Le Mozambique a franchi, vendredi, une étape majeure en matière de résilience face aux catastrophes grâce à la technologie, avec l'achèvement de son Projet de technologie des drones et la remise de diplômes à 30 pilotes locaux certifiés.
La Première ministre mozambicaine, Maria Benvinda Levi, a présidé la cérémonie, soulignant l'importance nationale de l'utilisation des drones pour renforcer la préparation et la réponse aux catastrophes. « L'utilisation des drones dans la gestion des catastrophes naturelles est une initiative qui incarne l'engagement du gouvernement à adopter des technologies innovantes pour surveiller les phénomènes météorologiques extrêmes, contribuant ainsi à la protection des vies humaines et du tissu social et économique de notre pays. », a-t-elle déclaré.
Elle s'est adressée ensuite aux nouveaux pilotes diplômés : « Le certificat que vous recevez aujourd'hui représente bien plus qu'une simple autorisation de piloter. Vous ferez désormais partie intégrante de la première ligne de réponse du pays. Cette mission doit être menée avec discipline et responsabilité, car un drone bien piloté peut accomplir en peu de temps ce qu'une équipe mettrait des jours à faire dans les zones sinistrées. Un drone bien piloté permet aux équipes de recherche et de sauvetage d'obtenir des informations précieuses sur les personnes qui ont besoin d'aide et sur le type d'aide nécessaire. »
Le Mozambique est confronté à des vulnérabilités climatiques croissantes. Les cyclones de plus en plus fréquents et les tempêtes tropicales de plus en plus intenses provoquent des inondations dévastatrices qui entraînent le déplacement de milliers de personnes et détruisent les infrastructures. Par ailleurs, les sécheresses prolongées menacent la sécurité alimentaire et les ressources en eau, tandis que l'élévation du niveau de la mer met en danger les communautés et les écosystèmes côtiers.
Des responsables publics ont averti que les mécanismes classiques d'intervention en cas de catastrophe n'étaient pas à la hauteur de la rapidité et de l'ampleur des urgences climatiques.
Le Groupe de la Banque africaine de développement a soutenu cette initiative en étroite collaboration avec le gouvernement du Mozambique. Financé par le Fonds fiduciaire de coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), ce projet a renforcé les capacités du Mozambique à tirer parti des technologies de drones. Ces outils de pointe contribueront désormais à la gestion des risques de catastrophe, aux interventions d'urgence et à la résilience climatique à long terme.
Rômulo Cunha Corrêa, chef du bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement au Mozambique, a confirmé que le projet avait produit des résultats concrets et durables. L'initiative a été financée par un don de 967 000 dollars de la KOAFEC. Elle a été mise en oeuvre avec succès sur une période de 15 mois après son lancement en avril 2025.
« Ce projet va au-delà de la simple fourniture d'équipements. Il s'agit de transfert de technologie, de renforcement des capacités, d'innovation et de résilience à long terme », a précisé M. Corrêa, ajoutant qu'il avait aidé le Mozambique à « bâtir les fondements humains et techniques nécessaires pour utiliser des drones, des capteurs, des données géospatiales et des systèmes numériques afin de mieux protéger les communautés et les infrastructures ».
Selon M. Corrêa, cette initiative est « pleinement conforme à l'engagement de la Banque en faveur de la résilience climatique, de la transformation numérique et du développement durable en Afrique ». Il a ajouté qu'ensemble, la Banque, le gouvernement du Mozambique, la République de Corée et le Busan Technopark avaient posé des bases solides pour une coopération durable et l'innovation future dans le domaine de la gestion des catastrophes par drones.
Ce projet a apporté bien plus que des drones. Il a permis de mettre en place un système durable et géré localement pour l'évaluation des catastrophes et les interventions d'urgence. Plus important encore, il a permis de renforcer les capacités humaines nécessaires pour assurer la pérennité de ces opérations à long terme.
Des équipes techniques de la République de Corée ont piloté la mise en oeuvre. Le Busan Technopark a dirigé les efforts en collaboration avec Hojung Solution et PNU Drone, de l'université nationale de Pusan en Corée. En collaboration avec l'équipe du Groupe de la Banque africaine de développement et leurs homologues mozambicains, elles ont fourni des technologies de drones sur mesure, des formations pratiques et un système de gestion des catastrophes adapté aux besoins locaux.
Ce système a été testé bien plus tôt que prévu. Lorsque de graves inondations ont frappé le pays en janvier et février 2026, les partenaires ont déployé une équipe d'intervention d'urgence par drones. En collaboration avec les autorités nationales, ils ont fourni des évaluations en temps réel de l'étendue des inondations. Cela a constitué la première démonstration concrète des capacités du projet dans des conditions réelles.
Trente nouveaux pilotes de drones, prêts à entrer en service
Au coeur de la cérémonie, 30 pilotes de drones nouvellement certifiés ont reçu leurs diplômes respectifs. Ils ont été formés aux interventions en cas de catastrophe, à l'agriculture, à la topographie et à la gestion des infrastructures. Ce programme axé sur la pratique a remporté un franc succès auprès des stagiaires.
Le programme de la cérémonie de remise des diplômes comprenait notamment une démonstration en direct de vol de drone illustrant les opérations aériennes d'urgence.
Eunicia Sambo, pilote diplômée, a fait part de sa fierté de contribuer à la sécurité de la communauté : « Aujourd'hui, nous célébrons une réussite, mais nous assumons également une nouvelle responsabilité. Le certificat que nous avons reçu marque le début d'une mission qui exige une mise à jour permanente, de l'innovation et un engagement envers le service public. Au nom des diplômés, nous réaffirmons notre engagement à servir le Mozambique avec compétence, dévouement, professionnalisme et dans un esprit de service public. »
Kisook Kwon, directeur du Busan Technopark, a qualifié les 30 pilotes diplômés de plus grande réussite du projet. M. Kwon a souligné que cette initiative visait à utiliser la technologie pour améliorer les conditions de vie. Changwoo Baek, directeur de PNU Drone, a ajouté que ce projet posait des bases durables pour l'industrie des drones au Mozambique. Hojung Solution a noté que l'intervention menée plus tôt cette année, lors des inondations de janvier-février 2026, avait démontré la valeur immédiate de ces capacités mises en place.
Perspectives de coopération : de Maputo à Séoul
La cérémonie a clos un chapitre de la coopération entre la Banque africaine de développement, le Mozambique et la Corée, tout en en ouvrant un nouveau. Forts de cette dynamique, les parties prenantes prévoient d'étendre la coopération axée sur la technologie à l'ensemble de l'Afrique.
Cette dynamique se poursuivra lors de la huitième Conférence ministérielle de la KOAFEC, prévue du 8 au 11 septembre 2026 à Séoul. Organisée sur le thème « Exploiter l'IA et les infrastructures numériques pour la transformation de l'Afrique », la conférence réunira des parties prenantes africaines et coréennes afin de promouvoir le même type de partenariat technologique présenté à Maputo.
Ce projet témoigne de l'engagement du Groupe de la Banque africaine de développement en faveur de la transformation numérique et de la résilience climatique sur le continent.