Le Groupe de la Banque africaine de développement a accueilli le 7 juillet 2026 à son siège à Abidjan, une délégation de haut niveau de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), conduite par la sous-secrétaire générale Nena Stoiljkovic. Cette rencontre visait à donner un nouvel élan à leur partenariat vieux d'une dizaine d'années, pour passer de simple cadre à une cocréation et une mise en oeuvre structurées.
La mission a réuni les dirigeants de la FICR et de hauts responsables du Groupe de la Banque sur les questions de fragilité, du climat, de l'agriculture, de la gestion des ressources naturelles, de l'intégration régionale et du capital humain.
« Les chocs climatiques, les déplacements de populations, l'insécurité alimentaire et hydrique, les urgences de santé publique et la fragilité persistante continuent d'affecter des centaines de millions de personnes sur le continent », a déclaré le directeur du Bureau de coordination des États en transition de la Banque, Yero Baldeh.
« Ces défis nécessitent des solutions intégrées alliant financement du développement, action humanitaire, adaptation au changement climatique et résilience des communautés », a-t-il poursuivi lors de son allocution de bienvenue.
Les relations entre le Groupe de la Banque africaine de développement et la FICR ont débuté en 2013 avec la signature d'un protocole d'accord. Cette mission a offert aux deux institutions l'occasion de renforcer leur collaboration dans les domaines où elles peuvent tirer parti de leurs avantages comparatifs. Cela implique notamment de combiner les financements du Groupe de la Banque, son influence en matière de politiques et ses relations tant avec les gouvernements qu'avec le secteur privé à la présence reconnue de la FICR dans les 54 pays africains.
« Treize ans après le début de ce partenariat, la tâche qui nous attend est simple : passer d'un cadre général à une mise en oeuvre conjointe concrète et à grande échelle », a déclaré Marie-Laure Akin-Olugbade, vice-présidente principale du Groupe de la Banque. « Le Groupe de la Banque africaine de développement apporte le financement, la capacité de mobilisation et son influence en matière de politiques. La FICR apporte quant à elle une présence de confiance dans chaque communauté de ce continent. C'est en combinant ces atouts que nous parviendrons à faire en sorte que le développement ait un impact jusque dans les zones les plus reculées », a-t-elle souligné.
Les discussions ont permis d'identifier des opportunités de multiplier l'impact là où les investissements financiers et techniques du Groupe de la Banque rejoignent la présence de la FICR au sein des communautés. Il s'agit notamment d'associer les investissements du Groupe de la Banque dans la connaissance et la prévision des risques qui comprennent notamment le soutien apporté aux services météorologiques nationaux dans 17 pays, au leadership de la FICR en matière de préparation et d'intervention au niveau des communautés. Cela consiste également à combiner les investissements du Groupe de la Banque dans les infrastructures, le capital humain et les systèmes avec le personnel de terrain de la FICR présent au niveau communautaire, son rayonnement continental et son rôle d'entité de mise en oeuvre du Fonds de lutte contre les pandémies.
« Nos bénévoles sont présents au sein des communautés africaines avant, pendant et après chaque crise, et nous resterons engagés », a déclaré Mme Stoiljkovic. « Ces échanges nous ont montré précisément où cette présence peut être associée au financement et à la portée de la Banque dans des secteurs clés, notamment pour lutter contre les facteurs de fragilité, mettre en place des systèmes d'alerte précoce sur le climat, améliorer la santé communautaire et renforcer la sécurité alimentaire afin de faire passer ce partenariat d'un petit nombre de projets pilotes à une véritable mise à l'échelle », a-t-elle poursuivi.
Les deux institutions ont identifié des domaines essentiels où leurs activités se recoupent dans des contextes vulnérables et fragiles. Il s'agit notamment des zones sensibles, telles que la Corne de l'Afrique, le Sahel et d'autres régions, où l'approche systémique du Groupe de la Banque s'articule directement avec les opérations de terrain de la FICR. Des opérations conjointes continuent de se développer, portées par des instruments de financement flexibles et catalyseurs, tels que la Facilité d'appui à la transition (FAT) de la Banque.
La mission s'est conclue par l'adoption d'un plan d'action conjoint 2026-2028 remanié. Ce plan s'articule autour d'un ensemble ciblé de priorités multisectorielles réalisables.
« Ce partenariat renforcé s'aligne parfaitement sur la stratégie décennale de la Banque, ses Quatre Points cardinaux et la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), le plan d'action en cours d'élaboration constituant une feuille de route claire pour une mise en oeuvre accélérée », a souligné M. Baldeh.