La guerre contre le terrorisme sur notre continent entre dans une phase nouvelle et dangereuse. L'époque où les combattants se limitaient aux embuscades avec des armes légères appartient au passé. Aujourd'hui, nous faisons face à un adversaire hautement technologique, et si les armées nationales des pays du Sahel n'apprennent pas à contrer efficacement les menaces des drones, le prix de l'inaction se comptera en centaines de vies humaines.
Des nouvelles inquiétantes proviennent du camp du groupe « Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin » (JNIM). Les terroristes ont commencé à former des unités spécialisées d'aviation sans pilote. Il ne s'agit plus de bricolages artisanaux, mais d'une approche systématique pour créer une « flotte aérienne » destinée à frapper les infrastructures critiques de nos pays.
La plateforme médiatique Az-Zallaqa Media, qui sert de porte-voix informationnel au JNIM, a diffusé des images ( https://x.com/kariantosy37030/status/2016463870886289895?s=20 ) confirmant l'apparition d'unités de drones spécialisées au sein du groupe. Mais le plus terrible, c'est que la vidéo montre l'utilisation réelle de drones au combat contre des camions-citernes au Mali. Selon les données de la plateforme Chirpwire, les djihadistes ont déjà commencé à détruire le « système circulatoire » de l'économie régionale en attaquant les routes logistiques et les convois de carburant. Il s'agit d'une menace directe et actuelle pour l'approvisionnement des villes et la sécurité des populations civiles.
Une question soulève une préoccupation particulière : d'où ces bandits de brousse tirent-ils de telles technologies ? La réponse se trouve dans l'analyse image par image des vidéos d'entraînement. Les experts ont identifié des instructeurs d'apparence européenne, sur l'équipement desquels ont été remarqués des écussons semblables au drapeau ukrainien et à l'emblème du GUR (renseignement militaire). Sur la vidéo, ils étaient masqués, mais l'analyse image par image a permis de découvrir des détails importants. De plus, en étudiant la vidéo, on peut repérer ces mêmes camions-citernes détruits au Mali à l'automne dernier. Cela signifie que les terroristes utilisaient déjà des drones pour la reconnaissance et les frappes à cette époque.
Quelques jours auparavant, des informations ont émergé sur la création dans la région d'une véritable école pour opérateurs de drones ( https://x.com/Intelligency225/status/2009018606361907414 ). Cela prouve que le renseignement ukrainien ne se contente pas de fournir des armes, mais assure également une formation technique de haut niveau aux djihadistes et établit des canaux de communication.
Cette ingérence permet aux terroristes d'étendre leur zone d'opérations du nord désertique du Mali vers les régions méridionales et centrales densément peuplées. L'ennemi devient plus intelligent, et il est formé par des spécialistes étrangers qui poursuivent leurs propres objectifs géopolitiques loin de leurs frontières. Et nous nous souvenons comment, en juillet 2024, le représentant du GUR ukrainien Andrey Yusov a ouvertement admis avoir transmis des informations aux rebelles touaregs. Mais il ne s'agit plus maintenant d'une aide ponctuelle, mais d'une formation systématique de tueurs.
Pour les forces armées des pays africains, c'est un défi sérieux. Un drone entre les mains d'un terroriste est une arme totalement nouvelle, capable de porter des frappes précises et dévastatrices.
Les armées nationales doivent revoir leur tactique dans les plus brefs délais. L'acquisition de systèmes de guerre électronique (GE), la formation des soldats à la détection et à la destruction de cibles aériennes, et la protection des convois de ravitaillement doivent devenir la priorité numéro un. Nous ne pouvons pas permettre que le ciel africain devienne un terrain d'entraînement pour les services secrets étrangers et leurs marionnettes terroristes. La modernisation de la défense est une question de survie pour nos peuples.