Le Conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé un prêt de 255 millions de dollars du Fonds africain de développement, son guichet concessionnel, ainsi qu'un don de 10 millions de dollars de la Facilité de financement du Processus de Rome/Plan Mattei afin de soutenir la participation de la Zambie à l'initiative de développement du corridor de Lobito. Le soutien de l'institution panafricaine de développement s'inscrit dans le cadre d'un effort coordonné avec des partenaires multilatéraux et bilatéraux visant à promouvoir une approche intégrée du corridor économique.
Le corridor de Lobito s'étend du port angolais de Lobito jusqu'à la région minière transfrontalière de la Copperbelt, à la frontière entre la République démocratique du Congo et la Zambie, reliant ainsi l'Afrique australe à l'Afrique centrale.
Grâce à cette première phase de financement, le Groupe de la Banque contribue à jeter les bases d'un modèle intégré de développement qui associe les infrastructures de transport à la facilitation du commerce, à l'agriculture, à l'énergie, au développement urbain et au renforcement des capacités institutionnelles.
Le projet de développement du corridor économique intégré de Lobito devrait avoir un effet transformateur et jouer un rôle catalyseur sur le développement industriel et le commerce régional. En reliant la Copperbelt zambienne et d'autres régions riches en ressources minérales et agricoles au port atlantique angolais de Lobito, ce corridor offrira une voie d'exportation plus efficace, réduira les coûts logistiques, renforcera la fiabilité des chaînes d'approvisionnement et ouvrira de nouvelles opportunités d'investissement en Zambie et dans l'ensemble de la région de l'Afrique australe. L'accent mis par le projet sur l'autonomisation des femmes et l'emploi des jeunes soutiendra également la croissance inclusive, la résilience et l'amélioration des moyens de subsistance.
« Le corridor de Lobito est bien plus qu'un simple investissement dans les transports ; c'est une plateforme pour l'intégration régionale, l'industrialisation et la transformation économique. Cette décision marque une étape importante vers l'ouverture de nouvelles opportunités commerciales, d'investissement et d'emploi dans toute la région », a déclaré Mike Salawou, directeur du département des Infrastructures et du Développement urbain au Groupe de la Banque africaine de développement.
Dans le cadre de ce projet, qui prévoit la construction d'une nouvelle ligne ferroviaire reliant la Zambie au port de Lobito en Angola, quelque 550 km d'infrastructures ferroviaires seront construits en Zambie et 105 km de la route Mwinilunga-Jimbe seront modernisés. En outre, des mesures de facilitation du commerce, un soutien institutionnel et un renforcement des capacités seront mis en oeuvre. Le financement de la Banque sera déployé par phases. L'approbation actuelle représente la première tranche au titre du FAD-16, d'un montant d'environ 255 millions de dollars, une mobilisation de ressources supplémentaires étant envisagée pour atteindre jusqu'à 500 millions de dollars lors des phases ultérieures.
Cette opération permettra d'améliorer l'accès au capital grâce au cofinancement et à la participation du secteur privé, créera des emplois et développera les compétences. Elle permettre en outre de construire des infrastructures résilientes au changement climatique tout en générant de la valeur ajoutée grâce à des investissements intégrés dans les réseaux ferroviaires et routiers. Elle soutient également le Cadre stratégique d'intégration régionale de la Banque et le Document de stratégie d'intégration régionale pour l'Afrique australe.
Ce projet contribuera à opérationnaliser l'approche par corridor de la Banque grâce à un corridor pilote bancable et à fort impact, qui pourra servir de plateforme pour conclure des accords afin d'attirer des capitaux privés. Cette approche s'appuie sur les résultats du Projet de facilitation du commerce dans le corridor de Lobito, financé par la Banque et toujours en cours, et soutient l'opérationnalisation de l'Agence de facilitation du transport en transit du corridor de Lobito.
Ce projet devrait permettre de créer quelque 500 emplois permanents et 5 000 emplois temporaires dans la construction, la logistique, les opérations aux postes-frontières à guichet unique et les services professionnels. Au moins 300 personnes seront formées à la construction et à l'entretien des infrastructures ferroviaires et routières, et 50 autres à la gestion du corridor, à la logistique, à la protection du climat, au suivi et à l'évaluation, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes.