Le Groupe de la Banque africaine de développement a organisé, le 30 juin à Tunis, un séminaire régional consacré à la mobilisation à grande échelle des ressources pour le financement du développement en Afrique du Nord, complété par un dialogue national sur les priorités de financement de la Tunisie. Ce séminaire s'inscrit dans le prolongement du thème central des Assemblées annuelles 2026 de la Banque, tenues en mai à Brazzaville.
Dans un environnement international marqué par le resserrement des conditions de financement, la raréfaction des ressources concessionnelles, la fragmentation de l'économie mondiale et la hausse durable du coût du capital, la mobilisation des ressources devient un levier stratégique pour permettre aux pays de la région de mieux maîtriser leur trajectoire de développement.
« Les transformations en cours de l'économie mondiale invitent à identifier de nouvelles approches pour soutenir les ambitions de financement du développement des pays d'Afrique du Nord. » a déclaré Mohamed El Azizi, directeur général de la Banque africaine de développement pour l'Afrique du Nord
Les discussions ont mis en évidence que le défi de financement de l'Afrique du Nord ne réside pas uniquement dans la disponibilité des capitaux, mais dans la capacité à les canaliser vers des investissements productifs. La région dispose d'atouts importants -- épargne domestique significative, investisseurs institutionnels en croissance, fonds souverains, secteur privé dynamique, diaspora active et position géostratégique reliant l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient. Ces ressources demeurent toutefois insuffisamment orientées vers l'investissement productif, en raison d'une intermédiation financière limitée, de marchés de capitaux peu profonds et d'une offre restreinte d'instruments de long terme.
A la suite du séminaire régional, un dialogue national consacré à la Tunisie, a réuni près de 60 participants issus des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé et de la société civile. Cette seconde session a approfondi ces enjeux autour de trois leviers complémentaires. La mobilisation des ressources fiscales intérieures, d'abord, à travers la rationalisation des dépenses fiscales, l'élargissement progressif de la base imposable et la modernisation numérique de l'administration. La mobilisation du capital privé et des financements innovants, ensuite, en renforçant les partenariats public-privé, la finance mixte et la canalisation des transferts de la diaspora -- 2,96 milliards de dollars en 2025, soit 6,5 % du PIB. Le renforcement de l'architecture financière, enfin, par le développement du marché des capitaux, l'approfondissement de la finance verte et islamique et la mobilisation des investisseurs institutionnels.
« Le partage des bonnes pratiques et le renforcement de la coopération régionale constituent des leviers essentiels pour accroître durablement la mobilisation des ressources nationales et internationales, accélérer la transformation structurelle des économies et bâtir un modèle de développement plus résilient, plus inclusif et davantage porté par les propres ressources de l'Afrique du Nord. » a souligné Malinne Blomberg, directrice générale adjointe du Groupe de la Banque africaine de développement pour l'Afrique du Nord et responsable pays pour la Tunisie
À l'issue des échanges, la Banque africaine de développement a réaffirmé son engagement à accompagner ses pays membres régionaux dans leurs efforts de mobilisation des ressources, à travers le financement d'opérations, le partage d'expériences comparées, la production de connaissances et le déploiement d'instruments financiers innovants adaptés aux priorités nationales et régionales.