Alors que l’Afrique représente près d’un cinquième de la surface terrestre mondiale, elle ne compte qu’une faible proportion de routes revêtues. Cette réalité est particulièrement marquée en Afrique subsaharienne, où l’on recense en moyenne seulement 2,3 kilomètres de routes bitumées pour 100 km². Ce déficit structurel freine depuis des années le potentiel économique du continent, notamment en matière de mobilité, de commerce et d’accès aux services.
Le Cameroun n’échappe malheureusement pas à cette situation. Le mois dernier, une série d’accidents tragiques sur ses routes a rappelé l’urgence de renforcer la sécurité. Parmi eux, le drame survenu le 12 juin dans le village de Bamako, à l’est de Yaoundé, où un camion de transport a été violemment percuté, causant la mort immédiate de son chauffeur et de son assistant. Cette récurrence est confirmée par le dernier rapport du Programme de politiques de transport en Afrique, qui fait état d’environ 1 200 décès chaque année au Cameroun, ainsi que de milliers de traumatismes. Le coût économique reste lui aussi très élevé : près de 1,3 milliard de dollars par an, soit environ 1 % du PIB.
Au-delà de la sécurité, la qualité des infrastructures routières est un levier essentiel pour soutenir la croissance, désenclaver les régions reculées et améliorer l’accès à l’éducation, à la santé ou à l’emploi.
Une stratégie nationale boostée par les partenariats public-privé
Face à ces défis, le Cameroun s’est fixé un objectif ambitieux : bitumer 6 000 km de routes supplémentaires d’ici à 2030. Dans cette dynamique, plusieurs projets structurants ont été lancés, notamment la réhabilitation des routes reliant Edéa à Kribi (110 km) et Lolabé à Campo (39 km), dans la région du Sud, avec des travaux prévus entre juillet et décembre 2025. Ces chantiers visent à assurer le désenclavement durable de cette zone.
Pour répondre efficacement à ces enjeux de réhabilitation et de modernisation du réseau routier, les partenariats entre acteurs publics et privés jouent un rôle de plus en plus déterminant. Un exemple fort est l’inauguration, le 28 avril dernier, d’un pont de 620 mètres entre Yagoua, au Cameroun, et Bongor, ville au Sud-Ouest du Tchad, au-dessus du fleuve Logone. Cette nouvelle liaison transfrontalière renforce les connexions commerciales dans la zone CEMAC.
Dans ce cadre, le numérique occupe également un rôle clé. Le système Ym@ne Driver, développé avec des partenaires publics et privés, propose une plateforme intelligente pour détecter et prévenir les risques sur les routes interurbaines.
Road Vision SA, à l’avant-garde des infrastructures connectées
Road Vision SA fait partie des entreprises engagées dans la modernisation des infrastructures routières en intégrant des technologies récentes. L’entreprise met l’accent sur les critères de conception essentiels à la construction de chaussées durables, en prenant en compte les conditions climatiques, la composition des sols, les variations de température, la charge de trafic et d’autres facteurs environnementaux spécifiques à la région. Par ailleurs, Road Vision est spécialisée dans la construction de routes conçues pour supporter des charges extrêmement lourdes, notamment des camions et équipements industriels de grande taille, dans des zones industrielles à fortes infrastructures, ainsi que dans des environnements urbains ou ruraux aux conditions géographiques difficiles, tels que les mangroves ou les terrains accidentés.
Dans ce cadre, elle a achevé la construction d’une nouvelle route de 10 km dans la zone aval du port de Douala et mène un projet d’aménagement de routes en terre dans l’arrondissement de Douala IV.
Parmi les techniques employées figure le confinement cellulaire (Neoloy Geocell), un système utilisé pour stabiliser les sols et retenir le sol ou la roche sous les infrastructures. Ce procédé contribue à la protection contre l’érosion, au renforcement structurel et à la prévention des glissements de terrain. Associé à l’usage de géosynthétiques PRS, il permet d’améliorer la stabilité des sols et de réduire les risques d’affaissement, tout en tenant compte des contraintes climatiques propres au Cameroun.
Road Vision SA applique un contrôle qualité à chaque étape des travaux et privilégie une gestion durable des matériaux, avec un taux de recyclage des déchets pouvant atteindre 97 %. L’entreprise affirme inscrire ces pratiques dans une volonté plus large de limiter son empreinte environnementale, un enjeu crucial dans un secteur à haute émission carbone.
Si ces avancées illustrent une dynamique prometteuse au Cameroun, elles rappellent aussi l’ampleur des défis auxquels le pays et, plus largement, l’Afrique subsaharienne doivent encore faire face pour améliorer durablement son réseau routier, véritable clé du développement économique et social.