Le Conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé un financement pouvant atteindre 110 millions de dollars pour soutenir le développement du projet éolien d'Aysha de 300 MW, premier producteur indépendant d'électricité éolienne d'Éthiopie. Une fois achevée, ce sera la plus grande centrale éolienne du pays.
L'appui du Groupe de la Banque comprend un prêt BAD de 80 millions de dollars, un autre de 20 millions de dollars du Fonds pour les technologies propres et 10 millions de dollars du Fonds pour l'énergie durable en Afrique.
La Banque contribuera également à mobiliser un financement supplémentaire de 381,1 millions de dollars auprès d'autres institutions de financement du développement pour la réalisation de ce projet dont le coût total s'élève à 508 millions de dollars.
Développé, détenu et exploité par AMEA Power, le projet comprend la conception, la construction, l'exploitation et la maintenance d'un parc éolien de 300 MW construit sur un site vierge près d'Aysha, dans la région Somali d'Éthiopie. Il permettra également la construction d'une ligne de transport d'électricité de cinq kilomètres et la modernisation du poste de transformation existant d'Aysha II. Aux termes d'un contrat d'achat d'électricité d'une durée de 25 ans, Ethiopian Electric Power sera l'acheteur unique et deviendra propriétaire de la ligne de transport une fois celle-ci achevée.
La centrale devrait produire environ 1 189 gigawattheures d'électricité propre par an, contribuant ainsi de manière significative à l'approvisionnement énergétique de l'Éthiopie et favorisant l'accès universel à l'électricité grâce à une énergie propre, fiable et abordable. Ce projet renforcera également la sécurité énergétique du pays en diversifiant son mix énergétique, actuellement dépendant à 96 % de l'hydroélectricité. Il permettra d'accroître la résilience du réseau électrique face aux aléas climatiques et d'améliorer sa fiabilité globale.
Wale Shonibare, directeur du Département des solutions financières, de la politique et de la régulation de l'énergie du Groupe de la Banque, a décrit l'approbation du projet comme un moment charnière pour le secteur énergétique éthiopien.
« Aysha démontre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires au développement et les sponsors privés collaborent pour relever de front les défis liés à la bancabilité », a déclaré M. Shonibare. « En tant que co-arrangeur chef de file mandaté aux côtés de la Société financière internationale, nous avons structuré un montage financier inédit pour l'Éthiopie, combinant dette senior à long terme, financement concessionnel et mécanismes novateurs d'atténuation des risques, créant ainsi un modèle reproductible pour les futurs investissements dans le secteur de l'énergie », a-t-il précisé.
Cette centrale devrait générer d'importants bénéfices climatiques, en évitant l'émission d'environ 1,39 million de tonnes de CO₂ pendant les 25 années de la durée du contrat. Elle créera également jusqu'à 1 525 emplois directs pendant la construction et 30 emplois permanents liés à l'exploitation, ainsi qu'environ 35 645 emplois indirects dans la chaîne d'approvisionnement et les secteurs connexes, principalement grâce à la croissance du PIB induite par la capacité de production d'électricité supplémentaire du pays.
Ce projet soutient directement le Programme national d'électrification de l'Éthiopie et l'objectif du pays d'assurer l'accès universel à l'électricité d'ici 2030, ainsi que sa Contribution déterminée au niveau national et ses ambitions à long terme de neutralité carbone, en accélérant les investissements du secteur privé dans les énergies renouvelables. Il s'inscrit pleinement dans l'objectif de la Mission 300 visant à fournir l'accès à l'électricité à 300 millions de personnes en Afrique d'ici 2030.