Assemblées annuelles 2026 de l'ACEA - L'Afrique fait de l'économie circulaire un levier de son industrialisation

30 Juillet 2026
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African Development Bank (Abidjan)

Les Assemblées annuelles 2026 de l'Alliance africaine pour l'économie circulaire (ACEA) se sont achevées sur une priorité : donner corps aux engagements du continent en mobilisant des investissements, en développant des entreprises et en structurant des filières industrielles capables de porter l'économie circulaire à grande échelle.

Ces Assemblées, tenues du 30 juin au 2 juillet à Abidjan, en Côte d'Ivoire, autour du thème « Accélérer la transition circulaire de l'Afrique : des politiques à l'action sectorielle », ont réuni les représentants des 23 pays membres de l'ACEA, ainsi que des partenaires du développement, des institutions financières, des responsables d'entreprises, des organismes de normalisation et des organisations professionnelles, avec l'appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du Partenariat pour l'action en faveur d'une économie verte (PAGE). Le gouvernement de la Côte d'Ivoire, pays hôte, a accueilli l'événement aux côtés du Groupe de la Banque africaine de développement, qui héberge l'Alliance et la soutient par l'intermédiaire du Fonds africain pour l'économie circulaire (ACEF).

Des ressources aux chaînes de valeur africaines

Alors que les économies africaines croissent, leur capacité à mieux valoriser les ressources du continent demeure un enjeu majeur. Le réemploi, la réparation, la remanufacturation et le recyclage peuvent favoriser l'émergence de nouvelles industries, réduire la dépendance aux importations et ouvrir des perspectives d'emploi. Le Plan d'action de l'Union africaine pour l'économie circulaire 2024-2034 donne à cette ambition un cap continental. La Zone de libre-échange continentale africaine lui offre l'espace économique pour structurer des marchés régionaux et consolider des chaînes de valeur africaines.

« L'Afrique doit retenir une part plus importante de la valeur sur le continent. Pendant trop longtemps, elle a exporté ses matières premières pour importer des produits finis au détriment de son industrialisation et de la création d'emplois. L'économie circulaire ouvre une autre voie, fondée sur la récupération, la réparation, la remanufacturation et le réemploi des ressources au sein même de nos économies », a déclaré le directeur du département du Changement climatique et de la Croissance verte à la Banque africaine de développement, Anthony Nyong. Il a ajouté que cette transition suppose une nouvelle approche de la valorisation des ressources.

Les discussions sur les minéraux critiques ont donné corps à cette perspective. Dans un contexte d'accélération de la demande mondiale, l'abondance des ressources devra se doubler d'une capacité africaine à les transformer localement, à développer les compétences et à bâtir des industries régionales compétitives. Les participants ont appelé à renforcer les investissements dans les entreprises circulaires, à élargir leur accès au financement, à harmoniser les normes et à ouvrir les marchés pour permettre aux initiatives prometteuses d'atteindre une dimension industrielle.

Le changement d'échelle devra s'accompagner d'une transition juste. Au nom du PAGE, l'Organisation internationale du travail a souligné l'importance de créer des emplois décents et de garantir l'inclusion des groupes vulnérables. Quant au PNUD, il a rappelé la portée économique de cette transformation : « En maintenant les matières en circulation, en prolongeant la durée de vie des produits et en développant des chaînes de valeur régionales, les pays africains peuvent créer des emplois, renforcer leur résilience, soutenir leur industrialisation et accélérer les progrès vers le développement durable. Le moment est venu de passer des engagements à une mise en oeuvre à grande échelle », a déclaré Gaël Ollivier, représentant résident adjoint du PNUD en Côte d'Ivoire.

Passer des engagements à la mise en oeuvre

À l'issue des travaux d'Abidjan, les membres et partenaires ont convenus de défendre une vision africaine commune dans les principales enceintes internationales, notamment à l'occasion de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la COP31 à Antalya, en Turquie et de la COP32 en 2027 à Addis-Abeba, en Éthiopie, ainsi qu'au Forum politique de haut niveau sur le développement durable et au Forum mondial de l'économie circulaire. Leur objectif est de faire en sorte que cette voix collective contribue à inscrire l'efficacité des ressources et la circularité dans le financement climatique, les Contributions déterminées au niveau national, les infrastructures résilientes et les stratégies d'industrialisation durable.

Le cap est désormais tracé : structurer les projets, mobiliser les capitaux, accompagner les entreprises dans leur changement d'échelle et bâtir les marchés qui permettront à l'Afrique de convertir ses ressources en valeur, en capacités industrielles et en emplois durables.

Dix ans après sa création par le Rwanda, le Nigeria et l'Afrique du Sud, l'ACEA regroupe 23 pays et plus de 20 partenaires stratégiques. Cette évolution témoigne de la maturité croissante de l'économie circulaire en Afrique. Longtemps abordée sous l'angle de la gestion des déchets, elle s'impose aujourd'hui comme un levier de transformation productive, d'industrialisation et de résilience.

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