Zambie - 5,2 % de croissance en 2025, mais 5,4 milliards de dollars à combler

23 Octobre 2026
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African Development Bank (Abidjan)

La croissance du PIB de la Zambie s'est accélérée pour atteindre 5,2 % en 2025, contre 3,8 % en 2024, portée par l'agriculture, les TIC, les transports, l'exploitation minière, l'industrie manufacturière, les investissements étrangers et les exportations nettes, a indiqué le Groupe de la Banque africaine de développement dans son Rapport pays 2026.

Intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de la Zambie dans un monde fragmenté », ce rapport paraît dans un contexte marqué par une incertitude mondiale persistante, des tensions géopolitiques, des conflits et une instabilité politique dans plusieurs pays du continent. Toussaint Houeninvo, économiste pays du Groupe de la Banque pour la Zambie, a récemment présenté ce rapport à Lusaka, lors d'un événement qui a réuni plus de 100 participants représentant le gouvernement, le secteur privé, les partenaires au développement, les missions diplomatiques, la société civile et le monde universitaire.

Le rapport souligne que la Zambie a renforcé la mobilisation de ses ressources nationales - le financement intérieur couvre environ 81 % du budget 2025 -, mais que d'importants écarts de développement persistent. D'ici à 2030, les besoins annuels de financement pour la transformation structurelle du pays sont estimés à 6,9 milliards de dollars américains, pour un déficit de financement d'environ 5,4 milliards de dollars. À titre de comparaison, les entrées moyennes de capitaux sur la période 2020-2024 se sont élevées à 379 millions de dollars.

Combler ce déficit exigera des efforts concertés pour mobiliser des ressources provenant de diverses sources, tant extérieures qu'intérieures. Les banques multilatérales de développement ont un rôle majeur à jouer dans le financement de ce déficit, à la fois par le biais de financements concessionnels et d'instruments de dérisquage, qui peuvent contribuer à catalyser les financements du secteur privé. Le rapport recommande également des réformes fiscales visant à élargir l'assiette, simplifier les procédures, intégrer l'administration, numériser les plateformes et améliorer la conformité.

La Zambie a réalisé des progrès significatifs dans la refonte de son cadre juridique relatif aux partenariats public-privé (PPP) et a manifesté son engagement politique en faveur des PPP. Ce cadre, révisé en vertu de la loi de 2023 sur les PPP, soutient explicitement les PPP de petite et moyenne envergure afin d'accélérer le développement des infrastructures au niveau local et la réalisation d'autres objectifs stratégiques. Le rapport souligne également que la mobilisation de capitaux doit aller au-delà des financements publics traditionnels, notamment par le biais d'obligations municipales, vertes, sociales, liées au développement durable et à l'égalité des genres, dans le cadre du Plan directeur des marchés de capitaux. Les fonds de pension et les investisseurs institutionnels peuvent, quant à eux, apporter des capitaux à long terme. Le rapport affirme en outre que le financement devrait privilégier la valorisation des ressources naturelles, la transformation agroalimentaire, les infrastructures résilientes au climat, la diversification économique et la création d'emplois.

Dans un discours liminaire, le secrétaire permanent à la Gestion économique et aux Finances du ministère des Finances et de la Planification nationale, Mulele Mulele, a souscrit aux conclusions et recommandations du rapport. Il a ajouté que le gouvernement zambien s'engage à poursuivre les réformes visant à améliorer le climat des affaires afin de favoriser la croissance tirée par le secteur privé ainsi que la création d'emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

Le chef du bureau pays pour la Zambie du Groupe de la Banque africaine de développement, Raubil Durowoju, a déclaré que le Rapport pays 2026 pour la Zambie reflète, à l'échelle nationale, le thème et l'analyse du rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 » , qui couvre l'ensemble du continent. Il a en outre souligné l'importance de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), pour réduire les risques d'investissements et attirer des capitaux privés. Lancée par le Groupe de la Banque, elle vise à mobiliser des ressources financières et l'épargne intérieure à grande échelle afin de combler le déficit de financement de l'Afrique.

Lire l'intégralité du Rapport pays 2026 pour la Zambie

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