Eswatini - La fin d'une attente éprouvante pour l'accès à l'eau dans la région de Manzini

2 Juillet 2026
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African Development Bank (Abidjan)

Depuis des générations, le manque d'eau façonne le quotidien des habitants de la région de Manzini, en Eswatini.

À Nhlambeni, Manzini Sud, Mthongwaneni, Mafutseni et Manzini Nord, des milliers de familles ont organisé leur quotidien autour d'une contrainte devenue permanente : l'absence d'un accès fiable à l'eau. Un quotidien rythmé par de longues marches jusqu'aux rivières et aux sources saisonnières, la collecte de l'eau de pluie, l'attente des camions-citernes, le rationnement de l'eau reçue et la négociation discrète pour pouvoir accéder au forage tard dans la nuit.

Dans certaines régions, les familles ont dû partager leurs points d'eau avec le bétail, un compromis quotidien entre la nécessité de s'approvisionner et les risques pour leur santé.

Aujourd'hui, cette longue période d'épreuves touche à sa fin.

En mars 2024, le gouvernement du Royaume d'Eswatini a lancé le chantier du Projet d'approvisionnement en eau et d'assainissement de la région de Manzini, soutenu par un financement du Groupe de la Banque africaine de développement.

" Nous avons hâte que l'eau coule de nos robinets 24 heures sur 24. L'attente a été longue et éprouvante pour notre communauté," témoigne Jabulile Dlamini, membre de l'Inner Council de la chefferie de Khamatho, dans la circonscription de Mafutseni.

Le projet comprend une station d'épuration moderne d'une capacité de 25 millions de litres par jour, alimentée par un réseau de conduites principales et des réservoirs pouvant stocker 21 millions de litres. Les équipes installent également plus de 350 kilomètres de réseaux de distribution, ainsi que jusqu'à 14 bornes-fontaines et 20 installations sanitaires publiques, afin de rapprocher l'eau potable des communautés. Cette initiative contribue à l'objectif plus large de l'Eswatini d'atteindre l'accès universel à l'eau et à l'assainissement d'ici à 2030.

En Eswatini, le taux d'accès à des services d'eau potable de base est de 80,4 %, tandis que le taux d'accès à des services d'eau potable gérés de manière sûre s'élève à 38,2 %. L'accès à des services d'assainissement de base s'élève à 64,5 %, contre 60,8 % pour les services d'assainissement sûrs. Ces chiffres soulignent clairement pourquoi l'extension du réseau de Manzini est essentielle pour combler ce fossé.

Les premiers signes de soulagement se font déjà sentir

Les travaux étant désormais achevés à 92 %, la transformation est déjà visible. Les horaires de distribution d'eau ont été étendus et la pression a fortement augmenté dans plusieurs quartiers grâce aux interconnexions entre les anciens et les nouveaux réseaux d'approvisionnement. Lorsque le projet sera mis en service plus tard cette année, il permettra de fournir un service d'eau potable fiable à environ 35 000 personnes, transformant ainsi le quotidien des familles dans la zone couverte par le projet.

Lors d'une mission de supervision du Groupe de la Banque africaine de développement en mai 2026, l'attente suscitée par le projet était palpable. À Mafutseni, les habitants ont parlé ouvertement de leurs difficultés actuelles. Nombre d'entre eux ont évoqué le coût élevé de l'achat d'eau auprès des camions-citernes qui ne passent parfois qu'une fois par semaine.

D'autres ont raconté les longues heures exténuantes passées à aller chercher de l'eau à des sources éloignées, ainsi que le fardeau que cela représente pour les membres âgés de leur famille, qui doivent encore se rendre à pied jusqu'aux rivières pour s'approvisionner en eau. Dans certaines régions, ces mêmes sources d'eau servent également à abreuver le bétail et sont utilisées pour laver le linge, ce qui soulève des inquiétudes en matière de santé et d'hygiène.

"Nous avons hâte de disposer d'une eau potable et saine," confirme Simon Mtsetfwa, un autre membre de l'Inner Council de la circonscription de Mafutseni, laissant transparaître le poids de décennies d'attente.

Malgré ces défis, l'optimisme ne cesse de gagner du terrain

Les membres de la communauté sont convaincus que ce projet améliorera la santé et la qualité de vie, réduira les dépenses d'eau des ménages, créera des opportunités de jardinage à petite échelle et allègera la charge que représente l'accès à l'eau. Ils ont salué l'installation de compteurs prépayés, reconnaissant leur potentiel à donner aux ménages les moyens de gérer efficacement leur consommation d'eau. Ils ont en outre apprécié la construction de bornes-fontaines et d'installations sanitaires dont les emplacements avaient été choisis en concertation avec la communauté. L'Eswatini Water Services Corporation (Société des services d'eau d'Eswatini) continuera de collaborer avec les communautés pour garantir la sécurité hydrique et le bon fonctionnement de ces installations.

Pour les communautés qui ont attendu si longtemps, l'achèvement de ce projet représente bien plus qu'une nouvelle infrastructure. Il constitue la promesse d'un soulagement face aux difficultés quotidiennes, d'une amélioration de la santé et de la dignité, et de la possibilité de bâtir un avenir plus sûr.

Comme le suggèrent les propos de Mme Dlamini, cela n'a jamais été un simple projet d'infrastructure, mais plutôt une attente chargée d'émotion.

Pour de nombreuses familles de la région de Manzini, le long parcours pour aller chercher de l'eau touche enfin à sa fin.

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