ont profité à des secteurs essentiels à la croissance à long terme du pays, notamment l'agriculture, les transports, l'énergie, l'eau et l'assainissement, le développement social et les opérations multisectorielles.
L'impact du Fonds est visible dans les systèmes qui façonnent la vie quotidienne et la compétitivité à long terme, de la production alimentaire au commerce régional.
Financé initialement à hauteur de 38,4 millions d'euros par le Groupe de la Banque africaine de développement dans le cadre de la Facilité africaine de production alimentaire d'urgence, le Projet d'urgence pour le renforcement de la production agricole a aidé le Burkina Faso à accroître sa production alimentaire à un moment où les ménages et les marchés subissaient de fortes pressions. Le projet a permis de distribuer près de 8 500 tonnes de semences à plus de 275 000 producteurs et de fournir plus de 34 000 tonnes d'engrais à près de 325 000 producteurs.
Les rendements agricoles ont augmenté de 224 % pour le riz, de 165 % pour le maïs, de 91 % pour le niébé et de 33 % pour le sorgho, ce qui a permis d'accroître la production agricole du pays de plus de 1,18 million de tonnes.
Le Fonds a également contribué au renforcement des corridors reliant le Burkina Faso aux marchés régionaux. Le Projet de réhabilitation du corridor Lomé-Cinkansé-Ouagadougou, d'un montant de 325 millions de dollars, financé à 70 % par le Fonds africain de développement et la Facilité pour les États fragiles, a permis de moderniser l'une des principales voies commerciales du pays, grâce à la réhabilitation de 303 kilomètres de route, dont 153 kilomètres au Burkina Faso et 150 kilomètres au Togo.
Le projet a permis d'améliorer la fluidité du trafic, les services logistiques et la sécurité routière le long du corridor, tandis que les échanges commerciaux entre le Burkina Faso et le Togo ont augmenté de 33 % après la réhabilitation du tronçon Koupéla-Bitou-frontière du Togo.
Ce projet a également permis d'améliorer la connectivité locale grâce à 40 kilomètres de routes rurales et à la construction ou la réhabilitation d'une vingtaine d'infrastructures socio-économiques. Pour un pays enclavé, ce type d'infrastructures est essentiel à la compétitivité. Il relie les producteurs aux marchés, réduit les contraintes de transport, renforce l'intégration régionale et crée des conditions plus favorables aux activités du secteur privé.
« Forts des succès obtenus grâce aux investissements du Groupe de la Banque africaine de développement, nous renforçons aujourd'hui cet engagement mutuel en faveur d'un partenariat axé sur l'innovation et la transformation structurelle de nos économies. En contribuant au Fonds africain de développement, nous affirmons notre volonté de construire un partenariat équilibré, axé sur des résultats concrets au service de nos populations », a souligné M. Nacanabo.
C'est là tout le message du FAD-17 et de la NAFAD : les pays africains ne sont pas seulement les bénéficiaires de financements concessionnels. Ils sont des co-investisseurs dans une plateforme commune conçue pour soutenir les institutions dont l'Afrique a besoin pour financer ses propres priorités.
Pour le Burkina Faso, cette contribution affirme la confiance dans un pacte de développement axé sur les résultats. Pour le Groupe de la Banque, elle renforce la dynamique croissante en faveur d'une appropriation africaine du financement du développement du continent.
Cet article fait partie d'une série qui met en lumière le rôle des pays africains dans le soutien au FAD-17 et la promotion de solutions de développement portées par l'Afrique. Suivez cette série grâce au hashtag #ADFDelivers.