Le gouvernement fédéral de la Somalie, le Groupe de la Banque africaine de développement, le Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont récemment lancé une initiative de 11,8 millions de dollars visant à renforcer les systèmes agricoles et pastoraux en Somalie grâce à la résilience climatique, à une gestion durable des terres et de l'eau, à une productivité agricole accrue, à un meilleur accès au marché et à une préparation renforcée aux catastrophes.
Cette initiative triennale, intitulée « Activation de moyens de subsistance agricoles résilients au climat en Somalie » (ACALS, sigle en anglais pour Activating Climate-Resilient Agricultural Livelihoods in Somalia,), est financée par le Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque et mise en oeuvre par le PAM et l'UNOPS. Elle soutiendra 180 000 personnes, soit 30 000 familles dans les États de Hirshabelle et du Puntland, touchés par la sécheresse.
« Les secteurs de l'élevage et de l'agriculture en Somalie ont besoin d'interventions ciblées, comme ACALS, pour renforcer leur résilience face au changement climatique et améliorer leur capacité d'adaptation à l'évolution des conditions climatiques », a déclaré Hassan Hussein Mohamed, ministre de l'Élevage, des Forêts et des Pâturages au sein du gouvernement fédéral de Somalie.
ACALS soutiendra les agriculteurs, en particulier les femmes et les jeunes, grâce à des initiatives de gestion des terres et de l'eau, telles que la réhabilitation des systèmes d'irrigation, l'amélioration de la productivité et l'accès au marché par le biais de cultures résilientes au climat et d'un soutien aux entreprises. Il prévoit également un renforcement de la préparation aux catastrophes grâce à des systèmes d'alerte précoce, des formations à la réponse communautaire et une adaptation au changement climatique fondée sur les écosystèmes.
« Cette initiative est une réponse concrète aux défis auxquels le pays est confronté. Elle s'inscrit dans le cadre de l'engagement plus large de la Banque en Somalie », a déclaré Pascal Sanginga, responsable régional de l'agriculture et de l'agro-industrie pour l'Afrique de l'Est du Groupe de la Banque. « En mai 2026, le portefeuille actif de la Banque comprenait 24 opérations, l'agriculture représentant environ 12,2 %, ce qui marque un glissement de l'aide d'urgence à court terme vers des investissements à plus long terme dans la sécurité alimentaire et la résilience climatique », a-t-il ajouté.
Un Somalien sur trois, soit environ six millions de personnes, est confronté à une situation de famine et près de deux millions de personnes sont en situation d'urgence alimentaire. La sécheresse, l'insécurité, la baisse des financements humanitaires et les répercussions du conflit au Moyen-Orient aggravant la crise.
« Les Somaliens continuent de faire face à des chocs climatiques, à des conflits et à la fragilité de leurs moyens de subsistance, en particulier dans les communautés rurales et agropastorales », a déclaré Marco Selva, directeur adjoint du PAM en Somalie. « ACALS aidera les familles à renforcer leur résilience pour assurer une sécurité alimentaire à long terme, tout en soutenant des efforts de développement plus larges », a-t-il poursuivi.
Il s'agit du premier projet conjoint entre le PAM et l'UNOPS en Somalie, marquant un partenariat tourné vers l'avenir et un exemple fort de collaboration entre les agences des Nations unies.
« Pour UNOPS, cette initiative ne se limite pas à la fourniture d'infrastructures, mais vise également à jeter les bases de la résilience. Il s'agit donc de veiller à ce que les infrastructures réalisées dans le cadre du projet soient résilientes au climat, conçues pour résister aux chocs futurs et soutenues par de solides structures de gouvernance communautaire », a déclaré Ala'a Nemer, directeur pays de l'UNOPS en Somalie.
ACALS contribue directement au Plan national de transformation de la Somalie 2025-2029 en renforçant les capacités institutionnelles aux niveaux fédéral et étatique et en réunissant les institutions gouvernementales, les partenaires au développement, les institutions financières et les communautés.