Afrique Centrale: Centrafrique-Cameroun - Des dizaines de blessés pris en charge après l'éboulement du site aurifère de Zamboï

Les mines d'or produisent souvent des catastrophes. Ici, des mineurs d'or travaillent sur un site minier à Gaga, l’une des zones minières de la République centrafricaine située au nord-ouest du pays.

En Centrafrique, deux jours après le terrible éboulement survenu sur un site d'exploitation aurifère à Zamboï, à la frontière avec le Cameroun, les victimes sont toujours prises en charge dans les structures sanitaires de la région. Selon le gouvernement centrafricain, au moins 49 personnes ont perdu la vie dans cet accident. Un bilan toutefois contesté par plusieurs témoins et proches des victimes, qui évoquent plus d'une centaine de morts, ainsi que plusieurs dizaines de blessés et des personnes encore portées disparues. Les secours se poursuivent, tandis que plusieurs blessés ont été évacués jusqu'à Baboua, située à environ 60 kilomètres du lieu du drame, pour y recevoir des soins.

En Centrafrique, « l'hôpital de district de Baboua a enregistré neuf cas de blessés en provenance du chantier de Zamboï dont un est décédé dès son arrivée », estime Chancelin Abdon LAKEI, médecin-chef de l'hôpital de Baboua. Selon lui, les victimes sont arrivées dans un état grave, couvertes de boue et souffrant de plusieurs blessures, fractures et traumatismes.

Face à la gravité de la situation, une équipe médicale mobile a également été dépêchée. « Il y a une équipe de l'hôpital également qui est déployée sur le terrain au niveau du chantier, qui a eu à enregistrer 51 autres cas de blessures qu'ils ont pris en charge sur le site. »

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Certains patients restent en observation, tandis que d'autres, souffrant de traumatismes du bassin, sont dans un état critique. C'est le cas de Miguel qui était ouvrier sur le site. « Le bloc de terre s'est effondré sur moi. Heureusement, les secours étaient déjà arrivés et ont pu me sortir rapidement. J'avais perdu connaissance. Parmi les victimes, il y a aussi des femmes et des enfants », raconte l'homme âgé d'une vingtaine d'années.

Une autre victime, qui a, elle aussi, échappé au pire, peine encore à réaliser ce qui s'est passé.

Tout s'est passé très vite sur le chantier. Nous étions en train de travailler lorsque le bloc de terre s'est soudainement détaché et s'est effondré sur nous. J'ai essayé de fuir pour sauver ma vie. Dans la panique, je suis tombé et je me suis cassé le bras, mais j'ai continué à avancer malgré la douleur. Je voulais simplement sortir de cet endroit. Autour de moi, j'ai vu plusieurs personnes blessées, certaines couvertes de boue. J'ai également vu des corps sans vie. C'était une scène terrible. Beaucoup de personnes criaient et appelaient à l'aide. J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir m'en sortir vivant. Je pense qu'il y a encore des personnes qui sont restées sous les décombres. Désormais, la sécurité de ce site relève de la responsabilité du gouvernement.

Le site aurifère toujours fermé

Après ce drame, le ministre des Mines, Ruffin Benam Beltoungou, a annoncé que « la justice sera saisie pour identifier les responsables ». Selon lui, « cette situation déplorable est due en grande partie à la désobéissance de nos compatriotes ».

Le gouvernement entend désormais agir sur deux fronts : poursuivre les actions de sensibilisation pour « informer » et « éduquer », tout en renforçant la répression. « Le caractère pédagogique de la répression permettra de dissuader un peu les récalcitrants », estime le ministre.

Selon le gouvernement, le chantier aurifère de Zamboï est fermé jusqu'à nouvel ordre.

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