Comment les pays peuvent-ils transformer les objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres (LDN) en investissements concrets et en avantages durables pour les communautés ? Cette question a occupé les participants à un événement qui s'est déroulé en marge de la dix-septième Conférence des parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD COP17).
Organisée par l'Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), cette session a réuni des gouvernements, des partenaires de développement et des institutions financières afin d'illustrer comment le Programme de définition d'objectifs LDN 2.0 (LDN TSP 2.0) aide les pays à aller au-delà de la simple définition d'objectifs pour s'orienter vers une planification intégrée de l'utilisation des terres, des programmes prêts à bénéficier d'investissements et une appropriation nationale renforcée. OSS est un partenaire régional d'exécution de la Banque africaine de développement et des Nations unies, notamment de la FAO. Il est spécialisé dans la surveillance environnementale, la collecte de données satellitaires et la cartographie des changements des écosystèmes pour les régions du Sahel et du Sahara
Les intervenants ont souligné que la restauration des terres n'est pas seulement une priorité environnementale, mais aussi une voie vers l'amélioration des moyens de subsistance, le renforcement de la sécurité alimentaire et le développement de la résilience face au changement climatique. Les représentants tunisiens ont mis en avant la nécessité d'une meilleure coordination institutionnelle et de systèmes de données plus solides, tandis que les participants égyptiens ont insisté sur le fait que les efforts de restauration doivent générer des bénéfices locaux tangibles et passer de projets isolés à une action à l'échelle du paysage.
La discussion a également mis en évidence l'importance du leadership politique. Pedro Lara Almuedo, responsable de l'utilisation des terres et du changement climatique et chef d'équipe du programme de définition des objectifs (LDN) au sein du Mécanisme mondial de la CNULCD, a fait remarquer que sans une volonté politique forte, les efforts techniques ne peuvent à eux seuls apporter un changement durable.
Arona Soumaré, chef du changement climatique, représentait la Banque africaine de développement. Il a insisté sur la nécessité d'une approche intégrée, axée sur l'investissement, pour lutter contre la dégradation des terres. « L'échelle est essentielle. Nous devons développer les projets locaux grâce à des approches paysagères intégrées qui brisent les cloisonnements », a déclaré M. Soumaré. « Les connaissances, les données et le renforcement des capacités sont essentiels, mais ils doivent être liés à des programmes d'investissement et soutenus par une forte cohérence des politiques. Nous ne pouvons pas continuer à fonctionner comme si de rien n'était. » Il a réaffirmé le ferme engagement du Groupe de la Banque à aider les pays à traduire leurs ambitions en matière de gestion durable des terres en résultats concrets grâce à des programmes transformateurs à travers le Sahel, l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe. Il a souligné la nécessité pour les banques multilatérales de développement d'aller au-delà de leur rôle traditionnel de financement pour agir en tant que catalyseurs de la mobilisation de capitaux, de la réduction des risques des investissements et de la promotion d'une transformation à la fois écologique et économique.
Abdoulkarim Bello, de l'Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), a réaffirmé l'importance de coupler l'information à l'action. « L'objectif n'est pas d'obtenir davantage de données ; il s'agit d'établir une chaîne continue entre les données et les résultats concrets. »
M. Bello a souligné que les objectifs du LDN ne deviennent véritablement exploitables que lorsqu'ils sont spatialement explicites, mesurables et liés à des investissements, ce qui permet aux pays de traduire les données scientifiques en une planification territoriale intégrée et en programmes bancables.
Tout au long de la session, les intervenants ont souligné la nécessité de renforcer les liens entre la science, la politique et le financement. La planification intégrée de l'aménagement du territoire (ILUP), les outils géospatiaux et les systèmes nationaux de suivi ont été présentés comme des instruments essentiels pour préparer des projets prêts à être financés et mobiliser des financements provenant des fonds internationaux pour le climat et l'environnement ainsi que des banques multilatérales de développement.
L'événement s'est conclu par un appel à une collaboration renforcée entre les gouvernements, les partenaires de développement, les institutions financières, la société civile et le secteur privé afin d'accélérer la mise en oeuvre des objectifs du LDN au-delà de la COP17. Les participants ont convenu que la restauration des terres revient en fin de compte à restaurer les moyens de subsistance, la résilience et les opportunités économiques des communautés qui dépendent de paysages sains et productifs.
La 17e session de la Conférence des parties (COP17) à la CNULCD s'est tenue à Oulan-Bator, en Mongolie, du 17 au 28 août 2026, sous le thème « Restaurer les terres. Restaurer l'espoir. »