Depuis des années, le Maroc mène une transformation profonde de son secteur énergétique.
Face à la hausse rapide de la demande en électricité et à ses engagements climatiques, le Royaume a mis en place un modèle reposant sur l'intégration massive des énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et l'intégration régionale.
Le Groupe de la Banque africaine de développement soutient cette dynamique de long terme à travers des investissements structurants, contribuant au renforcement des capacités du pays et à l'accélération de sa transition énergétique.
« Au Maroc, la transition énergétique n'est plus seulement une ambition. Elle est devenue une réalité qui se renforce progressivement. En conjuguant énergies renouvelables, modernisation des réseaux et solutions de stockage, le pays s'impose comme un modèle. Cette dynamique se concrétise par des investissements majeurs, soutenus par le Groupe de la Banque africaine de développement, qui élargissent l'accès à l'électricité et préparent un avenir durable », affirme Achraf Tarsim, responsable-pays du Groupe de la Banque africaine de développement pour le Maroc.
Solaire : Noor Ouarzazate et l'essor des énergies renouvelables
Un jalon important a été franchi avec le complexe solaire Noor Ouarzazate, l'une des plus grandes centrales solaires au monde. Soutenue par le Groupe de la Banque africaine de développement, ce programme permet la production d'électricité d'origine solaire à grande échelle. La contribution du Groupe de la Banque s'élève à 485 millions de dollars américains sur l'ensemble des phases du projet.
D'une capacité installée de 580 MW répartie sur quatre centrales, le complexe de Noor Ouarzazate fournit de l'électricité à près de deux millions de personnes et permet de réduire les émissions de CO₂ d'environ un million de tonnes par an.
Réseaux électriques : la colonne vertébrale de la transition
La montée en puissance des énergies renouvelables n'aurait pas été possible sans des investissements majeurs dans les infrastructures de transport d'électricité.
Dans cette perspective, le Groupe de la Banque a approuvé en 2019 le Programme de développement des réseaux de transport d'électricité et d'électrification rurale (PDRTE-ER) avec un financement de près de 245 millions d'euros pour renforcer les réseaux électriques et accélérer l'électrification rurale. Ce programme a permis d'étendre les lignes à haute tension, d'améliorer la fiabilité du réseau et d'alimenter des zones auparavant isolées.
L'enjeu est double : intégrer efficacement les nouvelles capacités de production renouvelable et garantir un accès équitable à l'électricité sur l'ensemble du territoire. Cette dynamique contribue également au développement économique local. Résultats : 20 000 nouveaux foyers ont été raccordés au réseau grâce la construction d'environ 1300 km de lignes de moyenne tension (MT) et 4000 km de lignes de basse tension (BT) et l'installation de 800 postes de transformation MT/BT.
Stockage et hydroélectricité : les stations de transfert d'énergie par pompage
Avec la montée des énergies renouvelables, la question de la stabilité du système électrique devient, au fil des années, une priorité. C'est dans ce contexte que s'inscrit le déploiement de la station de transfert d'énergie par pompage (STEP) d'Abdelmoumen.
Soutenue par un financement de 179 millions d'euros du Groupe de la Banque africaine de développement dans le cadre du Programme intégré éolien, hydraulique et électrification rurale (PIEHER), la STEP joue un rôle stratégique : elle permet de stocker l'électricité excédentaire et de la restituer lors des pics de demande, apportant une réponse efficace à l'intermittence du solaire et de l'éolien.
Au-delà de son rôle énergétique, ce projet accompagne l'industrialisation du pays en garantissant une alimentation électrique stable et fiable. Avec une puissance installée de 350 MW, la STEP peut fournir de l'électricité quasi instantanément, jusqu'à 20 fois par jour, et moduler sa puissance entre 90 MW et 350 MW selon les besoins du réseau.
Électrification rurale : l'énergie comme levier d'inclusion territoriale
Parallèlement aux projets de renforcement et de diversification de la production énergétique, l'action du Groupe de la Banque a contribué à l'extension de l'accès à l'électricité dans les zones rurales.
Lancé en 1995, le Programme d'électrification rurale global (PERG) visait à raccorder les zones non desservies par le réseau national. Soutenu par la Banque africaine de développement pour environ 200 millions d'euros à travers le PIEHER et le PDRTE-ER, ce programme national a permis d'atteindre une couverture quasi universelle du territoire. Le taux d'électrification, inférieur à 18 % au lancement du programme en 1995, a ainsi été porté à près de 100 %. 4255 villages, représentant plus de 500 000 habitants, ont été raccordés au réseau grâce à cet appui.
Une trajectoire cohérente vers la transition énergétique
L'ensemble de ces interventions illustre une approche de développement intégré du Groupe de la Banque au Maroc, en cohérence avec la vision énergétique structurée du Royaume.
Celle-ci s'est déployée progressivement, d'abord à travers le renforcement des réseaux en vue d'une couverture universelle, puis par l'essor du solaire avant d'intégrer des solutions de stockage de dernière génération.
Dans cette dynamique, le partenariat stratégique entre le Maroc et le Groupe Banque africaine de développement a accompagné, dans la durée, une ambition de transformation énergétique à long terme, en combinant mobilisation de financements et expertise technique.