La Banque africaine de développement s'est engagée à collaborer avec ses partenaires afin de mobiliser des fonds pour l'Initiative de la Grande muraille verte (GGWI) lors de la17e Conférence des parties (COP-17) à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, tenue à Oulan-Bator.
Cet engagement a été pris le 24 août, alors que les ministres africains, les partenaires de développement et les organisations internationales participant à un événement intitulé « Développer la Grande muraille verte grâce à l'intégration continentale et à la stratégie de l'UA pour la GGWI (2024-2034) », co-organisé par l'Union africaine (UA), la Banque africaine de développement et les Nations unies, ont appelé à renforcer la GGWI. Les participants se sont également félicités de l'adoption par l'UA, en 2024, de la stratégie de la Grande muraille verte et du Cadre de mise en oeuvre décennal (2024-2034), qui fournissent une feuille de route pour transformer l'initiative « » en une plateforme continentale dédiée à la restauration des terres et à la résilience climatique. Lancée par l'Union africaine en 2007, l'initiative de la Grande muraille verte est un effort panafricain qui couvrait à l'origine 11 pays du Sahel, avec pour objectif de restaurer 100 millions d'hectares de terres dégradées, de créer 10 millions d'emplois verts et de séquestrer 250 millions de tonnes de carbone d'ici à 2030. Dans le cadre de la stratégie de la Grande muraille verte et du Cadre de mise en oeuvre décennal (2024-2034) de l'Union africaine, l'initiative s'étend désormais à de nouveaux .
La secrétaire générale adjointe des Nations unies, Amina J. Mohammed, a souligné que la Grande muraille verte avait été conçue selon le principe « une vision, une Afrique », en accordant autant d'importance aux populations qu'aux paysages. Bien que le changement climatique et les conflits aient rendu sa mise en oeuvre plus difficile, elle a mis en avant des expériences réussies au Sénégal, au Tchad et à Djibouti, entre autres pays, comme preuve de la capacité de l'initiative à produire des résultats à l'échelle du continent.
Mme Mohammed a également exhorté les gouvernements et les partenaires à renouveler leur engagement en faveur de la mise en oeuvre, à accroître les investissements et à placer les femmes et les jeunes au coeur de l'initiative.
Mariam Tangara Doumbia, ministre malienne de l'Environnement, de l'Assainissement et du Développement durable, s'exprimant au nom de l'Agence panafricaine de la Grande muraille verte, a qualifié cette initiative d'opportunité pour ériger la principale plateforme africaine pour les solutions fondées sur la nature, offrant à la fois des avantages environnementaux, climatiques, économiques et sociaux.
La secrétaire exécutive de la CNULCD, Yasmine Fouad, a souligné la flexibilité de la GGWI face aux contextes spécifiques de chaque pays, notant qu'« il n'existe pas de solution unique ». Elle a ajouté que l'initiative continue d'évoluer grâce au soutien de l'Union africaine, de la Banque africaine de développement et des partenaires au développement.
Moses Vilakati, commissaire de la Commission de l'Union africaine, a déclaré : « La Grande muraille verte africaine est prête à passer de l'ambition à l'investissement, et de l'investissement à l'impact. »
Il a souligné que l'Afrique a perdu 163 millions d'hectares de terres en raison de la dégradation depuis 2015. La Grande muraille verte est confrontée à un déficit de financement d'environ 14 milliards de dollars américains pour atteindre ses objectifs à l'horizon 2030.
Laoauli Garba, responsable de la Recherche, de la production et de la durabilité agricoles à la Banque africaine de développement, représentait le président du Groupe de la Banque, le Dr Sidi Ould Tah. Il a salué la nouvelle stratégie continentale de l'Union africaine pour la Grande muraille verte, y voyant une opportunité d'accroître les investissements et d'accélérer la mise en oeuvre à travers l'Afrique.
Au cours d'un dialogue ministériel organisé plus tôt dans la journée dans le cadre de la Journée des finances, le Groupe de la Banque africaine de développement, a annoncé que, dans le cadre du Programme de restauration des écosystèmes dans le bassin du Zambèze (BREFOLE-ZRB), il mobilisera 500 millions de dollars américains entre 2027 et 2031, en partenariat avec le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), les Fonds d'investissement pour le climat (CIF), le Fonds vert pour le climat (GCF) et huit pays participants.
Ce programme vise à renforcer la résilience de 2,8 millions de personnes dans les huit pays dudit bassin, à restaurer 300 000 hectares de terres dégradées et à créer 40 000 emplois pour les femmes et les jeunes. Il soutiendra également l'Accélérateur de la Grande muraille verte d'Afrique australe en élaborant des plans d'investissement régionaux et un portefeuille de projets bancables au sein de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).
« Chaque hectare restauré représente un atout plus productif, une sécurité alimentaire renforcée, de nouvelles opportunités pour les femmes et les jeunes, ainsi que des communautés plus résilientes. C'est pourquoi la Banque africaine de développement considère la Grande muraille verte comme un investissement dans l'avenir économique de l'Afrique », a déclaré M. Garba.
Dans son allocution, Juan Carlos Mendoza, directeur de la Division de l'environnement, du climat, de l'égalité des sexes et de l'inclusion sociale du Fonds international de développement agricole, a présenté trois priorités pour accélérer la mise en oeuvre : traduire les engagements nationaux en réservoirs de projets bancables, répartir les risques de manière stratégique pour débloquer des financements, et concevoir des programmes qui créent des marchés tout en mesurant des résultats de développement significatifs.