A Tefki, la Banque africaine de développement finance un projet d'alimentation en eau et stimule l'entrepreneuriat chez les jeunes

26 Mars 2020
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African Development Bank (Abidjan)

Lors d'une seule journée, en juillet de l'année dernière, un nombre considérable de personnes ont planté plus de 350 millions d'arbres à travers toute l'Éthiopie. Cela s'est avéré être la plus importante plantation d'arbres de l'histoire, selon les autorités éthiopiennes. L'objectif était de planter 4 milliards d'arbres sur 1,5 million d'hectares en trois mois à travers le pays, dans le cadre d'un ambitieux programme national de reboisement.

Cette plantation éclair d'arbres, l'« héritage vert » de l'Éthiopie, a inspiré à Mamu Alemu, un Éthiopien de 19 ans, la création d'une pépinière à côté du domicile familial. Il a pu devenir entrepreneur grâce à un projet d'alimentation en eau financé par la Banque africaine de développement, dans sa ville de Tefki, à environ 30 kilomètres au sud-ouest de la capitale, Addis-Abeba.

Un peu plus d'un an auparavant, l'idée d'Alemu n'aurait jamais pu devenir réalité, sur le sol aride de Tefki. Cette ville de 12 000 habitants, avait mis en place un système de rationnement à ses quatre points d'eau où les familles ne pouvaient de s'approvisionner que deux fois par semaine. Des propriétaires de camions-citernes vendaient une eau de qualité douteuse provenant de leurs cuves et à un prix élevé.

« Avant l'arrivée du projet d'alimentation en eau, je n'aurais jamais imaginé faire quelque chose comme ça », raconte Alemu en arrosant ses semis avec un long tuyau. « Avant cela, nous arrivions à peine à trouver suffisamment d'eau pour boire. »

Cette eau « nouvelle » a permis à Alemu de cultiver 6 000 plants de variétés diverses, vendus pour 40 birrs éthiopiens chacun (environ 0,12 dollar américain) et espère, grâce à la récolte actuelle, gagner jusqu'à environ 700 dollars. « Je compte utiliser cet argent pour payer mes études et aider mes parents à envoyer aussi à l'école mes trois frères et sœurs », explique Alemu.

Les habitants de Tefki affirment que l'ancien réservoir de stockage du système d'alimentation en eau de la ville, avec une capacité de seulement 25 mètres cubes, était totalement inadapté à leurs besoins. Le nouveau système d'alimentation en eau a plus que doublé la capacité de stockage et fournit de l'eau potable à la ville en permanence. Le projet a permis de tripler le nombre de raccordements privés au réseau d'approvisionnement, passé de 300 à 900. Ainsi, le nombre de points d'eau publics, aujourd'hui au nombre de huit, a doublé, et deux blocs sanitaires publics - dont un avec des douches - ont pu être ajoutés aux infrastructures d'alimentation en eau et d'assainissement de Tefki. En outre, l'administration locale de Tefki a pu réduire le coût de fonctionnement du système d'alimentation en eau en connectant sa pompe au réseau électrique national, au lieu d'utiliser un générateur diesel, ce qui contribue également à réduire la pollution.

« Au moment où nous nous préparons à faire face au défi du coronavirus, cette augmentation de la quantité d'eau disponible aidera énormément Tefki dans le domaine de l'assainissement », explique Daniel Korbu, coordinateur du programme d'alimentation en eau de Tefki.

Le système d'alimentation en eau de la ville de Tefki fait partie de la composante eau, assainissement et hygiène en milieu rural (WASH) d'un projet de développement et d'assainissement de l'eau à grande échelle en Éthiopie appelé programme national One WASH (OWN). Ce programme est géré dans le cadre d'un compte WASH consolidé, c'est-à-dire un compte commun co-financé par le gouvernement de l'Éthiopie et ses partenaires de développement.

La Banque africaine de développement participe au financement du programme à hauteur de 95 millions de dollars sur un total de 463 millions de dollars, le solde étant également financé par d'autres partenaires au développement. La Banque finance aussi, de manière séparée, le programme d'amélioration de l'alimentation en eau et de l'assainissement pour quatre villes d'Éthiopie (Four Towns Water Supply and Sewerage Improvement Program) pour un montant de 76,11 millions de dollars à titre de prêt. La Facilité africaine de l'eau, intégrée à la Banque, assure un financement de 3 millions de dollars pour un projet de démonstration de la chaîne de valeur de l'assainissement à Arba Minch, une autre ville éthiopienne. Le Fonds fiduciaire pour l'Initiative pour l'alimentation en eau et l'assainissement en milieu rural, également intégré à la Banque, a accordé des subventions pour des projets d'un montant allant jusqu'à 7 millions de dollars dans l'ensemble du pays.

Gizaw Tafa, 23 ans, a lui aussi profité du programme OWN pour créer à Tefki une entreprise de lavage d'automobiles. Alors que Tafa était auparavant sans emploi, son investissement dans un robinet d'eau, un tuyau en caoutchouc et des brosses à laver a déjà produit des dividendes appréciables. « Une vingtaine de clients viennent faire laverchaque semaine leur voiture chez moi pour 50 birrs par véhicule », affirme Tafa.

« J'économise la quasi-totalité de mon revenu parce que je veux développer cette activité, obtenir un meilleur emplacement et attirer davantage de clients », affirme Tafa. Il ajoute : « Je veux laver toutes les voitures de Tefki et des villes voisines. » Il devra faire vite, car il existe déjà dans la ville deux autres nouvelles entreprises de lavage de voiture et dirigées par des jeunes comme lui.

« C'est la façon dont le programme OWN est censé fonctionner », explique Kasahun Beyene, le conseiller principal de la Commission éthiopienne de développement des eaux, qui a récemment rendu visite aux jeunes entrepreneurs de Tefki. « Transformer les vies d'une personne à la fois et d'une communauté à la fois. Ce sont des changements progressifs, mais ce sont aussi des changements plus durables, et ces personnes ne retomberont probablement pas dans la pauvreté. »

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