Assemblées annuelles 2026 / Un impact qui va au-delà des chiffres - Les résultats exceptionnels enregistrés par la Banque africaine de développement en 2025 jettent les bases d'un impact encore plus important pour l'avenir

4 Juin 2026
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African Development Bank (Abidjan)

La performance du Groupe de la Banque africaine de développement en 2025 reflète l'Afrique d'aujourd'hui : un continent de résilience et d'opportunités, a souligné la vice-présidente principale de l'institution, Marie Laure Akin-Olugbade, lors de la présentation des résultats annuels de la Banque.

Le Groupe de la Banque a effectué le 28 mai à Brazzaville, sa présentation financière pour 2025 ainsi que son rapport annuel 2025 sur l'efficacité du développement lors de ses Assemblées annuelles 2026 en République du Congo.

Mme Akin-Olugbade a déclaré qu'en dépit d'un contexte mondial très difficile, les pays africains avaient continué d'afficher de solides performances. En 2025, douze pays africains figuraient parmi les vingt économies à la croissance la plus rapide au monde.

La vice-présidente principale a qualifié 2025 d'« année exceptionnelle », une année au cours de laquelle le Groupe de la Banque a accordé 11 milliards de dollars de financements, le deuxième montant le plus élevé de son histoire à être approuvé. Ces résultats ont eu un impact sur les femmes et les jeunes, avec des approbations cumulées atteignant 3,1 milliards de dollars à la fin de 2025 qui ont permis de soutenir plus de 26 000 entrepreneures. Le Groupe de la Banque a investi dans les corridors régionaux et les infrastructures ferroviaires, l'agriculture, les villes et le renforcement des capacités en matière de gestion financière. Il a aussi investi dans les investissements verts et l'action climatique, entre autres, tout en conservant sa notation triple A. Les opérations du secteur privé ont également atteint un niveau record de 2,8 milliards de dollars en 2025.

Au cours de la présentation des deux rapports, six vice-présidents du Groupe de la Banque sont revenus sur la portée de la mise en oeuvre transformatrice de ses opérations en 2025.

Hassatou N'Sele, vice-présidente chargée des Finances et Chief Financial Officer, a mis l'accent sur la bonne santé financière de l'institution. « Le bilan de la Banque est sain. Les résultats parlent d'eux-mêmes », a-t-elle soutenu. Bien que le Groupe de la Banque se concentre davantage sur les résultats en matière de développement que sur la rentabilité, il est resté rentable ». Elle a exprimé sa fierté à l'égard du rôle pionnier et de la réussite du Groupe de la Banque dans l'émission de capital hybride par rapport aux autres banques multilatérales de développement pour optimiser leur bilan. « Nous avons réinvesti nos bénéfices dans nos réserves et en avons également consacré une partie au financement de projets clés », a souligné Mme N'Sele.

La dix-septième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD) s'est conclue sur un montant record d'engagements de onze milliards de dollars, dont plus de 190 millions de dollars de promesses de contribution des pays africains. « Pour la première fois, des pays bénéficiaires du Fonds africain de développement ont contribué à leur propre guichet de financement concessionnel. C'est unique et louable. Notre solidité financière sert un seul objectif : le développement socio-économique de l'Afrique », a insisté Mme N'Sele.

Solomon Quaynor, vice-président chargé du Secteur privé, de l'Infrastructure et de l'Industrialisation, a déclaré que les opérations non souveraines de la Banque entraient dans une phase de croissance plus forte, avec des niveaux records de prêts au secteur privé et un accent accru sur la mobilisation, la coordination et les partenariats, plutôt que sur le seul financement du Groupe de la Banque. À l'avenir, les gouverneurs doivent s'attendre à une mise en oeuvre plus rationalisée et plus agile grâce à des processus standardisés, à un guichet unique pour l'engagement du secteur privé et à une collaboration renforcée dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).

« L'un des aspects positifs de la NAFAD, c'est qu'il ne s'agit pas tant pour la Banque africaine de développement d'atteindre un volume maximal (d'approbations), mais plutôt pour le Groupe de la Banque de collaborer avec l'architecture financière africaine afin d'obtenir des résultats. Ainsi, pour l'avenir, la mobilisation sera pour nous un élément clé. Nous pensons que la plateforme de croissance du secteur privé, mise en oeuvre non seulement par la Banque africaine de développement, mais aussi par la NAFAD, est prête à connaître une croissance significative », a souligné M. Quaynor.

