CAN 2026 : Le Roi du Maroc affirme sa fierté et signe un coup diplomatique avec le Sénégal

Le Roi du Maroc, Mohammed VI, brandissant le maillot de football de l'équipe nationale, accompagné des Lions de l'Atlas
28 Janvier 2026
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InfoWire
communiqué de presse

«Cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine».  En une phrase, le communiqué du Cabinet royal publié au lendemain de la finale a donné le ton : la Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc se veut un jalon continental, et non une simple vitrine nationale. Derrière la formule, un constat largement partagé dans les milieux sportifs et institutionnels africains : la CAN 2026 a fait franchir un seuil à la compétition.

Des chiffres-clés

Les indicateurs chiffrés confirment ce changement d’échelle. Plus de 1,34 million de spectateurs ont assisté aux 52 rencontres disputées dans neuf stades répartis sur six villes, soit près de 26 000 personnes par match en moyenne. Selon la Confédération africaine de football (CAF), les revenus commerciaux ont progressé de plus de 90 %, portés par la revalorisation des droits télévisés et l’élargissement du portefeuille de sponsors. À la fois plus suivie, plus rentable et plus visible, la CAN marocaine s’impose comme l’édition la plus dense jamais organisée.

Sur le terrain, l’événement a profondément structuré l’espace urbain. À Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir ou Fès, les soirs de match ont redéfini les usages : afflux massif autour des stades, occupation prolongée de l’espace public, économie informelle dopée par la fréquentation. La qualité des infrastructures : pelouses, tribunes couvertes, services intégrés, circulation des flux  a contribué à faire vivre une expérience rarement associée aux grandes compétitions africaines. Un motif de fierté pour le monarque du royaume chérifien, Mohamed VI. “ Le Maroc reste fier d’avoir offert, sur sa terre, un mois de joie populaire et d’émotion sportive, et d’avoir contribué au rayonnement de l’Afrique et de son football ”, précise le communiqué du cabinet royal.

Cette performance organisationnelle n’a toutefois pas été exempte de tensions. Des dysfonctionnements ont été relevés en début de tournoi, notamment autour de la billetterie et de certains accès. La finale, surtout, a été marquée par des incidents en fin de rencontre, officiellement reconnus dans le communiqué royal, qui évoque des agissements regrettables. Un épisode qui rappelle que ces grands rendez-vous concentrent, au-delà du sport, une forte charge émotionnelle. Le Royaume a néanmoins tenu à relativiser la portée de ces événements : « Il n’en demeure pas moins qu’une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine. »

L’essentiel était ailleurs. Pour Rabat, l’enjeu consistait à démontrer une capacité d’organisation à grande échelle, dans la durée. Neuf stades aux standards internationaux, des dessertes ferroviaires renforcées, des aéroports modernisés, des fan-zones structurées et encadrées : jamais une CAN n’avait bénéficié d’un tel maillage logistique. Plus de 120 projets d’infrastructures et de réhabilitation ont été menés en amont, tandis que les autorités anticipaient entre 600 000 et 1 million de visiteurs internationaux. Les retombées touristiques sont évaluées à plus de 12 milliards de dirhams.

Une référence continentale

Au sein de la CAF, cette édition est désormais présentée comme une référence. L’instance continentale a salué une organisation répondant à des standards mondiaux, tout en soulignant l’impact économique inédit de la compétition, y compris sur des marchés audiovisuels en expansion hors d’Afrique. La CAN marocaine apparaît ainsi comme un tournant dans la stratégie de valorisation commerciale du football africain.

Ce résultat s’inscrit dans une trajectoire de long terme. Depuis plus d’une décennie, le Maroc investit dans un écosystème sportif structuré : centres de formation, académies, football féminin, futsal, arbitrage. Les performances sportives ont accompagné cette montée en puissance, de l’épopée des Lions de l’Atlas lors du Mondial 2022 aux résultats des sélections de jeunes sur les scènes continentale et mondiale.

Une visite entre le Maroc et le Sénégal

Ce succès organisationnel s’est prolongé sur le terrain diplomatique quelques jours après la fin de la compétition. Si le roi du Maroc, Mohamed VI s’est positionné au-dessus de la mêlée en  soulignant que “ rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains, ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du Continent et renforcée par des partenariats toujours plus ambitieux”, son message s’est concrétisé quelques jours plus tard.  Reçu par son homologue Aziz Akhannouch, ce 26 janvier, à l’occasion de sa visite au Maroc, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko a tenu à désamorcer toute interprétation politique des incidents survenus lors de la finale. « Les dérapages observés doivent être requalifiés comme des excès émotionnels produits par la ferveur et non comme des facteurs politiques ou culturels. »

Ousmane Sonko a également précisé le sens de ce déplacement intervenu dans le sillage immédiat de la CAN. Selon lui, cette visite n’était pas « un voyage d’apaisement », mais bien « un voyage de confirmation, de dépassement et de refondation du lien à hauteur de deux nations qui se respectent, se reconnaissent et se projettent ensemble ».

De son côté, le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch a rappelé que les relations entre le Maroc et le Sénégal sont « basées sur une assise solide », fondée sur une coopération durable et une convergence de vues à l’échelle continentale. Comme pour sceller la qualité des relations bilatérales, Mohamed VI a par ailleurs offert un déjeuner en l’honneur du premier ministre sénégalais.

À quelques années de la Coupe du monde 2030, que le Maroc co-organisera, cette CAN aura servi de test grandeur nature. Mais, elle pose surtout une question centrale pour le football africain : comment transformer ce moment d’exception en norme durable, afin que les standards observés au Maroc deviennent, demain, ceux de l’ensemble des compétitions continentales.

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