Le Groupe de la Banque africaine de développement et le Canada consolident leur partenariat au sein d'un cadre d'investissement unique qui réunit le financement du développement et les instruments commerciaux.
Depuis son adhésion au Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque, en 1973, puis à la Banque africaine de développement en 1982, le Canada a collaboré avec cette institution dans les domaines de la participation des actionnaires, du financement par des fonds fiduciaires, des mécanismes de lutte contre le changement climatique, des initiatives axées sur l'égalité des sexes et de l'assistance technique liée au commerce. Ces domaines d'intervention ont contribué à faire progresser les priorités fixées par les pays membres de la région, tout en renforçant le rôle du Canada en tant que partenaire de longue date.
La prochaine phase visera à aligner plus étroitement le financement du développement, le crédit à l'exportation, le financement climatique et l'engagement du secteur privé du Canada sur les solutions émergentes de la plateforme du Groupe de la Banque, qui identifient, préparent et financent des projets en Afrique. Cette initiative devrait favoriser la mise en place d'un modèle coordonné de mobilisation de capitaux, de préparation de projets et de participation du secteur privé à la transformation de l'Afrique.
Ce changement intervient alors que le Canada redéfinit son engagement auprès des pays et des institutions africains dans le cadre de sa nouvelle stratégie pour l'Afrique publiée en 2025. Cette stratégie préconise un renforcement des liens économiques, une diversification des échanges commerciaux, un soutien à la Zone de libre-échange continentale africaine, de nouveaux mécanismes de diplomatie économique et un recours accru au financement du développement. Elle met également en avant le rôle de FinDev Canada, son institution bilatérale de financement du développement, et donne la priorité à la mobilisation de financements par le biais d'instruments innovants et mixtes.
La nouvelle approche s'aligne sur la « Nouvelle architecture financière africaine pour le développement » du Groupe de la Banque, qui met l'accent sur la mobilisation des capitaux privés, les instruments de financement innovants et le renforcement des liens avec d'autres institutions de financement du développement. Une coordination plus étroite avec le Canada contribue également à faire avancer la stratégie des « Quatre points cardinaux » du Groupe de la Banque.
Lors d'une visite au Canada en avril 2026 du président du Groupe de la Banque, Sidi Ould Tah, le gouvernement canadien a réaffirmé son engagement envers le Fonds africain de développement en annonçant une contribution de 250,3 millions de dollars canadiens à la dix-septième reconstitution des ressources du Fonds, qui devrait renforcer la capacité de ce guichet à fournir des ressources concessionnelles, une assistance technique et un renforcement des capacités aux pays à faibles revenus.
Le Canada a également versé 100 millions de dollars canadiens au Mécanisme de financement catalytique pour les agro-PME et a réalisé un investissement en fonds propres de 10 millions de dollars canadiens dans le Fonds africain de garantie afin de soutenir l'initiative « Affirmative Finance Action for Women in Africa » du Groupe de la Banque.
Le Fonds Canada-Banque africaine de développement pour le climat (CACF) illustre comment les ressources concessionnelles peuvent être associées à la préparation de projets et à une conception tenant compte des questions de genre. Créé en 2021 grâce à une contribution de 132,9 millions de dollars canadiens versée par le Canada, le CACF accorde des prêts concessionnels à long terme pour des projets visant l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, et intègre un mécanisme d'assistance technique qui soutient la préparation des projets, le respect des obligations en matière de rapports, l'intégration du genre et la prise en compte des droits de l'homme. Le Canada et le Groupe de la Banque ont renforcé cette approche grâce au CACF 2.0, soutenu par une contribution supplémentaire de 140 millions de dollars canadiens de la part du Canada ; ce fonds financera des projets d'atténuation et d'adaptation au changement climatique qui intègrent l'égalité des sexes tout au long du cycle de projet.
Le programme émergent met aussi davantage l'accent sur les institutions canadiennes de financement du développement et des exportations. Le Groupe de la Banque et FinDev Canada ont signé un protocole d'accord en 2018 afin d'explorer les possibilités de collaboration en matière d'action climatique, de création d'emplois et d'autonomisation économique des femmes, des domaines qui restent au coeur de la nouvelle stratégie du Canada pour l'Afrique et des priorités du Groupe de la Banque.
Exportation et développement Canada offre également des pistes de coopération plus étroite, notamment par le biais de financements parallèles et syndiqués pour des projets soutenus par la Banque, de cofinancements d'infrastructures régionales et d'une collaboration avec les instruments de garantie du Groupe de la Banque. Entre 2021 et 2025, des entreprises canadiennes ont décroché 104 contrats financés par la Banque, pour une valeur cumulée de 44,25 millions de dollars américains.
Ce modèle plus intégré peut contribuer à élargir l'accès aux capitaux privés à long terme pour des infrastructures résilientes, les énergies propres, l'agroalimentaire et les entreprises locales dans les pays membres de la région. Il offre également au Canada une plateforme multilatérale de confiance pour faire progresser sa stratégie pour l'Afrique, diversifier ses partenariats économiques et contribuer à des résultats de développement mesurables. Pour le Groupe de la Banque, cela renforce la valeur des plateformes partenaires qui combinent financement public, capitaux privés, expertise technique et priorités communes.