Kevin Kariuki, vice-président chargé de l'Électricité, de l'Énergie, du Climat et de la Croissance verte, a fourni des détails sur la Mission 300. Cette initiative audacieuse et transformatrice du Groupe de la Banque africaine de développement et du Groupe de la Banque mondiale vise à mettre un terme à la pauvreté énergétique en élargissant l'accès à l'électricité à grande échelle. Cela se traduit par des améliorations concrètes dans la vie quotidienne, telles que la possibilité pour les enfants d'étudier le soir, la conservation des médicaments, l'amélioration de l'accès à l'eau, la création d'emplois et le renforcement des communautés. Les projets du Groupe de la Banque africaine de développement menés dans le cadre de cette initiative ont permis de fournir un premier accès à l'électricité à 1,5 million de personnes en 2025 et à 5,2 millions depuis son lancement en 2024, avec des plans et des pipelines de financement visant à atteindre 50 millions de personnes d'ici 2030. « Je pense qu'en matière de financement climatique et de transition énergétique, le Groupe de la Banque africaine de développement est à la pointe de cet effort particulier : nous avons pu allouer 54 % de nos investissements au financement climatique », a déclaré M. Kariuki.

Abdul Camara, vice-président par intérim chargé du Développement régional, de l'Intégration et de la Prestation de services, a fait valoir que la fragilité en Afrique se propage au-delà des frontières en raison de l'insécurité, des déplacements de population et des chocs climatiques, ce qui en fait une priorité stratégique plutôt qu'un problème propre à un pays donné. En réponse, le Groupe de la Banque alloue des financements substantiels aux États en transition, renforce les diagnostics de fragilité dans l'ensemble de ses opérations, utilise des outils numériques pour superviser les projets dans les zones d'accès limité et s'associe aux agences des Nations unies et aux organisations humanitaires afin de continuer à fournir des services, même dans les zones de conflit.

Kevin Urama, économiste en chef et vice-président chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances, a évoqué le travail mené par le Groupe de la Banque en matière de connaissances, qui transforme les analyses en changements concrets. Il a souligné que le développement ne dépend pas seulement des routes, des voies ferrées et d'autres infrastructures physiques, mais aussi d'une gouvernance plus solide, d'une meilleure gestion des finances publiques, de politiques macroéconomiques saines et des capacités humaines.

« Comme nous avons pu le constater dans le rapport Perspectives économiques en Afrique que nous venons de publier, la productivité économique en Afrique est très faible. L'efficacité des finances publiques et des investissements publics en Afrique est très faible... nous travaillons également avec les pays pour fournir le financement qui permettra de soutenir la construction de cet environnement propice aux affaires, de ces infrastructures, de renforcer les capacités en matière de gestion des finances publiques et d'assistance technique, etc. Au cours des dix dernières années, le Groupe de la Banque a investi 16 milliards de dollars à cette fin », a-t-il indiqué.

Martin Fregene, vice-président par intérim chargé de l'Agriculture et du Développement humain et social, a souligné le défi que représente le chômage des jeunes. Le Groupe de la Banque considère l'emploi des jeunes comme une priorité centrale du développement, notant que le défi du marché du travail en Afrique revêt un caractère d'urgence, car 11 millions de jeunes y entrent chaque année, alors que seuls trois millions trouvent un emploi formel.

Le Groupe de la Banque a fait de la création d'emplois un objectif transversal de sa stratégie et de ses opérations. M. Fregene a souligné que l'agriculture représentait une opportunité majeure pour l'emploi des jeunes grâce à sa Stratégie « Nourrir l'Afrique » et à son programme « Enable Youth ». Dans l'ensemble, le Groupe de la Banque estime que les jeunes Africains doivent être considérés non pas comme un fardeau, mais comme le moteur de l'avenir du continent, avec des liens plus étroits entre la formation, la demande du secteur privé et les investissements dans le développement.

« Nous pensons qu'à l'avenir, il est essentiel d'examiner attentivement toutes nos actions et de voir comment nous pouvons aider les jeunes à acquérir des compétences. Nous allons veiller à ce que les jeunes soient au coeur de tout ce que nous faisons. Nous ne les considérons pas comme un défi », a souligné M. Fregene.

Mme Akin-Olugbade a déclaré que le message de 2025 était clair : « Dans un contexte mondial difficile, le Groupe de la Banque africaine de développement produit des résultats aujourd'hui tout en jetant les bases d'un impact encore plus important demain. Ces résultats confirment à la fois l'ampleur de notre ambition et notre capacité à la concrétiser de manière cohérente et à un rythme soutenu », a déclaré la vice-présidente principale.

  • Téléchargez le Rapport annuel en cliquant ici et la Revue annuelle sur l'efficacité du développement (RAED) ici.

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