La croissance de l'Afrique de l'Ouest devrait atteindre 4,6 % en 2026, portée par une résilience économique soutenue, selon les « Perspectives économiques régionales 2026 » du Groupe de la Banque africaine de développement

10 Août 2026
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African Development Bank (Abidjan)

L'Afrique de l'Ouest a fait preuve de résilience économique en 2025, enregistrant une croissance de 4,8 %, supérieure à la moyenne continentale de 4,4 %, malgré les tensions géopolitiques, l'insécurité dans certaines parties de la région, la fragmentation croissante de l'économie mondiale et la forte volatilité des marchés financiers internationaux. C'est l'un des principaux enseignements des « Perspectives économiques régionales 2026 de l'Afrique de l'Ouest », publiées le 28 juillet à Abidjan par le Groupe de la Banque africaine de développement, en même temps que le Rapport pays 2026 sur la Côte d'Ivoire.

Les perspectives de la région demeurent prometteuses, avec une croissance projetée à 4,6 % en 2026, portée par le renforcement de l'investissement privé, la reprise de la demande intérieure, la poursuite des investissements dans les infrastructures ainsi que l'expansion des secteurs pétrolier, gazier et minier. Toutefois, la persistance des tensions géopolitiques, l'inflation mondiale durable, les vulnérabilités croissantes liées à la dette publique et le resserrement des conditions financières pourraient peser sur ces perspectives positives.

Le rapport montre également que l'Afrique de l'Ouest peut combler son déficit annuel de financement du développement, estimé entre 90 et 100 milliards de dollars américains, grâce à une mobilisation accrue des ressources nationales, au renforcement de la gestion des finances publiques et à une meilleure orientation des capitaux locaux vers des investissements productifs.

Selon le rapport, les difficultés de financement de la région tiennent moins à une pénurie de capitaux qu'à la fragmentation et à la sous-utilisation des ressources financières existantes. Il appelle à des réformes visant à mobiliser les recettes intérieures, à renforcer l'intermédiation financière et à mettre à profit les ressources locales de long terme nécessaires à une transformation structurelle favorisant une croissance inclusive.

« Le défi de l'Afrique de l'Ouest n'est pas simplement le volume de ressources disponibles pour financer le développement. Le véritable enjeu réside dans la manière dont ces ressources sont mobilisées et orientées vers des investissements transformateurs qui créent des emplois, renforcent la résilience et améliorent les conditions de vie », a déclaré Joseph Ribeiro, directeur général adjoint pour l'Afrique de l'Ouest du Groupe de la Banque et responsable de son bureau pays en Côte d'Ivoire. « Ces rapports montrent que la région a l'occasion de transformer des capitaux aujourd'hui dispersés en investissements de long terme capables d'accélérer la transformation structurelle », a-t-il ajouté

« Les rapports montrent que le déficit de financement de l'Afrique de l'Ouest n'est pas uniquement dû à un manque de ressources. D'importantes possibilités existent pour élargir l'assiette fiscale, formaliser le secteur informel, améliorer l'efficacité des investissements publics et orienter les ressources à long terme des investisseurs institutionnels vers des investissements productifs. Ces réformes peuvent aider les pays à mobiliser les financements à l'échelle nécessaire pour soutenir la croissance et améliorer les résultats du développement », a indiqué Marcellin Ndong Ntah, économiste principal pour l'Afrique de l'Ouest du Groupe de la Banque.

Le rapport « Perspectives économiques régionales 2026 » révèle que le ratio moyen impôts/PIB de l'Afrique de l'Ouest s'est établi à 9,9 % au cours des cinq dernières années, bien en deçà du critère de convergence de l'UEMOA fixé à 20 %. Selon le rapport, cette situation limite la capacité des gouvernements à financer leurs priorités de développement et à renforcer leur résilience budgétaire.

Le rapport souligne que le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures est indispensable pour élargir l'espace budgétaire et réduire les contraintes de financement.

Pour relever ces défis, le rapport identifie quatre priorités : élargir l'assiette fiscale, améliorer la gestion des revenus des ressources naturelles, formaliser les activités économiques informelles et orienter l'épargne issue des régimes de retraite et des assurances vers des investissements productifs à long terme.

La Côte d'Ivoire confirme son rôle de locomotive régionale

La Côte d'Ivoire demeure la plus grande économie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA, 8 pays) et devrait enregistrer une croissance de 6,5 % en 2025. Le Rapport pays 2026 sur la Côte d'Ivoire souligne également que la dynamique économique du pays reste solide.

Le maintien de cette dynamique dépendra de la poursuite des réformes et d'une mobilisation accrue des ressources publiques et privées. Les tensions commerciales, l'incertitude géopolitique, les pressions inflationnistes et le durcissement des conditions de financement internationales pourraient peser sur les perspectives de croissance et d'investissement.

Le rapport souligne que l'ambition de la Côte d'Ivoire d'accéder au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d'ici à 2030 dépendra de sa capacité à accélérer son industrialisation, le développement de son secteur privé et de l'élargissement de son espace budgétaire.

Pour soutenir cette ambition, le Rapport pays 2026 sur la Côte d'Ivoire met en avant plusieurs priorités : une plus grande formalisation de l'économie, une amélioration de la fiscalité foncière et minière, une meilleure taxation du commerce électronique, la poursuite des réformes du secteur financier et une mobilisation accrue des investissements nationaux et étrangers.

« Notre ambition ne se limite pas à générer de la croissance. Elle consiste à transformer cette croissance en emplois, en un capital humain plus solide, en une productivité accrue et en une prospérité partagée. Les conclusions de ces rapports soulignent l'importance de mobiliser des ressources publiques et privées à grande échelle afin de soutenir la mise en oeuvre réussie du Plan national de développement (PND) 2026-2030 de la Côte d'Ivoire et d'accélérer la transformation structurelle », a déclaré Loesse J. Esso, directeur de cabinet du ministre ivoirien du Plan et du Développement, au nom du ministre Souleymane Diarrassouba.

Les deux rapports mettent également en évidence la nécessité d'une intégration financière régionale plus poussée, notamment par l'approfondissement des marchés de capitaux grâce à des institutions telles que la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Des marchés financiers davantage intégrés, des systèmes de paiement plus solides et une mobilisation accrue de l'épargne intérieure peuvent contribuer à débloquer des investissements de long terme dans toute la région.

Ensemble, les deux rapports montrent que l'Afrique de l'Ouest peut renforcer sa souveraineté financière en mobilisant ses propres ressources intérieures et en orientant son épargne vers des investissements de long terme afin d'accélérer la transformation structurelle et de promouvoir une croissance inclusive et durable.

Les deux rapports peuvent être consultés ici et .

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