Un tribunal cap-verdien reconnaît la détérioration de l'état de santé d'Alex Saab et ordonne son transfert à Praia. Pourquoi un tel délai ? s'interrogent ses avocats.

3 Septembre 2021
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AllAfrica InfoWire (Washington, DC)

L’équipe de défense d’Alex Nain Saab Morán, un homme d’affaires et diplomate vénézuélien, arrêté le 12 juin 2020 au Cap-Vert après que les Etats-Unis avaient émis un mandat d’arrêt international Interpol à son encontre, constate que le 1er septembre la cour d’appel de Barlavento (qui regroupe les îles au nord de l’archipel du Cap-Vert) a donné son accord à une demande de transfert formulée par Alex Saab, de Sal (au nord de l’archipel), où il était pour le moment détenu, vers la capitale Praia.

Maître José Manuel Pinto Monteiro, représentant de la défense d’Alex Saab, a accueilli prudemment cette décision.

Il indique que « la cour de Barlavento elle-même note que la détérioration de l’état de santé d’Alex Saab est une source d’inquiétude et appelle des soins. Nous n’avons eu cesse de souligner ce problème dès le début de la détention. Nous nous interrogeons sur les raisons qui ont pris deux ans à la cour pour le reconnaître à son tour. Dès le 2 décembre dernier, la cour de justice de la communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest avait fait remarquer qu’Alex Saab était atteint du cancer et avait jugé qu’il devrait bénéficier d’un accès illimité aux médecins de son choix. Malheureusement, plutôt que de se concentrer sur les besoins médicaux d’Alex Saab, les autorités cap-verdiennes ont décidé de politiser un sujet médical en interrogeant la légitimité de la cour de la Cedeao dans le dossier de Monsieur Saab. De son côté, le comité des Nations Unies sur les Droits de l’Homme ordonnait le 8 juin, puis à nouveau le 16 juin, qu’Alex Saab puisse avoir un accès illimité à des soins de santé et l’arrêt de toute procédure d’extradition, mais à nouveau les autorités cap-verdiennes ont opté pour une politisation du sujet au lieu de se rallier au minimum de compassion dont a fait preuve la cour d’appel de Barlavento hier ».

Si l’équipe de défense d’Alex Saab ne peut émettre aucune hypothèse sur les raisons qui ont amené la cour d’appel à arbitrer en ce sens à présent, les arguments qu’elle met en avant dans sa décision sont connus de tous, à commencer par elle-même, depuis plus d’un an.

La détention illégale d’Alex Saab engrange une attention internationale croissante qui, en plus de l’échec du Cap-Vert à se conformer aux décisions de la cour de justice de la Cedeao et des Nations Unies, n’est pas neutre pour la réputation internationale du Cap-Vert.

L’opinion publique cap-verdienne soutient très majoritairement Alex Saab. Il existe une vague de fond en faveur d’Alex Saab et les Cap-Verdiens sont nombreux à s’interroger sur les raisons pour lesquelles le Cap-Vert est engagé dans la détention d’un diplomate, sur un sujet qui de toute évidence gravite autour des conflits politiques entre le Venezuela et les Etats-Unis.

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