Avec une contribution de 500 000 dollars au 17e Fonds africain de développement (FAD-17), Madagascar réaffirme sa confiance dans un partenariat dont les résultats se sont affirmés au cours des cinquante dernières années

11 Août 2026
Contenu d'un Partenaire Premium
African Development Bank (Abidjan)

La contribution de 500 000 dollars de Madagascar à la dix-septième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement revêt une importance qui dépasse largement son montant. Le Fonds, guichet de financement concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement, fournit des financements concessionnels à long terme et des dons aux pays africains à faible revenu et structurellement vulnérables.

Cette contribution s'inscrit dans un partenariat forgé par cinq décennies de réalisations concrètes.

Le pays continue de bénéficier de financements concessionnels tout en réinvestissant dans une institution qui l'appuie à réduire les coûts de financement, à mobiliser des capitaux et à atteindre les objectifs de développement.

Depuis le lancement des opérations du Groupe de la Banque à Madagascar en 1977, les financements du Fonds africain de développement ont permis d'améliorer la connectivité, d'accroître la productivité agricole, de renforcer la résilience et de faire avancer les réformes économiques.

Madagascar fait partie des 24 pays africains qui se sont engagés à verser environ 182 millions de dollars au FAD-17 parmi lesquels, vingt contribuent au Fonds pour la première fois.

L'enveloppe globale du FAD-17 s'élève à 11 milliards de dollars pour la période 2026-2028. Elle servira à financer les infrastructures, la gouvernance et les capacités institutionnelles, tout en favorisant la résilience climatique, l'intégration régionale et la création d'emplois sous l'impulsion du secteur privé.

« Pour Madagascar, contribuer à la reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17) est un choix stratégique que nous embrassons pleinement pour affirmer notre souveraineté », a déclaré Herinjatovo Aimé Ramiarison, ministre de l'Économie et des Finances de Madagascar et gouverneur du Groupe de la Banque. « Malgré l'ampleur de nos propres défis financiers, nous sommes convaincus que les pays africains doivent s'engager activement auprès des institutions qui comprennent et soutiennent leurs priorités de développement. Cet engagement financier témoigne de notre profonde confiance dans le travail du Fonds et dans sa capacité à soutenir l'avenir de notre pays. »

Depuis son adhésion au Groupe de la Banque en 1976, Madagascar a collaboré avec l'institution pour s'attaquer à certaines des contraintes de développement les plus pressantes du pays.

Dans le cadre du FAD-16, Madagascar a reçu environ 161 millions de dollars au titre de l'allocation basée sur la performance du Fonds et 80 millions de dollars au titre de la Facilité d'appui à la transition, ce qui a contribué à faire progresser les priorités nationales et à attirer des cofinancements.

Les résultats sont particulièrement probants dans les secteurs des transports et de l'agriculture.

Dans le cadre du Projet d'aménagement de corridors et de facilitation du commerce, plus de 210 kilomètres de routes ont été asphaltés et quatre ponts ont été construits. Sur la route nationale 9, le trafic journalier moyen de poids lourds est passé de 27 à 108 véhicules, tandis que le temps de trajet est passé de deux jours à environ cinq heures.

Le projet a également financé la construction de routes de desserte, de marchés, de centres de santé, des infrastructures hydrauliques et la modernisation des douanes, améliorant ainsi l'accès aux marchés, aux services publics et au commerce régional.

« Le développement du réseau routier va bien au-delà de la simple question de la mobilité. En reliant les agriculteurs et les entreprises aux marchés, les infrastructures routières brisent l'isolement des régions reculées, facilitent l'accès aux soins de santé, à l'éducation et aux services publics, tout en renforçant les liens entre les communautés », a poursuivi M. Ramiarison. « À Madagascar, le programme des corridors de transport démontre que de tels investissements stimulent la croissance économique tout en améliorant concrètement les conditions de vie de la population malgache », a-t-il ajouté.

L'agriculture illustre également les retombées de ce partenariat.

Le financement du Fonds africain de développement a permis d'aménager 23 778 hectares de terres irriguées climato-intelligentes. Dans la région du Bas-Mangoky, les rendements rizicoles ont plus que doublé, profitant à au moins 85 000 personnes.

Ces progrès ont renforcé la production alimentaire et la gestion de l'eau, tout en améliorant la capacité des communautés agricoles à s'adapter aux conditions climatiques changeantes.

Le Groupe de la Banque a également renforcé la préparation de Madagascar aux catastrophes liées au climat. Grâce au Programme de financement des risques de catastrophes en Afrique, environ 360 000 personnes en ont bénéficié directement et 730 000 indirectement. Le pays a également reçu 9,5 millions de dollars Guichet d'action climatique du Fonds africain de développement consacrés à la protection de la biodiversité et à la résilience climatique. Cela revêt une importance particulière dans un pays où plus de 80 % des espèces végétales et animales sont uniques au monde.

Lorsqu'une grave sécheresse a touché certaines régions de Madagascar en 2021, le Groupe de la banque a financé une opération d'aide alimentaire d'urgence mise en oeuvre par le Programme alimentaire mondial, qui a permis de distribuer plus de 800 tonnes de nourriture à environ 72 000 personnes.

Ensemble, ces interventions illustrent comment le financement concessionnel répond aux urgences tout en renforçant durablement les capacités de productives du pays.

Le potentiel exceptionnel de Madagascar en matière d'énergies renouvelables ouvre de nouvelles perspectives de coopération avec le Groupe de la Banque. La capacité hydroélectrique est estimée à 7 800 mégawatts, dont 2 % environ seulement ont été exploités, tandis que le potentiel solaire et éolien dépasse les 2 000 mégawatts.

Dans le cadre de la Mission 300, Madagascar vise à porter l'accès à l'électricité à 80 % d'ici 2030, à étendre l'accès à des solutions de cuisson propre et améliorée à 50 % de la population, à accroître la capacité de production d'énergie renouvelable de 893 mégawatts et à porter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique à au moins 85 %.

Une électricité plus fiable et plus abordable renforcerait les entreprises malgaches, la transformation agricole, l'industrie manufacturière, les services de santé et d'éducation, tout en réduisant les coûts liés aux importations de carburant.

Le FAD-17 s'inscrit dans cette perspective. L'accent mis sur les infrastructures, le renforcement des capacités institutionnelles et le développement du secteur privé devrait contribuer à transformer les ambitions de Madagascar dans le cadre de la Mission 300 en projets bancables.

En passant du statut de bénéficiaire à celui de contributeur, Madagascar participe non seulement au renforcement du Fonds africain de développement, mais affirme également sa volonté de contribuer au financement des priorités de développement du continent. Ce geste s'inscrit pleinement dans la Stratégie décennale 2024-2033 du Groupe de la Banque africaine de développement, qui met l'accent sur la mobilisation de capitaux au service de la transformation structurelle de l'Afrique.

Cet article fait partie de la série « L'appropriation africaine en action », qui met en lumière le rôle des pays africains dans la contribution au FAD-17. Suivez la série en utilisant le hashtag #ADFDelivers.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.